Le célèbre Avocat et chef traditionnel a récemment organisé un tournoi sportif et culturel dans la commune de Penka-Michel.  Après deux mois de jeux et d’animation, les huit équipes se sont séparées dimanche dernier, aux termes de la finale de football qui a vu la victoire de Nlonako Nylon sur New Bell par 1-0.

Me Penka Michel parle du tournoi, de l’Aigle royal de la Menoua, de l’élection présidentielle, et bien d’autres sujets d’actualité.

Maitre Penka-Michel, quelles sont les raisons qui vous amènent à organiser le championnat de vacances qui s’achève ce jour ?

Ce championnat de vacances, c’est pour justement occuper les jeunes pendant cette période-là. Pour éviter l’oisiveté. Parce que nous savons que l’oisiveté c’est la mère de tous les vices. Les enfants qui s’ennuient vont au bar, ils se droguent. Mais en les occupants par ce qui les intéressent le plus, le sport et même la culture, ils se distraient et puis, en même temps, ils préservent leur santé.

Deux mois après, êtes-vous satisfait de l’aboutissement du tournoi ?

Je suis très content. L’émulation, l’engouement que cela a suscité m’ont surpris. Surtout pour les dames, les mamans qui jouaient au handball. J’avoue qu’au début j’avais beaucoup d’hésitation. Je ne croyais pas voir les mamans aller au stade et jouer vraiment. J’ai donc été très agréablement surpris de voir qu’elles ont joué pendant tout le tournoi. Elles ont même exigé à jouer leur match de classement. Ce qu’elles ont fait ce jour, avant la finale de football. Je ne peux être que très content de l’initiative.

Non seulement vous avez organisé ce tournoi, mais vous l’avez placé sous le sceau du « vivre ensemble à Penka-Michel ».

Oui parce que comme vous le savez notre pays traverse, dans une partie, des moments de crise. Cela donne l’impression que tout est sens dessus dessous. Ce qui est totalement faux. Il est grand temps de reconnaître que les Camerounais, pour leur grande majorité, se revendiquent comme Camerounais et le besoin de vivre ensemble. Il fallait que nous démontrions qu’ici à Penka-Michel où il y a des Camerounais  de toutes les régions, de toutes les cultures, nous vivons véritablement ensemble, en toute convivialité et dans la paix.  Je pense que vous avez eu l’occasion, pendant le tournoi, de le réaliser vous-même.

La clôture a lieu au moment où la campagne électorale  en vue de l’élection présidentielle du 7 octobre bat son plein. L’on pourrait dire que vous avez organisé ce tournoi dans le but de servir le RDPC, Maître.

Ces gens perdraient de vue qu’au moment où nous avions annoncé l’organisation du tournoi, on n’avait pas encore déclaré la tenue de l’élection présidentielle.  C’est plutôt l’élection qui est venu nous trouver dans notre programme. Le programme de cette élection présidentielle est venu nous trouver en cours de processus.

Vous pouvez saisir cette opportunité pour passer des consignes de votes, non ?

Vous avez réalisé que jusqu’ici je me suis réservé quant à transformer ce tournoi en outil de campagne électorale. On était au stade ensemble, vous ne m’avez pas entendu prononcer le nom d’un parti politique.  On venait de diner, vous ne m’avez non plus entendu prononcer le nom d’un certain parti politique. En fait vous ne pouvez pas dire, en l’état, que Maître Penka Michel est de tel ou de tel autre parti. Je savais très bien que je pouvais le faire, mais j’aime faire chaque chose en son temps. J’aime faire le distinguo entre les choses. Et là où nous sommes entrain de clôturer ce tournoi on a des Camerounais de toutes opinions politiques. Des camerounais du RDPC, du MRC, du SDF, de l’UPC… C’est le vivre ensemble. Nous clôturons d’abord notre tournoi et si à l’issue vous voulez embringuer dans la campagne, je suis tout à fait disposé.

Ce tournoi a été un véritable coup de maître. À quoi devrait-on s’attendre pour la prochaine édition ? Est-ce que réitérerez l’initiative ?

Oui ! Je puis dire que cela sera réitéré. Parce que lorsqu’on a été si ému par les mamans… Je n’oublierai jamais ces images-là qui en redemandent. L’on ne peut que se battre, autant que possible, pour en redonner, avec l’aide du bon Dieu. La volonté y est et je m’emploierai à faire en sorte qu’il le soit.  Je prie tout simplement que Dieu m’accorde de le faire.

Me Penka Michel, quel message lancez-vous à ces jeunes, à ces mamans qui ont participé à ce Tournoi du Vivre Ensemble à Penka-Michel ? Vous pensez également à ceux qui n’ont pas participé ?

Ah oui ! D’abord je leur dit merci à ceux qui sont venus, qui y ont pris part. Ils m’ont fait honneur. A ceux qui ne sont pas venus, je suis désolé. Ils ont constaté que les mamans n’avaient pas de complexe en ce qui concernait leur état physique. Et que de temps en temps elles étaient confrontées à bien jeunes qu’elles. L’équipe qui a remporté le tournoi de handball  était constituée de mamans assez mures, d’un certain âge. Celles qui n’ont pas eu le courage de se lancer, elles sont désormais averties.

