Alain Cyr Pangop Kameni, ancien journaliste à « Génération » et à « Le Messager », est cet écrivain qui a commis un livre pour expliquer le « Monument de la Nouvelle Liberté » qui «hante » le Rond point Deido à Douala.

Alain Cyr Pangop Kameni est devenu Professeur Titulaire des Universités. La nouvelle serait tombée dessus pendant les fêtes car, c’est le jour de l’An qu’il a posté sur Facebook, « Du fond de mon cœur, bonne et heureuse année 2019, Alain Pangop désormais professeur Titulaire des universités. »

Le même soir je lui ai envoyé mes félicitations tout en lui signifiant ma grosse surprise qu’une telle nouvelle nous soit balancée comme ça, sans explications ni « arrosage ». J’aimerais comprendre comment un Maître de Conférences devient Professeur Titulaire des Universités.

Nous avions rendez-vous pour le 2 janvier, à mon bureau. Le professeur a été ponctuel. Il est arrivé chez-moi, avant moi. Je l’y ai donc retrouvé et ensemble, après que j’ai expliqué exactement ce que je voulais savoir, il m’a proposé que nous transportions dans son bureau en Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

Il fallait que j’aie les preuves. Que je voie de mes propres yeux comment ce Monsieur si merveilleusement ordinaire est devenu ce qu’il nous a raconté à travers les réseaux sociaux.

Savez-vous comment on devient Professeur Titulaire des Universités?

La carrière d’enseignant à l’université comprend quatre grades : on entre assistant, puis on évolue à Chargé des Cours, en suite on passe Maître de Conférences, puis on termine Professeur Titulaire des Universités. Il ne faut pas confondre les professeurs Agrégés issus du concours CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) aux professeurs titulaires. Les premiers sont l’équivalent de maîtres de conférences.

Alain Cyr Pangop était précédemment Maître des Conférences. Il est passé Professeur Titulaire des Universités. Cela veut dire, en clair, qu’il a fini l’école. Cela veut dire qu’il ne peut plus avoir d’enseignant au-dessus de lui. Qu’il ne peut plus trembler devant un enseignant quel qu’il soit. Ce n’est pas la même chose quand un gars qui vient de passer sa licence et va raconter partout aux filles qu’il a fini l’école.

« Cette casquette de professeur titulaire permet de travail sereinement. Sans peur des représailles. Librement on peut mener des programmes de recherches, on peut mener des projets de recherche, on peut conduire des axes de recherches, on peut encadrer mieux, on peut faire valoir son expertise avec beaucoup plus d’objectivité. Voilà pourquoi vous verrez que c’est les professeurs titulaires qui président souvent les jurys…parce qu’ils peuvent juger équitablement…»

Pour devenir Maître de Conférences, Dr Alain Cyr Pangop Kameni a dû travailler très dur. Avec à la clé un gros document de plus de 2000 pages qui atteste son dynamisme selon quatre critères : les diplômes, les publications, les enseignements, la contribution au développement social. J’ai eu de la peine à retourner les pages du volumineux document, même comme il était couché sur le bureau du professeur. Notre maître de conférences justifie le volume de son dossier par le temps mis pour passer le grade, et l’intensité du travail.

Quatre ans après, l’enseignant doit postuler le grade supérieur. Ceci signifie que, normalement, le sacre en 2018 était attendu en 2017. Les professeurs échouent aussi. Ils redoublent, triplent et même finissent par décrocher aussi. Renseignez-vous ! Vous rencontrerez des Chargés de Cours qui le sont depuis 10 ans. Ça parait étrange, mais c’est comme ça là-bas chez les grands.

Cette année a été donc la bonne pour le Professeur Alain Cyr Pangop. Son dossier est passé, comme celui de mon ami Nzesse Ladislas. Il est lui aussi devenu Professeur Titulaire des Universités. Un petit comme ça, man. Tous les deux sont des petits-frères, des amis. Très conviviaux. La thèse présentée par le maître de conférences est cette fois-ci moins volumineuse. Mais près de 1000 pages quand même. C’est toujours du costaud. Le jury après l’avoir minutieusement examiné, partagé et décortiqué a estimé que l’aspirant pouvait rejoindre les immortels, dans la spécialité de la littérature Négro-africaine.

Normalement n’est-ce pas quand c’est comme ça le salaire change aussi ?

Mais quelque chose m’a choqué pendant notre entretien. Vous imaginez que le passage d’un grade à l’autre donne, naturellement, droit à la revalorisation du traitement salarial. Je vous fais lire un extrait de notre entretien qui sera publié dans les prochains jours.

« Lorsqu’on a changé de grade, comme nous venons de le faire sous fond de Bonne Année, sous fond de vœux de Nouvel An, ça donne droit à des prérogatives qui génèrent un traitement salarial conséquent. Mais sauf que nous avons, particulièrement moi, on fait face à une situation où on a les dossiers financiers qui trainent depuis plusieurs années, notamment au niveau du ministère des Finances où le solde n’est pas normal, il est coupé de moitié par des erreurs d’administration qui te mettent en debai et qui ne sont pas corrigées malgré toutes nos entreprises. Il y a les allocations pour la modernisation dont les dossiers trainent encore au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur dont le Ministre avait pris la charge d’apurer et que ceux qui sont en charge de l’exécuter ne le font pas avec une certaine célérité. Tout cela concourt à rendre la situation de l’enseignant promu difficile. Il a fallu l’ascèse suffisante pour que je reste calme pendant de nombreuses années, sans crier avec des pancartes dans la rue. Parce que c’est assez rude, c’est à peine si on tient avec sa famille. Je crois que les autorités compétentes ont pris la mesure de la situation dramatique qui est la mienne. Le Recteur s’est engagé et a saisi d’ailleurs toutes ces instances-là pour que la situation soit redressée… »

L’INTERRVIEW à suivre

Augustin Roger MOMOKANA