Les manifestations organisées samedi 26 janvier 2019, à travers le pays et dans les grandes capitales occidentales, contre “le hold up électoral, l’atteinte à la fortune publique, la crise anglophone” ont été émaillées de violences d’une ampleur jamais égalée.

De nombreux manifestants ont été blessés par les balles des forces de sécurité, d’autres piétinés. La police et la gendarmerie n’ont pas toléré la marche. Leurs geôles grouillent encore de personnes interpellées.

Des voix des partis politiques et des défenseurs des droits de l’homme n’ont pas raté cette occasion. Il s’agit pour chacun de dénoncer vertement l’atteinte aux droits citoyens garantis par la constitution et les conventions internationales ratifiées par le Cameroun.

Les dégâts de la journée du 26 janvier 2019

Parmi les nombreux blessés le célèbre avocat Me Michèle Ndocky, l’homme politique Célestin Djamen. A Dschang, le secrétaire de la Fédération départementale du MRC Dr Christian Fouelefack et plusieurs de ses camarades ont été interpellés et jetés en cellule par une police aux ordres.

A l’étranger, des ambassades du Cameroun, Paris, Berlin, Bruxelles ont été assaillies et mis sac dessus dessous.

Le SDF (Social Democratic Front) a, à travers un communiqué de presse signé de son secrétaire général qualifié le 26 janvier de « douloureux dans l’histoire de notre pays ».

« Le SDF s’insurge contre la confiscation de l’espace public et tient à rappeler que les manifestations et les réunions publiques sont des libertés constitutionnelles qui se rattachent aux Droits de l’Homme et ne sauraient faire l’objet d’une quelconque restriction.»

Pour quoi le communiqué de presse se refuse de mentionner le nom MRC ?

La curiosité du communiqué de presse du SDF réside dans son option manifestement voulue de ne pas mentionner le nom du MRC. Ainsi, il est écrit « A la suite des manifestations publiques et pacifiques organisées par une formation politique, les forces de défense vont répondre par une violence inappropriée en tirant sur des citoyens sans défenses et manifestant pacifiquement. »

Pour leur part, des « grandes familles » ont pondu une déclaration parsemée d’ultimatum. C’est ainsi qu’un ultimatum est donné à Maurice Kamto, Paul Eric Kinguè, Me Ndocki, Penda Ekoka, Fogue, ET Djamen de restituer sous quinzaine, les passeports et documents de leurs proches, « volées et encore en leur possession » lors de l’assaut sur l’ambassade du Cameroun à Paris.

La journée du 26 janvier 2019 se joint à celle du 26 mai 1990. Le point commun est qu’elles ont été marquées par des manifestations populaires contre le parti unique pour 1990 et contre le hold up électoral et autres pour 2019. En 1990 6 personnes avaient perdues la vie « piétinées » par les balles des forces de sécurité. Tandis qu’en 2019 3 personnes ont été grièvement blessées par les mêmes forces de sécurité.

Le ministre Joseph Owona a quant à lui condamné les violences policières et le vandalisme contre l’Ambassade du Cameroun à Paris. Pour lui la ligne rouge a été franchie. « Des militants d’un parti politique et leurs sympathisants viennent de franchir à mon humble avis la ligne rouge.».

Augustin Roger MOMOKANA