Dschang, 03 juillet (Sinotables.com) – Monsieur Nguefack Christophe  est le président du comité d’organisation du 30e anniversaire de l’ADIL (Association pour le développement intégré du village Leffe-Foto). Notre reporter s’est entretenu avec lui, en marge de la cérémonie de clôture des festivités samedi 29 juin, du Congrès du village.

Quels ont été les écueils à l’organisation du 30e anniversaire de l’ADIL  dont les festivités rentrent en gare ?

Les préparatifs ont été difficiles pour nous. Mais avec l’aide de Dieu et la volonté sans faille des membres du comité d’organisation nous avons pu venir à bout de notre travail. En fait lorsque nous avons mis sur le pied le comité d’organisation, peu de temps après, le festival Ndwet To’oh a été lancé et étant nous-mêmes partie prenante de ce grand événement du peuple Foto nous ne pouvions pas continuer notre travail sans en gêner la préparation.  Ce qui fait que nous avons dû suspendre nos travaux pour ne les reprendre qu’après le festival Foto.

Parlons des activités qui ont meublé cette 30e édition qui avait un caractère exceptionnel.

Ce 30e anniversaire a été ponctué de nombreuses activités, mais nous n’avions pas oublié que le but principal visé  était le renforcement des moyens pour poursuivre le travail de construction de Leffé. C’est ainsi que dans les activités de rassemblement pour atteindre ce but il y a eu beaucoup d’activités sportives, les danses patrimoniales qui ont été déployées sous vos yeux, il y a eu une consultation médicale suivie d’une table ronde autour, surtout, de la santé naturelle. Table ronde au cours de laquelle des échanges très fructueux se sont faits entre les intervenants et les participants.

Au cours de la table ronde  les deux intervenants avez conseillé aux participants de vivre dans un environnement sain et de consommer plus les végétaux.

Parce que l’étude anatomie comparée des mammifères nous montre que notre tube digestif est semblable à celui du singe. Et comme nous le savons le singe n’est pas carnivore. Le singe est frugivore. Pour cela nous gagnerions, pour améliorer notre santé, à mettre un point d’honneur sur la consommation des aliments d’origine végétale. Les protéines, notre organisme n’en a pas besoin en très grande quantité. Si une personne consomme deux œufs bouillis par jour, ses apports journaliers en protéines sont couverts.

L’excès de protéine nous expose à beaucoup de maladies parmi lesquelles le cancer.

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Quel sentiment vous anime alors que la fête dont vous êtes le président du comité d’organisation s’achève ?

Un sentiment de grand soulagement. Parce qu’à un moment donné de notre travail de préparation nos sons de cloche étaient discordants. Il nous a fallu user de beaucoup d’énergie pour raccorder ces différents sons de cloches. Nous y sommes parvenus. On pouvait craindre que la fête n’ait pas l’engouement que nous venons de lui reconnaître, mais Dieu aidant, la volonté de l’écrasante majorité des Leffé aidant, nous voici entrain de courir vers la fin du 30e  anniversaire de l’ADIL sans aucun heurt.

Quel est selon vous la principale caractéristique de l’Homme Leffé ?

La principale caractéristique de l’homme Leffé… je ne sais pas que dire. De toutes les façons dans Leffé on a toutes sortes de personnes. Il y en a qui œuvrent beaucoup sans se faire remarquer, il y en a qui œuvrent en voulant se faire remarquer, il y en a qui n’œuvrent pas mais qui avec des critiques stériles et sans propositions tendent à décourager ceux qui travaillent. Mais le bon Dieu nous aide toujours à finir par concilier toutes ces positions pour aller de l’avant.

Après le 30e anniversaire, qu’attendez-vous ?

Après le 30e anniversaire nous allons continuer notre vivre ensemble, notre auto-développement en finissant d’abord les travaux d’aménagement de notre maison de la culture. Elle est en phase de finition et il faut qu’on crée e musée prévu, qu’on l’équipe. Ensuite il y a notre chefferie qui date de très longtemps et qui aujourd’hui semble dépassée. Nous avons la grande ambition de reconstruire cette chefferie-là.  Ce sont là les deux grands projets. Toutefois ils ne doivent occulter l’entretien des routes que nous avons créées. Ils ne doivent pas nous détourner de ce que les populations doivent consommer de l’eau potable. Ils ne doivent pas nous empêcher de penser qu’il doit avoir de l’électricité partout dans le village.

Vous avez déjà assez fait, mais à vous écouter le gros morceau est à venir. Quel message adressez-vous aux pouvoirs publics, ainsi qu’aux populations de Leffé ?

Je commencerai par les populations. Qu’elles ne se lassent pas  dans le travail que nous effectuons depuis 30 ans déjà. Certaines des personnes qui ont commencé ce travail avec nous sont déjà parties. Nous qui dirigeons le comité de développement aujourd’hui sommes entrain de vieillir ; les cadets doivent prendre la relève. C’est pour cela que tout le temps nous leur tendons la main pour qu’ensemble nous construisions notre village, pour qu’ils introduisent la nouvelle donne, les connaissances nouvelles. Parce que la vie est évolutive et si on ne s’adapte pas on va être dépassé. Qu’ils introduisent les connaissances nouvelles afin que le développement de Leffé soit fait de telle sorte que les Baleffé d’aujourd’hui et des générations  futures en profitent pleinement.

Et aux pouvoirs publics ?

Aux autorités administratives  je demanderai qu’elles aient une oreille tendue vers les Baleffé qui ont déjà mis leur fardeau sur leurs genoux et n’attendent plus que leurs concours pour placer ce fardeau sur leur tête. Nous avons fait beaucoup de choses, mais il beaucoup reste à faire.  Comme le président actif de l’ADIL l’a dit dans son discours, nous aimerions avoir un établissement scolaire à vocation agricole dans ce village. Etant donné que le village est essentiellement agricole. Etant donné que le Cameroun compte principalement sur l’Agriculture pour se développer.

Vous sollicitez un  établissement scolaire à vocation agricole à Leffé-Foto. Disposez-vous des terres suffisantes pour accueillir un tel projet ?

Les terres ne manquent pas à Leffé. Et même s’il faut que ces terres soient achetées  par l’ADIL, nous les achèterons. Dans Leffé nous avons toujours eu des bonnes volontés pour mettre à la disposition de l’association leurs terres afin de permettre l’expérimentation de telle ou telle culture allant dans le sens du développement global du village. La délégation de l’Agriculture nous aiderait à encadrer techniquement nos populations pour un meilleur rendement.

Je vous remercie, Monsieur le président.

C’est moi qui vous remercie pour l’accompagnement que Sinotables ne cesse de nous apporter dans  la marche de notre village.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA