Dans la région de l’Ouest, au sein de la communauté éducative, des esprits vifs et acérés sont d’avis qu’à la faveur de l’implémentation de la politique du livre unique initiée par le Premier ministre, « des monstres » tapis dans l’ombre des administrations scolaires ont cru devoir se servir de cette grande opportunité pour vulgariser les déviances sexuelles de « leurs sectes pernicieuses », sous le prétexte fallacieux d’une prétendue éducation à la sexualité des jeunes en classe de 5ème . A travers des passages faisant état de l’homosexualité, la zoophilie, la sodomie, pédophilie consignées dans le livre de Svt, intitulé, Excellence en Sciences.

Roger Kaffo Fokou est le secrétaire national du Syndicat autonome des enseignants du secondaire (Snaes), à l’intention des responsables des autorités en charge du système éducatif, donne son avis par rapport la sortie de la crise.

 Qu’est-ce qui aurait amené les responsables du secteur éducatif à mettre ce livre au programme de la classe de 5ème ?                                                                                          

Un fait s’impose de lui-même, il faut un manuel de Svt au programme de 5ème. Et c’est la tâche du Conseil national d’agrément du manuel scolaire et du matériel didactique de s’assurer que le dit manuel couvre au moins 75 à 80 % du programme officiel, qu’il est d’une indiscutable qualité scientifique et pédagogique, que sa qualité matérielle (lisibilité, attrait, manipulabilité…) lui permet de durer, que son contenu est sociologiquement et éthiquement correct… Quand un manuel inscrit au programme manque à un ou plusieurs de ces critères dont certains sont fondamentaux, le premier fautif est le Conseil d’agrément du manuel scolaire qui a bâclé son travail au moins dans le cas d’espèce ; le second, c’est l’autorité ministérielle qui a fait confiance sans vérification à ce conseil. Il faut donc revoir les procédures et les hommes… Et si ce Conseil ou les auteurs estiment, malgré les faits avérés, avoir eu raison, alors il ne reste plus qu’à s’interroger sur leurs compétences scientifiques et pédagogiques, et leur positionnement sociologique et éthique.

Quel est votre sentiment par rapport à ce livre querellé ?

Je ne suis pas compétent pour évaluer scientifiquement le livre même, étant enseignant de Français. Mais le module à problème porte sur une question pédagogique et non scientifique : le choix des mots et des images. Cela me rend par contre plutôt très compétent pour apprécier la pomme de discorde : les images utilisées pour passer le message sur les pratiques sexuelles déviantes. L’image est un média incontrôlable parce qu’il s’adresse à l’hémisphère cérébral droit, lequel fonctionne sur un mode analogique, intuitif, empirique, contrairement à l’hémisphère cérébral droit qui est rationnel et logique. Et nous avons affaire en 5ème à des enfants très jeunes n’ayant aucune expérience pour amortir la violence de ces images chocs. L’intention pédagogique ne constitue pas ici une circonstance atténuante. Comme on le dit souvent, dessinez le diable sur le mur et il apparaît. Les enfants de la classe de 5ème ne me semblent pas encore outillés d’un appareillage critique suffisant pour réceptionner sans dommage les images et les messages dont il est question, surtout lorsqu’on laisse croire que lesdites pratiques sont acceptées comme bonnes dans certaines cultures.

Au regard des thèmes querellés (homosexualité, pédophile, zoophilie, sodomie) dans ce livre, est-il opportun de l’enlever du programme scolaire quand l’on sait qu’ils comportent des messages subliminaux qui, en filigrane, sont un hymne à la perversion sexuelle ?

Premièrement, il faut mieux sélectionner le niveau d’entrée de ces savoirs en fonction des compétences de réception critique des apprenants. Les programmes gagneraient donc à être plus précis et plus critiques sur ce point, et apparemment ils ne sont pas assez. Secondement, il faut s’entendre sur l’approche pédagogique la plus appropriée. Le manuel scolaire ne saurait devenir une annexe de Face book ou d’autres plates-formes similaires. Il doit discriminer ce qui est fréquentable et non normaliser la fréquentation de tout ce qu’une poubelle mondiale mal gérée déverse sur les boulevards de la communication. Il ne faut pas se leurrer ou se cacher derrière l’Apc comme les auteurs du manuel Svt de 5: on ne peut pas en situation de classe lutter contre la zoophilie, la sodomie… sans l’enseigner au préalable (dire exactement en quoi ces pratiques consistent !). Imaginez l’enseignant de 5e à l’œuvre muni de l’Apc… Il me semble que le sens critique dans le cas d’espèce a fait défaut à plus d’un maillon de la chaîne et que la meilleure chose à faire consiste à extraire cet ouvrage des programmes et d’en assumer les conséquences légales et judiciaires.

 Quel message à l’intention des hommes liges des réseaux ésotériques occidentaux tapis dans les administrations scolaires qui veulent pervertir la jeunesse par ces thèmes qui sont exécrés en Afrique ?

Vous savez, même en Occident, ils sont encore très nombreux, ceux qui se battent contre ces pratiques. Je rappelle que la loi contre l’homosexualité dont le verrou vient de sauter en Inde fut établie sous la colonisation britannique. Il y a une élite mondiale qui recrute dans tous les hémisphères pour imposer une contre-culture en rupture avec la morale dans tous les domaines : l’art, les mœurs et j’en passe. La société occidentale a résisté des siècles mais on l’a usée à bout. Si la nôtre cède, il n’y aura plus nulle part de digue sur la planète. Et l’on cède le plus souvent par conformisme, par paresse, par mimétisme, par intérêts mal compris, parce qu’on n’est plus maître de soi… Vous savez, on a beau tout avoir sur les réseaux sociaux, l’école reste le meilleur moyen de toucher 100% de chaque tranche d’âge avec une information contrôlée, normalisée, calibrée. Si l’école cède, rien ne peut plus sauver la société.

Quel est votre appréciation par rapport à la politique du livre unique initiée par le premier ministre et mis en application par les responsables des secteurs éducatifs ? 

Je veux distinguer le livre unique du manuel unique. Le livre unique, c’est indiscutablement une bonne chose quand les tests de qualité sont en place et non corrompus. Il allège le cartable de l’élève et ménage le portefeuille du parent. Le manuel unique par contre, c’est une absence de stratégie de rechange, c’est un plan A sans plan B. C’est donc un déficit tactique et même stratégique. Il faut dit-on avoir au moins deux cordes à son arc. Un manuel de 5ème nous trahit et tout est dépeuplé, parce qu’il n’a jamais été envisagé qu’un tel incident/accident puisse se produire. C’était bien de quitter l’extrême des 6 à 8 manuels d’hier. Mais entrer le ghetto d’un seul manuel n’est nullement la preuve d’un meilleur bon sens.

Entretien avec Filbert AZAP NDONGO