Présidentielle du 7 octobre : jusqu’où pourra-t-elle conduire le Cameroun ?

Paul Biya ou Maurice Kamto ? La bataille de la victoire se poursuit malgré le coup de sifflet final de l’arbitre qui donne vainqueur Paul Biya (71,28%) contre Maurice Kamto (14,23%) son principal challenger.
Le Conseil constitutionnel a donc déclaré vainqueur le candidat Biya Paul, jugeant « irrecevables » les recours introduits par le candidat Maurice Kamto. Ce dernier n’a pas cessé de revendiquer la victoire à cette élection présidentielle.
Le coup de sifflet final du Conseil constitutionnel n’a pas fait taire les revendications ainsi que les invectives des uns et des autres. Une bataille qui se joue dans les réseaux sociaux devenus un véritable tatami politique.
Pourtant sur le terrain du réel, Paul Biya a déjà marqué des points d’avance. Officiellement, il présidera le Cameroun pour les sept prochaines années.
Ce qui pour Maurice Kamto, est une forfaiture de plus d’un pouvoir aux aboies parce que sentant ses derniers jours venir.
Le combat qui oppose les deux hommes politiques se dénouera sur le terrain de la diplomatie ou de la pression de la rue, ou alors ne se dénouera pas.
Vu sous cet angle, il va sans dire que des fléaux nocifs (le tribalisme, l’intolérance) ont gagné la scène et enfoncé leurs racines profondément dans le sol. Ces maux sonnent comme des flammes qui vont consumer le Cameroun si rien n’est fait pour sauver la paix et la fraternité qui règnent entre les francophones et les anglophones.
D’où l’urgence d’un « large débat » national sur la réforme de l’Etat. C’est le champ qui cristallise les attentions. Ceci dit le président « réélu » sait qu’il a l’impérieuse obligation de se plier à la volonté du peuple afin que l’unité et l’intégrité nationales, en proie à la montée du sentiment indépendantiste exprimé par certains compatriotes d’expression anglophone, soient préservées.
Fédéralisme, régionalisme, décentralisation. Trois mots magiques desquels il faudrait tirer le remède miracle pour sauver le Cameroun. Trois appâts qui exposent le Cameroun au bord de l’implosion.
Ceux qui aiment le Cameroun sont conscients que sauver le Cameroun ne passera pas par une répression armée, même si le peuple semble déjà défait à cause de sa peur de l’armée et de la répression du régime dont le Ministre de l’Administration territoriale a entrepris d’exhiber la loi anti terrorisme comme arme de combat contre l’opposition politique.
En attendant, l’un savoure sa performance tout en se bombant le torse ; l’autre plie l’échine sans céder à la pression du « vainqueur ». Paul Biya 71,28%, Maurice Kamto 14,23%. Les irrégularités soulevées par le candidat Kamto ont été rejetées par le Conseil constitution qui, le 22 octobre, a déclaré vainqueur le candidat Paul Biya.
La bataille des réseaux sociaux se poursuit, et le Cameroun risque de sombrer dans une crise post électorale visant à chasser Paul Biya de la présidence de la République qu’il préside depuis 36 ans. Le plan de résistance du MRC axé sur le triptyque : pacifisme-constitutionnalité-légalité n’est pas compris par le peuple.

Augustin Roger MOMOKANA

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