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La clôture de la 54e édition du Festival culturel Ngim Nu du peuple Bamendou aura lieu samedi 30 mars.

Madame le préfet (par ordre) de la Menoua, Bitanga Bebga Marie Suzanne, avec à ses côtés le sous-préfet et le maire de Penka-Michel, le Délégué régional et le départemental des Arts et de la culture, a donné le coup d’envoi de la 54e édition du Festival Culturel Ngim Nu du peuple Bamendou.

La place royale de Bamendou était bondée de monde lundi 25 mars 2019, à l’occasion du lancement des activités du Festival Culturel Ngim Nu. Ce festival est axé sur la restauration du patrimoine culturel matériel et immatériel de Bamendou.

« Aujourd’hui, plus qu’hier, notre peuple est fier de cet accompagnement [des pouvoirs publics] qui vient ressusciter en lui une pratique culturelle dont il a été sevré quelques années avant l’indépendance de notre pays par la privation du mythique masque Tukah qui, pour assouvir le plaisir visuel d’un collectionneur français dont je tais le nom se trouve aujourd’hui entreposé au musée du Quai Branly. Plus de soixante ans après, la tenue de la 53e édition du Ngim Nu la 54e édition s’impose presque naturellement étant donné les prouesses de notre peuple dans les domaines de l’art, de la culture, et dont un des grands justificatifs est justement l’appréciation accorde au talent architectural de ce masque Tukah qui s’est vu arrogé la qualité de « chef d’œuvre exceptionnel », a expliqué Sa Majesté Tsidie Gabriel, chef supérieur du groupement Bamendou.

Discours, prestations artistiques, découverte du village du festival, conférence et gastronomie ont constitué le menu dans la journée sous un soleil de plomb.

L’un des moments phares a été l’exécution de la danse Ngim Nu. Il ne s’agit pas d’un rituel sacré et barbare, mais d’une réjouissance à laquelle les hommes et les femmes prennent part, sous des aires endiablés de balafons et de tambours.

« Ngim Nu signifie épreuve de la chasse aux criquets en période ensoleillée », dira le présentateur de la cérémonie. Pourtant, fait savoir le président du comité technique d’organisation, Dr Donlefack Martin, « cette danse a été à l’origine de la fondation de la chefferie Bamendou. Ailleurs on parle de roi chasseur, à Bamendou on peut parler de roi rusé car, cette danse est une ruse qui a permis de distraire ceux qui pouvaient contrecarrer la naissance de la chefferie Bamendou pour que plus tard ils comprennent que celui que nous honorons a concocté pour mettre sur pied la chefferie Bamendou. »

Sous cet angle, le Festival Ngim Nu est une stratégie des Bamendou pour communier avec les pères fondateurs et les valeurs originelles, dans le but de construire un groupement sur un socle identitaire connu et reconnus par tous ses fils.

« J’interpelle tous les fils Bamendou à consolider les liens qui les unissent. Parce que la tradition c’est ce qui nous reste. Je venais toujours à Penka-Michel, mais jamais à Bamendou. L’accueil a été chaleureux, les décorations, les pas de danse… C’était vraiment bien organisé et je voudrais féliciter le chef et toute son équipe ; monsieur le sous-préfet qui a pris les dispositions sécuritaire nécessaires, monsieur le maire qui a mobilisé les populations ; pour donner déjà le ton de ce que nous allons vivre samedi », s’est réjoui Madame Bitanga Bebga Marie Suzanne le préfet (par ordre) du département de la Menoua.

Pour rappel, le festival culturel Ngim Nu du peuple Bamendou se poursuivra jusqu’au 30 mars, jours de la grande parade de clôture.

Augustin Roger MOMOKANA