Paul Biya a (finalement)gagné le 7 octobre. Il sait ce qui l’attend au cours des sept prochaines années. Ce sera un septennat différent. Parce que les attentes sont claires et il n’aura pas droit à l’excuse, même si… En tout cas la rédaction de Sinotables.com a égrené un chapelet d’urgences pour le Cameroun d’après 6 novembre.
Nouveau gouvernement
Après avoir remporté le scrutin et prêté serment, le premier défi qui attend Paul Biya c’est la formation du nouveau gouvernement. Il est attendu le rajeunissement à 80% de la classe politique dirigeante, ainsi que la réduction à l’essentiel du nombre des portes-feuilles ministériels. Paul Biya peut-il renvoyer à la retraite ces zombies qui écument son entourage et la place publique ? Paul Biya peut-il former un gouvernement de 20 toutes charges comprises ? Ceci non seulement en vue de réduire au maximum les dépenses publiques, mais aussi de lutter contre les lenteurs administratives consécutives à la transversalité de certains dossiers.
Réforme du Code électoral
Le code qui a conduit à la réélection de Paul Biya nécessite d’être amendé. De nombreuses dispositions, dont l’élection présidentielle à deux tours, doivent être toilettées et introduites. Redéfinir les bases pour la mise sur pied d’une commission électorale véritablement indépendante de toute influence politique et économique. De cette importante réforme du code électorale découlera les prochaines élections municipales, législatives et régionales (2019).
Crise anglophone
La guerre qui sévit dans les régions anglophones du pays, autrement désignée « crise anglophone » doit trouver une solution définitive dans le respect des intérêts du Cameroun. Pourquoi ne pas envisager un Foumban II, après Foumban I qui avait conduit à la réunification du Cameroun. Mais Foumban II devra faire appel à des experts internationaux capables d’arbitrer en toute impartialité les prises de positions qui pourraient opposer les partisans de l’un comme de l’autre forme de l’Etat : décentralisation, régionalisme, fédéralisme.
Lutte contre la corruption
Comment ne pas réduire, si l’on ne peut pas la neutraliser, la corruption qui fait des ravages au Cameroun. Il serait nécessaire de fondre tous les organismes existant en un seul et lui donner les peins pouvoirs pour sévir. Le TCS sera alors sous la tutelle de cet organisme, étant donné qu’il s’agit d’un tribunal au statut particulier, plus proche du politique que de la justice. En plus, faire en sorte que l’argent détourné dans les comptes publics soit versé dans un compte public et serve à financer des projets porteurs d’espoir pour le peuple camerounais. L’abus des pouvoirs publics à des fins lucratives est une arme fatale contre l’état de droit.
Grandes réalisations
Le mal du Cameroun, c’est que certaines régions se considèrent telles des enfants abandonnés par le père. Chaque région du Cameroun dispose d’un atout qui développé ou exploité contribuerait à résoudre des problèmes de chômage des jeunes, l’accès aux services de base, l’amélioration du cadre et de la qualité de vie. Le logement doit être accessible à tous, l’éducation doit recouvrer tout le sens du gratuit dont on parle et ne saurait être un don du président de la République, mais une volonté de l’Etat garanti par la loi. Il faut un barrage sur le Menchum fall et des industries de transformations des cultures agricoles sur divers bassins.
Lutte contre le tribalisme
Doit-on parler du tribalisme ? Devrait-on parler du tribalisme s’Etat ? Ce que l’on a entendu et lu sur les réseaux sociaux, lors de la campagne électorale n’est pas avantageux pour l’unité du Cameroun. Des expressions ou vocabulaires ont même vu le jour. Qui ignore à quoi renvoie « tontinards » ? Qui n’a pas entendu « sardinards » ? Qui n’a pas entendu le mot « entonnoirs » ? Ces nouveautés politiciennes ont damé le pion à « Agnlo », « francophones », « maguida ». Le Cameroun à l’heure qu’il fait est une paille près du brasier. Même la commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme n’y peut rien.
Justice sociale et état de droit
Beaucoup de personne n’en parlent jamais de manière ouverte. Pourtant elle souffre de la corruption et du tribalisme dans notre pays. La méritocratie est un gage pour la promotion de la justice sociale. L’égalité de tous devant la loi est une qualité fondamentale de la justice sociale dont la réalité est généralement mise à l’épreuve par les politiques et les lobbies économiques. Pour cela il importe de maîtriser la mise en application de décision de la police, des tribunaux, tout en garantissant l’indépendance du judiciaire.
Augustin Roger MOMOKANA

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