« Mémoires pour Vagir » a été présenté aux populations de Dschang le 5 mars, à l’Alliance franco-camerounaise de Dschang, à l’occasion de la première édition du Festival Ecoute-moi Chanter. Festival organisé dans le cadre des festivités marquant la Journée Internationale de la Femme.
Son auteur, Nwambe Siake Kweyap était copanéliste de la conférence sous le thème « La symbolique des chants traditionnels chez les femmes au Cameroun ».
L’écrivain s’est entretenu avec notre reporter, sur la place de la femme dans « Mémoires pour Vagir », et sur bien d’autres aspects de son ouvrage paru en mai 2018.

Présentez-nous « Mémoires pour Vagir » qui est votre second ouvrage.

Mon second ouvrage, « Mémoires pour Vagir » a été publié en mai 2018. Il s’agit d’une nouvelle qui renferme sept histoires auto conclusives plus ou moins, mais qui ont une suite logique les unes les autres. « Mémoires pour Vagir » parle des maux qui minent la société mondaine, de la gourmandise, à la méchanceté, à la jalousie.

Quelle place occupe la femme dans cet ouvrage ?

La femme y est au devant de la scène. Vous allez découvrir le rôle que joue la femme dans la vie de l’homme. Cette place prépondérante et, au-delà, nous interpellons les uns et les autres à comprendre et non à entendre ce qui est dit.

Pourquoi avoir choisi le Festival Ecoute-Moi Chanter, qui s’insère dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, pour présenter cet ouvrage aux populations de Dschang ?

Notre livre accorde une place de choix à la femme. Comme je l’ai toujours dit, la femme dans nos sociétés contemporaines n’est pas considérée comme cela se devrait. Pourtant la société bantoue sait que la femme ne doit pas être soumise à l’homme dont il est complémentaire. Alors je ne pouvais pas rater l’occasion qui m’a été offerte par l’Alliance franco-camerounaise-que je salue- de venir présenter le livre à ses festivaliers.

Pourquoi avez-vous choisi les histoires au lieu d’écrire tout simplement un roman ?

Nous avons choisi de raconter des histoires parce que dans la tradition africaine l très souvent les leçons sont enseignées à travers des contes, des histoires, des épopées. Donc, j’ai voulu suivre cette logique pour rester encrer dans notre culture bantoue, notre culture africaine. Afin que les lecteurs puissent se retrouver facilement. J’aurais pu écrire un roman.

Au sortir de ce festival, dites-nous, comment le livre a-t-il bien accueilli par les festivaliers ?

L’accueil réservé au livre a été largement positif. Je peux toutefois simplement regretter le fait qu’il n’y ait pas eu de publicité autour avant le festival. Mais je ne peux pas m’en plaindre. Le livre a été pris. Je suis satisfait au niveau des ventes. J’ose croire qu’il y aura une autre occasion pour ceux qui n’ont pas pu acquérir leur exemplaire.

Rentrons dans l’ouvrage même. Quelle histoire partagez-vous avec nous ?

Toutes les histoires, pour moi, se valent. Mais là vous me contraignez à opérer un choix. Vous me mettez face à un dilemme. Alors je choisis « L’enfant prodige ».

Parlez-nous nous donc de « L’enfant prodige » !

« L’enfant prodige » nous raconte l’histoire de ce jeune garçon qui a perdu sa maman à l’âge de sept ans et qui a vécu le martyr de sa belle-mère. Il est conscient que sa maman, bien qu’étant physiquement absente, est spirituellement présente. D’ailleurs, une musicienne a chanté que « l’amour d’une mère ne s’éteint jamais ». Ce n’est pas parce que sa mère est décédée qu’elle l’a oublié. Plus tard, quand il est devenu un homme, il est rentré remercier sa maman [tombe] pour toutes les protections qu’elle lui a apportées bien qu’étant physiquement absente. Cette histoire marque tous ceux qui ont acheté le livre. Ceux qui me donnent le feedback de leur lecture signalent toujours cette histoire.

Pour quoi pensez-vous que cette histoire retienne plus l’attention des lecteurs?

On n’a pas encore compris… Malheureusement… On aimerait avoir une explication sur le pourquoi quand un enfant perd son père il peut vivre, mais lorsqu’il perd sa maman très tôt alors c’est le calvaire. Si un jour on réussit à percer ce mystère, je pense qu’on comprendrait encore mieux quel est le rôle de la femme dans la vie de l’homme.

Vous résidez en Italie. L’accueil y réservé au livre égale-t-il celui qui lui est réservé en Afrique ? Est-ce que les différences culturelles sont perceptibles ?

J’ai eu à présenter « Mémoires pour Vagir » à Rome. C’était le 5 mai 2018. L’accueil a été satisfaisant aussi. Parce que ce livre, bien qu’étant axé en Afrique-la majorité des scènes se déroulent très souvent en Afrique- il y en a qui n’ont pas d’espace temporel, d’espace de déroulement. Mais les histoires qui y sont, on les retrouve dans toutes les cultures. Donc, on ne saurait se focaliser sur la culture africaine. Les Européens qui ont lu le livre et qui ont bien voulu m’en faire un feedback ont relevé qu’on y retrouve aussi des tares qui minent la société occidentale.

Quel est l’élément pédagogique que l’on puisse tirer de cet ouvrage pour éduquer notre société ?

L’élément pédagogique que l’on peut tirer de « Mémoires pour Vagir » est très simple. J’en ai parlé dans la dédicace. Si vous me le permettez, il s’agit d’un poème :
A mes enfants
Sachez, cher fils que le savoir est une arme/ N’oubliez jamais chers enfants que ce qui nous attend a toujours été pire que le connaître/ sachez, fruits de mes pères, que ce qu’on entend n’est pas toujours ce qu’on dit/ Et ce qu’on voit pas toujours ce qui est/Vous devez, enfants de mes aïeux chercher à comprendre et non à entendre/Oui ! Héritiers miens, soyez de ceux-là qui cherchent sans cesse la lumière.
Dans ce poème j’ai résumé la philosophie du livre.

Merci beaucoup pour votre disponibilité.

Ça été un plaisir.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA