Les Hommes viennent et s’en vont, laissant aux Hommes  de prendre soin de leurs empreintes laissées. Maître Momo Etienne (il a été clerc Assermenté de Maitre Sataipoum Happy Jean Baptiste dit Guillaume) a marqué le temps en 76 saisons. Nous imaginons l’immensité de son héritage. Il avait un jour été invité à trancher u débat sur Facebook, s’agissant du nom en yemba de l’armoire. Sa réponse fut spectaculaire, tant il avait développé le sujet au point de donner tout un cours savant sur l’armoire, le grenier, la cantine, le placard, etc.

Dans l’extrait d’une interview accordée à son fils Momokana, peu avant sa mort, et parlant de l’esclavage, il a déclaré : « Notre langue désigne l’esclave par « Mpouh » ou « n’kwa », c’est-à-dire une personne sans droit et soumise à toutes les volontés de celui qui l’a achetée. « Mpouh » ou « Nkwa » renvoie à esclave ; celui qu’on a acheté. Généralement, l’esclave ignorait son village. C’est de par sa langue qu’on identifiait le royaume de provenance d’une esclave. »

Décédé le 16 juillet, Tégni Maitre (il était grand-père de jumeaux), Soufotsop (son ami a été arrêté pour monter au trône de Balatchi dans les Bamboutos. Il est venu à la chefferie et a été honoré du titre de Ami de Sa Majesté), Bellois (il a passé une bonne partie de sa jeunesse au quartier New Bell à Douala, lorsqu’il  était élève à l’Institut de Sténotypie et de sténographie du Cameroun) a eu droit à des obsèques mémorables.

La cérémonie a eu lieu samedi 19 août 2017 en son domicile de Tchueza, à Baleveng, commune de Nkong-Zem, dans le département de la Menoua.  Ils sont nombreux, personnalité et anonymes, à être venus dire au revoir à ce « grand esprit » terrassé par le diabète et l’hypertension.

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Augustin Roger MOMOKANA