Ma personne,

Le jour de la Fête de la Jeunesse était l’occasion pour nous de goûter au chocolat.

Les enfants affectionnent la Fête de la Jeunesse. Tout comme celle de l’Unité. C’est l’occasion pour chacun de s’offrir quelques rares plaisirs : saucisson, chocolat, pain chargé (je ne dis pas avec de la sardine), pomme de France, spaghetti sauté à l’œuf, ballon, sucettes, foleré, œuf cuit, sar-dine, etc.

Mon ami Jasper F. m’a dit que la Fête de la Jeunesse était la seule occasion pour lui de donner de son argent au commerçant pour recevoir en retour du chocolat. C’était plus qu’un plaisir. Cet exploit était l’accomplissement du rêve sur toute une année. Son accomplissement retentissait telle une victoire contre les « grands » qui pouvaient s’offrir ce luxe tous les jours.

Mon ami a raison. Il a grandi. Il sait de quoi il parle. Et, l’évocation de ce souvenir m’a inspiré de sortir non pas pour apprécier les pas et les chants des défilants, mais pour admirer ce que nos enfants font de leur Fête de la Jeunesse.

Ce 11 février 2019 à Dschang je me suis donc préoccupé des plus jeunes, c’est-à-dire les primaires et les secondaires dans ce qu’ils font des « dépannages » qu’ils ont reçus en partant de la maison ou à la place des fêtes. Ils sont vraiment le Cameroun de demain. Le fer de lance de la Nation pour parler comme le président de la république. Nos plus jeunes sont terribles !

Je ne veux pas savoir ce qu’ils pensent de leur avenir. Cela ne les préoccupe pas. Notre système n’est pas fait pour ça. A 10 ou 18 ans ils sont très jeunes pour se préoccuper de leur avenir. Ce qui importe pour eux, ce sont les plaisirs qu’ils peuvent s’offrir sur le coup : bourrer leur estomac, danser, se faire photographier, et s’amuser avec leur petite ou petit ami.

Paul Biya a dit le 10 février qu’il créera 500 000 emplois en 2019 ? C’est son affaire à lui et aux grands. Oui cela concerne les gars du supérieur. A supposer que ces derniers ont déjà la conscience suffisante pour comprendre réfléchir à leur avenir. Les gens du Primaire et du Secondaire sont quant à eux contents de cet « autre férié » qui leur permet d’arborer leur belle tenue de fête, de recevoir plus d’argent de poche, de disposer d’un temps de sortie plus élastique.

Ces jeunes n’ont pas tort. Ils sont victimes d’un système construit sur l’état providence apparent. Le Cameroun n’est pas en mesure de créer 5000 emplois véritables sur une année. Je suis très sérieux là. Car il ne s’agit pas de sous-emplois, de « motoman », de « callboxeurs », de vigiles, mais d’emplois dans le secteur formel.
Il est important sortir du trou. De repenser le système éducatif camerounais. Pour l’inscrire dans la philosophie de l’entreprenariat.

Afin de permettre à chaque enfant de forger son rêve et de le construire pour se bâtir un avenir pendant qu’il effectue son parcours du secondaire. Parce qu’il aura compris à quoi renvoie création d’entreprise, entrepreneur, gestion d’entreprise, économie, etc.

Bonne Fête de la jeunesse 2019 !

Momokana