Journée électorale marathon ce dimanche 7 octobre 2018 où plus de 6 millions d’électeurs camerounais avaient rendez-vous avec les urnes, à l’occasion de l’élection d’un nouveau président à la tête du Cameroun.

On ne parle pas de quelques irrégularités notées ici et là. Des électeurs qui faute de carte nationale d’identité n’ont pas eu droit à exprimer leur vote. On fait également table rase sur ces représentants de certains partis politiques tenus à l’écart par leur président de bureau de vote pour des raisons inconnues. L’on ne parle pas non plus de taux d’abstention suffisamment élevé pour interpeller la conscience du futur président. L’on ne parle pas du fort taux d’abstention qui pourrait en partie se justifier par l’absence ou le peu d’intérêt des étudiants pour cette élection présidentielle.

Ce que l’on retient à l’issue de cette journée électorale dans la ville de Dschang, c’est la déculottée (?) du candidat Paul Biya.  Maurice Kamto a survolé l’élection, y compris dans des bureaux situés dans les fiefs électoraux du RDPC. Le phénomène Cabral Libii a quant à lui accouché d’une souris, par l’absence de représentants dans les bureaux de vote et surtout par le score qui frise le ridicule pour quelqu’un qui a initié et conduit un opérateur surmédiatisée baptisée « Opération 11 millions d’électeurs ».

A l’École publique du Centre qui comptait trois bureaux de vote, le candidat Paul Biya a totalisé 106 voix pour, contre 262 voix pour son principal challenger Maurice Kamto.  Dans les trois bureaux de vote en question, les statistiques les plus frappants concernent le rapport entre le nombre d’inscrits  (1076) et le nombre de votants (413). Ces chiffres renseignent sur le taux de participation, et l’intérêt de certains compatriotes pour l’élection présidentielle. Dans ces bureaux ont votés les principales personnalités de la ville.

Ces chiffres sont à titre indicatifs et pourraient évoluer  dans les prochaines heures, surtout quand on sait que dans les zones  rurales les résultats ont toujours été comme une bouée de sauvetage pour le RDPC que ce soit lors des élections locales que des élections présidentielles.

Remarque importante la piètre prestation de certains candidats dont Joshua Osih (SDF), Cabral Libii (Univers), Serges Espoir Matomba (PURS), et Ndifor Franklin Afanwi (MCNC.). Des vieux briscards, à l’instar de Adamou Ndam Njoya (UDC), Garga Haman Adji (ADD) ont simplement été broyés par les électeurs qui visiblement parlent dans un langage beaucoup plus moderne et consubstantiel aux problématiques auxquelles fait face cette jeunesse désœuvrée, désespérée et qui demande à être prise en main par quelqu’un à son écoute.

Après les bureaux de vote, c’est le siège d’Elections Cameroon qui s’est vu assailli par les présidents de bureau. Difficile de se fendre un passage dans cette foule aux visages étouffés par le dur labeur de cette journée.

Augustin Roger MOMOKANA