Emiace Tepi est le président départemental du Conseil National de la Jeunesse (CNJC ) de la Menoua. Il a par ailleurs été désigné pour siéger au parlement de la jeunesse, une institution du Réseaux des Espérance Jeunesse de l’Assemblée Nationale du Cameroun Yaoundé. Y étant il a été nommé Ambassadeur de l’esprit entreprenariat auprès de la jeunesse.
Le parlementaire jeune nous présente la chambre, ses missions, et ses actions pour sa mandature qui st d’un an.

Vous nous ramenez de Yaoundé une autre casquette. Quelle différence y a-t-il entre le parlement junior –bien connu des Camerounais- et le parlement jeunesse nouvellement créé ?

La différence se situe exactement au niveau de l’âge. Pour être parlementaire jeune il faut avoir entre 20 et 35 ans. Si vous avez moins de cet âge-là, vous ferez partie du parlement junior. La deuxième différence c’est que le parlement junior concerne les élèves du secondaire. A partir de 20 ans on estime que vous êtes déjà à l’université ou dans l’enseignement supérieur.

A quoi servez-vous en tant que député jeunesse ? Quelles sont vos missions ?

Les missions sont presque celles qui sont dévolues aux parlementaires seniors. Je dois préciser que le parlement jeune épouse la configuration du parlement senior. Il regroupe également 180 députés jeunes issus du territoire national.
Par contre, le parlement jeune au Cameroun est thématique, ceci veut dire que chaque fois qu’il y a science plénière, les jeunes discutent sur une thématique prédéfinie. Cette année les débats ont porté sur les « Opportunités d’emplois jeunes ». Nous avons passés huit jours à Yaoundé où nous avons assisté à des sessions de formations relatives à cette thématique-là. Par la suite nous avons tenue notre séance plénière à l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

Comment devient-on parlementaire jeune, vous êtes choisi ou élus ?

Il y a une commission de sélection qui est convoquée par le ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique. Cette commission siège bien avant le début des activités qui consacrent la Onzaine de la jeunesse.

Vous êtes à votre première expérience, ou bien ?

Effectivement je suis à ma première expérience.

Comment l’avez-vous vécue ?

Je dois avoir qu’il s’agit d’une expérience très enrichissante. Du point de vue personnel comme du point de vue des jeunes que je représente dans le département de la Menoua. Personnellement, j’ai positivement apprécié l’organisation et surtout les thématiques qui ont meublées les discussions. L’enthousiasme dont les jeunes ont fait montre lors de cette session. Toute œuvre humaine n’étant parfaite, il faut relever que pour cette 3ème édition du parlement de la jeunesse les choses se sont améliorées, par rapport à ce qui avait été fait les années antérieures.

La Menoua est représentée par combien de députés ?

Le département de la Menoua est représenté par cinq députés. A l’instar du parlement senior. Il faut noter que le parlement jeune est autonome. Même s’il appartient au Réseau Espérance Jeunesse (REJE) de l’Assemblée Nationale. Le REJE est l’entité qui organise le parlement jeune.

Expliquez-nous comment les résolutions que vous prenez dans ce cadre-là pourraient impacter la vie nationale ?

Lors de la séance plénière solennelle à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, après les questions orales aux membres du gouvernement, après des discussions entre eux, les jeunes adoptent des résolutions. Et pour la session qui s’est récemment achevée, les résolutions ont été adoptées à l’unanimité des 180 députés jeunes. Ces résolutions sont plutôt orientées vers des membres du gouvernement, vers le parlement, vers les organismes internationaux, vers d’autres institutions nationales.

Ces résolutions pourraient-elles constituer des propositions de loi, pour certaines ? Parce que l’on aimerait savoir qu’il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre que l’ont mobilise les jeunes pour représenter.

Je vais d’abord prendre les questions orales aux membres du gouvernement. La thématique, pour cette année, a porté sur les « opportunités de l’entreprenariat jeune ». Les jeunes ont posé des questions aux membres du gouvernement dont les missions sont relatives à cette thématique-là, et notamment le ministre de l’Enseignement supérieur, le ministre des Petites et moyennes entreprises, le ministre des Enseignements secondaires, le ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique, le ministre de la promotion de la femme et de la famille, entre autres. Ils étaient présents à la séance plénière. Des questions leur ont été posées auxquelles ils ont apporté des réponses. Après ces questions orales, après discussions entre parlementaires on a adopté des résolutions à partir de ce qui est fait et de ce qui peut être fait. Ces résolutions ne sont certes pas des lois, mais elles ont force de loi dans la mesure où ces membres du gouvernement ont pris des engagements solennels pour mettre en exécution ces résolutions.

Le parlement jeune n’est pas que rose, Honorable Emiace Tepi !

Ce que l’on peut regretter c’est que le parlement jeune se tient en une seule session. Il n’est pas possible pour le parlement jeune de venir faire une évaluation pour s’assurer qu’effectivement les résolutions adoptées ont été implémentées par les parties concernées. Le parlement s’est réuni lors de la Onzaine de la Jeunesse, et il devra attendre la prochaine Onzaine de la Jeunesse pour se retrouver à nouveau. Et puisqu’il s’agit d’un parlement thématique, forcément la thématique de l’année prochaine ne sera plus la même. Pour cette raison nous avons souhaité que le parlement jeune au Cameroun se tienne au moins en deux sessions. Cette proposition a été formulée par votre humble interlocuteur. Ce n’est qu’en se tenant en deux sessions que l’ont peut évaluer et juger de la pertinence des travaux qui ont été faits.