Maître Penka Michel lorgne-t-il un poste politique dans la commune de Penka-Michel ?

Maintenant que nous avons terminé avec le tournoi  et qu’on peut oser parler politique puisque nous sommes en campagne, je dis qu’effectivement je suis un militant du RDPC. Je suis membre de la Délégation départementale pour la Campagne électorale. Je suis l’un des vice-présidents de la délégation communale du RDPC ici à Penka-Michel. Pour être honnête avec vous, maintenant je peux dire ce qui est ma motivation quant à votre question. Comme je l’ai déjà dit en d’autres circonstances, je n’ai pas d’ambitions politiques. J’ai choisi ma profession d’avocat qui est une profession libérale. J’avais la possibilité d’aller dans les écoles qui vous conduisent à l’administration, à la politique ; j’avais cette possibilité, mais je suis très jaloux de mon indépendance et de ma liberté.  Et à ce titre je n’ai pas d’ambition politique affichée. Par contre, j’ai mes préférences. Et en l’état, ma préférence est pour le RDPC et se justifie par une chose qui, soit bien entendu, je ne dirai jamais que tout est beau sous les cieux. Je ne dirai jamais que tout est beau. Nous vivons tous la misère des populations. Nous vivons tous les routes et autres infrastructures dégradées, des hôpitaux délabrés et autres. En fait nous vivons tous des situations de misères. Donc, je ne peux pas dire le contraire de ce que je voie. Maintenant la question est pourquoi soutenir le candidat du RDPC ? Je dis parce qu’en l’état actuel où notre pays est en situation de crise, nous avons plus que besoin d’une stabilité pour sortir de la tempête.  Quand un bateau affronte la tempête, quand un avion affronte la tempête, il faut se souder autour du capitaine, il faut se souder autour du pilote afin qu’il gère et traverse la tempête. Nous sommes dans une situation de crise, imaginez un tant soit peu avec ce que nous vivons, qu’une situation d’instabilité politique vienne s’y ajouter. Je n’ose imaginer la suite.  Pour moi il ne s’agit pas de faire le bilan, il s’agit d’abord de sortir de la crise. Et pour sortir de la crise il faut une certaine stabilité. Une fois sorti de la crise, on pourra parler du bilan.

Vous avez été le président de l’Aigle royal de la Menoua. On ne vous entend pas, malgré les crises. Vous suivez tout de même la situation de cette équipe ?

Bien sûr que je suis l’Aigle royal de la Menoua de loin. C’est l’équipe de notre département. C’est une équipe chérie dont j’ai été le président, comme vous le savez très bien. Et ma présidence a conduit l’Aigle de la ligue 2 à la Ligue 1. Beaucoup de gens ne le savent pas. Mais c’est bien la vérité. Maintenant, j’avoue que je ne me suis pas impliqué à tout ce qui se passe. Parce que j’ai malheureusement tiré des leçons de l’époque de ma propre gestion. J’ai réalisé que les maux qui minaient l’Aigle lorsque j’étais encore un petit lycéen, quand j’arrivais à Dschang pendant les vacances, et que je voyais les ainés comme papa Panka, Kopa, etc.  Quand je les voyais causer, discuter autour de l’Aigle royal de la Menoua,  je vivais déjà ces crises-là qui ont fait que cette équipe qui a le plus grand nombre de supporters dans ce pays, n’a jamais donné le meilleur d’elle-même. Parce que chacun veut être président de l’Aigle. Quand on est en situation de crise, comme maintenant où l’équipe est descendue en division inférieure, les gens vont se mettre en retrait et laisser au pauvre président de l’heure le soin de se battre pour sortir l’équipe de la crise. Une fois qu’il aura réussi, on va lui livrer un combat tel que son seul souhait serait de se mettre loin. Réalisez que tous les anciens présidents de l’aigle se mettent très loin de l’Aigle. Faites l’expérience : tous les anciens présidents de l’Aigle royal de la Menoua regardent de très loin leur équipe chérie.

Néanmoins vous restez dans le conseil d’administration !

J’avoue que je n’en sais rien. Je n’ai jamais été convoqué à une réunion du conseil d’administration. Je devrais être administrateur, mais pour n’avoir jamais  été convoqué depuis le moment où j’ai arrêté d’être président. Je n’ai plus jamais été convoqué à quoi que ce soit, et je réalise de loin les querelles que les uns et les autres mènent et de fois même jusqu’à la forme de l’équipe. Certains font comme si on n’avait pas déjà déposé les statuts auprès d’un notaire pour transformer l’équipe en société. Certains font comme si c’est maintenant qu’il faut le faire. Comme certains de mes prédécesseurs, je préfère regarder de loin  en espérant qu’un jour il y aura preuve de la part de ceux qui sont là aujourd’hui d’une certaine reconnaissance de ceux qui sont passés avant eux, d’une main tendue à ceux qui sont passés avant eux, afin qu’on s’assoit pour voir. Mais si les uns et les autres viennent et font comme s’il n’y avait pas eu des gens avant eux, que voulez-vous qu’on fasse d’autre que de regarder ?

Merci Maître

Je vous remercie.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA

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