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Si rien n’est fait, on ne parlera plus du Centre Climatique de Dschang dans un an

Qui est donc ce gouvernement qui ferme les yeux devant la décrépitude du patrimoine immobilier de l’Etat ? Le Centre Climatique de Dschang, véritable vestige de la colonisation, est en ruine.

C’est une vieille dame, aux murs lézardés et aux toits intenables  qui  vous recevra désormais à Dschang. Le Centre Climatique dont la réputation a franchi les océans relève du passé lointain.  Ses maux sont interminables, et personne ne veut lui prêter la moindre attention.

Ce village touristique construit à la fin des années 30 et inauguré en 1946 est agonissant, sans que cela émeuves les ministères du tourisme et des loisirs qui en assure la tutelle,  celui de la Arts et de la culture qui se glorifie d’assurer l’inventaire du patrimoine, et le ministère des Domaines, du cadastre et des Affaires foncières à qui incombe la conservation, la  préservation du patrimoine architectural et immobilier de l’Etat.

« Depuis que le gouvernement a décidé de privatiser le Centre Climatique, aucun budget n’a plus été dégagé pour son entretien », a rapporté un fonctionnaire du Mintourl à notre reporter. « Dès que vous posez le problème, on vous répond qu’on attend la commission qui doit examiner les dossiers de soumissionnaires. »

A une certaine époque, il était question pour l’Etat de placer le centre climatique, comme ses nombreux autres hôtels, aux mains des gestionnaires privés, dans le cadre de la privatisation de la gestion.  Le processus avait été mis en marche, avant d’être un jour stoppé et annulé pour une raison que personne ne veut dénoncer.

Depuis la situation ne fait que s’empirer.  Le drame du Centre climatique c’est que des bungalows sont pratiquement en ruine.  Il n’est pas le seul. Il n’a pas eu la chance d’Ayaba Hotel.  Ce dernier a été réhabilité dans le cadre des préparatifs de  la célébration du Cinquantenaire de l’Armée camerounaise programmée à Bamenda.

Le Centre Climatique de Dschang est prêt pour la mort. Mais il attend cette mort qui la ronge au quotidien, sous le regard impuissant de sa directrice et d’un personnel qui se recrute parmi les étudiants tacherons.  Si au moins il recevait chaque année le moindre attention, certainement que la situation se serait progressivement améliorée.

Au Cameroun, ce que l’on demande à l’Etat, c’est prendre en compte dans les faits la notion de patrimoine. Il ne s’agit pas seulement de discourir, mais surtout de veiller à sa pérennisation.  Il y a une grosse honte à constater qu’un bijou comme le centre climatique de Dschang est obligé de louer sa salle de conférence pour à une église, ses bungalows à des habitants en quête de logement.

Dans cet esprit, le  Ministère du tourisme et des loisirs pourrait  n’a aucune raison de prévaloir des compétences quelconques.   Lui qui abandonne les vitrines du Cameroun pour s’occuper des choses moins utiles. Lorsque le Cameroun participe à des salons et foires internationaux, cela participe à la stratégie pour attirer les visiteurs internationaux au Cameroun.  Centre Climatique de Dschang.

Augustin Roger Momokana