La situation est à prendre très au sérieux. La dernière sortie [maladroite] de Me Momo Jean De Dieu, ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Garde des Sceaux n’a pas fini de faire des vagues au sein de l’opinion et du gouvernement de la République.

Après la déclaration de René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement : « Le Gouvernement camerounais déplore vivement les propos inappropriés de la dite personnalité [Momo Jean De Dieu] et s’en dissocie totalement », le ministre d’État, Ministre de la Justice Laurent Esso aurait annulé une audience qu’il devait accorder mardi 5 février aux chefs traditionnels de la Région de l’Ouest.

De nombreux analystes de la scène politique nationale trouvent la justification de cette décision de dernière minute à la sortie controversée du ministre Momo Jean De Dieu dont l’arrivée des chefs traditionnels de l’Ouest apparaissaient comme un soutien après le ramdam causé par la prise de position de l’homme politique pendant la campagne électorale, à l’occasion de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Le ministre Jean De Dieu Momo a, un fils du département de la Menoua, dans une interview à la Crtv, imaginé un instant que le peuple Bamiléké soit exterminé par un Hitler camerounais, afin de mettre un terme à l’arrogance et au pouvoir économique de ce peuple.

En effet dimanche dernier, invité de “Actualité Hebdo” à la Crtv Télévision nationale, l’avocat et président du PADDEC Me Momo Jean De Dieu, récemment nommé ministre délégué auprès du Ministre d’État Laurent Esso avait déclaré, fustigeant le peuple bamiléké, qu’ « on dit qu’en Allemagne, il y avait un peuple qui était très riche, qui avait tous les leviers économiques, c’était, n’est-ce pas, les juifs. Et qu’ils étaient d’une arrogance, moi je dis on raconte, c’est des bruits, qu’il était d’une arrogance telle que les peuples allemands se sentaient frustrés. Puis un jour est venu au pouvoir un certain Hitler qui a mis, n’est-ce pas, ces populations-là dans les chambres à gaz. Je pense que, il faut quand même que les gens qui sont instruits comme Monsieur Kamto puissent savoir où ils amènent leur peuple. On conduit le peuple vers là où il n’y a pas le danger. Il ne faut pas le conduire là où il y a le danger. »

En fait, ces propos sous-entendent que le président Paul Biya devraient, comme Hitler l’a fait pour les juifs d’Allemagne, exterminer les Bamiléké du Cameroun dont le seul péché est que l’un des leurs, le professeur Maurice Kamto, par ailleurs président du parti Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, revendique sa victoire à l’issue de l’élection présidentielle du 7 octobre 2019 qui a déclaré Paul Biya vainqueur.

Face aux différentes sorties contre le comportement du membre du gouvernement, nous imaginons le moral de cet avocat et leader politique depuis dimanche soir.

Augustin Roger MOMOKANA