Quelles fonctions assumez-vous au sein de ce parlement jeune ?

Le parlement jeune épouse la configuration du parlement senior. Le député Gaston Komba est le président du REJE et préside à cet effet le parlement de la Jeunesse. A ses côtés ce que nous pouvons appeler le bureau d’âge de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire le plus jeune député senior et des députés jeunes.
Je dois, par ailleurs, souligner que j’ai été nommé ambassadeur de l’esprit entreprenariat auprès de la jeunesse. Il s’agit d’un titre à vie et je m’attèlerai à le mériter. Par la dissémination de la culture et de l’esprit entreprenariat auprès des jeunes. Déjà nous travaillons sur un projet agropastoral et d’élevage de 1000 poulets.

Bien structuré ce parlement pourrait déclencher une passion pour la politique, non ?

Nous ne sommes qu’à la troisième édition. Nous avons évoqué cela. Je pense que les années à venir nous donneront raison, si l’on estime que ce parlement jeune doit servir à quelque chose.

Ce que je ne comprends pas, c’est un parlement jeune alors qu’il existe déjà un Conseil National de la Jeunesse. Vous ne trouvez pas curieux cela ?

Disons que le CNJC a des missions précises consignées dans ses statuts et dans son règlement intérieur. En cela elle est la plateforme de concertation des associations et des mouvements de jeunesse. Par contre, les parlementaires ont un autre rôle. En cela ils épousent la configuration du parlement senior. Ils sont là pour apporter de façon concrète des résolutions, des propositions qui peuvent être adoptées comme des lois.

Les députés sont choisis en fonctions de la représentativité politiques, ou bien tous sont choisis parmi les jeunes du RDPC ?

Il ne faut pas que l’on se trompe de sujet. Le CNJC comme le Parlement jeune c’est la gestion des hommes, le management des hommes. En cela c’est bien évidemment de la politique. Mais il ne s’agit pas de la politique politicienne.

Y a-t-il parmi vous des jeunes issus des rangs de l’opposition ?

Je ne m’intéresse pas à cela. Parce que ce n’est pas, à mon avis, important ou opportun.

Je réitère la question, parce qu’il peut s’avérer que le parlement jeunes dont nous parlons soit une instance d’exclusion, c’est-à-dire à laquelle seuls ont accès les jeunes du RDPC.

Permettez que je revienne un temps soit peu sur les critères de sélection. Sur les conditions pour être retenu comme parlementaire jeune. Il faut être membre d’une association ou mouvement de jeunesse. A aucun moment il est mentionné qu’il faut appartenir à un parti politique. Et cela est pareil pour le CNJC. On va reconnaître ici la volonté des pouvoirs publics de ne pas politiser ces organismes-là. Et, jusqu’ici en ce qu’il me concerne je peux vous rassurer que le Conseil National de la Jeunesse n’est pas politisé. Idem pour le parlement. Il s’agit de débattre des problèmes de la jeunesse et pas de ceux des partis politiques. A aucun moment j’ai eu vent d’une revendication d’appartenance à un parti politique. Mais comme vous le savez, chaque parlementaire peut avoir ses convictions politiques. Elles ne doivent pas être exposées au Parlement.

Le mandat du député jeune que vous êtes est d’un an. Qu’avez-vous comme activité parlementaire ?

A l’issue de notre session nous avons pris des résolutions. Chaque parlementaire doit s’arranger à ce que ces résolutions soient implémentées. Dans les résolutions adoptées il y en a qui concernent directement les parlementaires. En cela je peux vous citer le compte rendu parlementaire. Dès notre retour de Yaoundé nous avons engagé la tournée de compte rendu parlementaire. La première phase était consacrée aux autorités administratives et nous l’avons déjà accomplie. Nous l’avons axé au niveau du chef-lieu du département de la Menoua, cela veut dire que nous avons rencontré Monsieur le préfet, monsieur le sous-préfet, les délégués départementaux, etc. la deuxième phase de notre tournée va concerner essentiellement les jeunes. Nous allons parcourir notre circonscription électorale pour rendre compte aux jeunes des activités que nous avons menées là-bas, et également restituer les formations que nous avons reçues.
Nous avons pris la résolution de mettre sur pied, dans les établissements scolaires, les clubs entreprenariat. Nous voulons que ces clubs prennent corps dès la base car, ce n’est pas évident pour un adulte de changer sa vision de la vie. Pour les jeunes non scolarisés nous allons leur proposer des sessions de formation sur le montage des projets, par exemple. Pour ceux qui ont déjà des projets, nous allons voir comment rendre leurs projets fiables. Pour ceux qui ont des projets pertinents nous allons nous battre pour leur trouver des financements.

Je vous remercie, Honorable Emiace Tepi ?

Je vous en prie, Sinotables.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA