(12/22/14) Chronique du Lundi : «…cataloguer les gens par rapport à la marque de leur engin »

Dorothée Méfo est de retour, cette fois depuis le Burkina Faso où elle est en séjour. Sa chronique de ce lundi porte sur la moto, une maladie bien propre au Burkina.

BURKINA FASO : La moto, c’est mon dada !

Comme au Nigeria, le Burkina Faso compte énormément de cyclomoteurs, de mobylettes et autres motocyclettes qui enfument la capitale Ouagadougou de ses moteurs pétaradants.

On assiste déjà de bon matin à Ouaga à des ronflements sonores de véhicules à moteur, qui mordent la poussière de sable et font de Ouagadougou, une des villes les plus poussiéreuses du pays par le nombre étonnant de motocyclettes.

Il faut reconnaître que la pollution n’est pas étrangère à cet état de fait et peut atteindre un pic important au point que les cache-nez se vendent comme des petits pains.

Les vélos également omniprésents sur les routes, s’entrechoquent aux milliers de motos qu’on croise à chaque coin de rue, à chaque parking, à chaque « goudron » comme on dit là-bas.

On s’aventure plus dans les rues de Ouaga pour traverser que de s’engager prudemment sur les  passages cloutés, car dans la capitale, c’est avec une facilité déconcertante qu’on slalome avec les voitures, les motos et les piétons, qui ont l’habitude de traverser sans risque de l’autre côté du trottoir.

Un habitant sur deux a sa moto au Faso, tout du moins à Ouaga, c’est le moyen de transport le plus adapté et le plus courant pour se déplacer.

Les hommes et les femmes de tous âges au quotidien, font place sur les larges selles de cuir, qui incontournablement assoient toute une population active.

Si les motos et autres deux roues font le bonheur des pompistes burkinabés, elles font en tous cas le plein des concessionnaires, qui commercialisent à bon marché des centaines de motos d’occasion, voire des milliers.

Les marques de motos SIRUS, NANO, réservées à « Monsieur tout le monde » et la marque 135 à l’attention des plus riches, sont exposées chez des concessionnaires bien connus au Faso, tels que CEFAO où les motos sont des modèles originaux et neufs.

THEATRE POPULAIRE, autre concessionnaire de motos, lui, met également sur le marché des motos d’occasion comme des motos neuves, que l’on peut en outre acheter sur commande.

Ces professionnels de « dadas » à moteur, engins préférés des ouagalais, contentent toutes les bourses, les premiers étant destinés et plus accessibles au budget du burkinabé moyen et le second, « 135 », aux personnes au train de vie aisé.

Il faut savoir qu’il existe au Burkina Faso, une psychologie particulière autour du phénomène de la moto.

Les burkinabés se font valoir socialement parlant auprès des autres, en fonction de la moto qu’ils possèdent. On en arrive à cataloguer les gens par rapport à la marque de leur engin.

Le burkinabé qui se paye le luxe d’une moto d’un million de francs CFA, le fait par fierté pour se valoriser auprès de son entourage et non pas par pure nécessité.

Même les spots publicitaires exhibent principalement des filles sur les motos pour inciter les gens à acheter.

Le fait de déambuler dans les rues de Ouaga avec une moto de marque, a pour seul et unique but d’impressionner et on pourrait se demander au final, ce qui motive réellement les ouagalais « m’as-tu vu » dont le paraître paraît justement plus important à leurs yeux.

Il s’avère qu’une telle mentalité à tirer de ridicules conclusions sur le fait que si vous êtes à vélo, c’est que vos moyens financiers laissent à désirer et que si vous véhiculez à moto, votre compte bancaire est supposé bien garni, tout cela m’amène à penser que le dada qui fait courir le Burkina Faso, n’est pas, comme on aurait pu le supposer, les fameux chevaux de course de son réputé hippodrome mais bien une autre sorte de pur-sang à moteur, à qui peut bien se l’acheter…

Dorothée Méfo

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