« Le gouvernement dit que j’ai cassé en France alors que je suis à Bafoussam le 26 janvier. Je n’ai pas le don d’ubiquité.»

Momo Brice Bienvenue fait partie des 159 personnes, militants et sympathisants du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), interpellées par les autorités camerounais dans la cadre de la manifestation dite Marche Blanche.

Le MRC a organisé dans plusieurs villes du Cameroun, une grande manifestation (Marche Blanche) dans le but de dénoncer ce qu’elle qualifie de « Hold Up électoral », de l’impunité suite aux révélations scandaleuses concernant la gestion des chantiers de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 au Cameroun.

Depuis le 26 janvier 2019, Momo Brice Bienvenu est incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé. Où il attend d’être jugé. Momo Brice Bienvenu ne nie pas avoir manifesté le 26 janvier. Mais ce qu’il ne comprend pas c’est que son nom figure dans les listes des personnes qui ont saccagé l’ambassade du Cameroun à Paris.

« J’étais à Bafoussam le 26 janvier où j’ai été arrêté pendant la marche. J’ai été déporté le 28 janvier à Yaoundé au CCGMI de Soa, puis au Tribunal militaire le 12 février ; et maintenant je suis à Kondengui », a-t-il confié à une source de notre journal.

Le responsable région du MRC pour la région de l’Ouest, il en est le Chargé de l’Organisation, s’indigne de l’acharnement qu’on les dirigeant du Cameroun contre son parti. Il avait déjà été interpellé successivement le 4 et le 6 novembre 2018, toujours à Bafoussam, avant d’être relâché par la suite.

« Le gouvernement dit que j’ai cassé en France alors que je suis à Bafoussam le 26 janvier. Je n’ai pas le don d’ubiquité. Je crois qu’ils se sont trompés en se focalisant sur mon profil sur les réseaux sociaux. Je suis contre le régime de Biya, mais je ne vis plus en Espagne depuis quelques années déjà. »

Momo Brice Bienvenu, alors qu’il résidait à Madrid, en Espagne, a été le président du SDF (Social Democratic Front) de 2012 à 2016. Il est ensuite revenir pour s’installer au Cameroun depuis 2017 et, en février 2018 il a démissionné du parti de la balance pour rejoindre le MRC du professeur Maurice Kamto où il assume comme Secrétaire à l’Organisation pour la région de l’Ouest.

Cette histoire s’apparente à une autre. Le 18 février 2019, à l’aéroport de Douala, alors qu’il rentrait à Berlin en Allemagne où il réside, Joseph-Parfait Ngankam a été interpelé sous le motif qu’il aurait participé au pillage de l’Ambassade du Cameroun en Allemagne le 26 janvier 2019. Même s’il a été remis en liberté ce jour, il n’en demeure pas que son arrestation lui a causé un gros préjudice qui mérite d’être réparé.

Augustin Roger MOMOKANA