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Communautés : Tchuéza-Baleveng va faire de la culture de l’avocatier son cheval de développement.

 

Réunit en congrès annuel du 09 au 11 août dernier, le quartier Tchuéza, dans le groupement Baleveng, arrondissement de Nkong-Ni, a sérieusement pensé son avenir sans le café.

C’est une première depuis plus de 30 ans. La chute du prix du café arabica a mis fin aux rêves des Moka. La tontine du café n’est qu’un lointain souvenir, pour les populations de ce petit coin de la terre.

Bâtir un avenir meilleur pour ces enfants très attentifs à ce qui se dit de l'avenir de leur quartier

« Nos parents ont construit leurs concessions grâce à la tontine du café. Quand tu avais un projet de maison, d’une nouvelle épouse, envoyer les enfants à l’école, ce n’était pas un problème. Sauf si tu n’es pas membre de la tontine du café ».

Kana Mathieu se souvient de la belle époque. Il en avait profité pour acquérir sa machine à dépulper les fruits fraîchement récoltés. Avec la chute du cours du café sur le marché, dans les années 80, le village a sombré dans la léthargie, dans la décrépitude. Il n’y a plus de rêve possible.

Cela dure depuis plus de 30 ans.30 ans que les gens vivotent ici. Tout semblait dit ! Pourtant « Tchuéza a toujours été un débout-assis-debout, depuis l’époque glorieuse du marché de Moka à celle de la tontine de café.

Cette fois, à l’occasion des assises du CODET (Comité pour Développement de Tchuéza), les uns et les autres ont décidé de prendre le taureau par les cornes : faire de la culture de l’avocatier le nouveau défi pour la reconstruction et le développement du village. Une proposition de Kenfack Paul qui a été favorablement accueillis grâce aux explications détaillées de l’ingénieur d’agriculture Keudah Jean Pierre.

Le Président du bureau élu entouré du vice-président (à gauche) et du secrétaire général (à droite)

Le lancement de l’opération 01 habitant O2 avocatiers aura lieu avant les prochaines assises  annuelles. Pour la toute première fois, également, l’on assistera à l’initiation des jeunes à la préservation du patrimoine : danse Mewoussi, pratique des instruments de musique traditionnelle (balafon, tam-tam, kuiffô, les clochettes). Au nouveau bureau conduit par Namekong Aimé de fixer le cap.

Pour accomplir ses rêves, les Moka devront résoudre définitivement le problème de rapines dans les champs et celui de la divagation des animaux de la basse-cour. Ils ont longuement épilogué sur les questions, sans pourtant arrêter des mesures de rétorsion contre les éventuels coupables. Le chef du quartier et ses notables devront faire des propositions aux CODET.

CODET-Le point d'eau potable du quartier sera définitivement aménagé

Tchuéza est un quartier de Baleveng sous l'administration de Moka (Manfo Kana), le frère de Nkemzanguim. Ce quartier est directement rattaché  à la Cour royale Baleveng, contrairement à ses   qui répondent de sous-chefferies. Il compte plus de 2000 personnes dont moins d’une centaine au village.  Son marché a été, à la fin du XIXe siècle, l’une des places de marché les plus importantes des esclaves. Ainsi, les marchands venaient de Banwa (Fotem) avec du sel et des épices qu'ils troquaient contre les esclaves amenés de Lenssap, Asia, Mendjou.

Augustin Roger MOMOKANA

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