« C’est tout le monde qui me dit dehors qu’on espère que le président de la République va le baptiser stade Roger Milla. Moi je n’oblige personne, nous sommes tous en attente. Je ne souhaite pas que ce soit après ma mort qu’on baptise ce stade au nom de Roger Milla. Je l’ai déjà dit à toute ma famille et à tout Japoma. »

Depuis qu’il a émis son vœu de voir le stade de Japoma, dont les travaux de construction sont en cours d’achèvement, porter son nom, Roger Milla est depuis au centre d’un débat controversé. Deux principaux camps s’opposent : les partisans de l’homme au héros de l’Italie 90 et les partisans du marketing.

«La construction d’un stade à Japoma me touche particulièrement parce que c’est dans mon village, c’est mon fief. Bon, maintenant je ne sais pas s’il portera le nom du stade de Japoma ou il sera baptisé stade Roger Milla», a-t-il indiqué.

Pour les partisans de Roger Milla, il le mérité bien. Cela tient à sa grande contribution à la reconnaissance de la valeur du football camerounais et africain dans le monde. En 1990, en Italie, Roger Mill avait éclaboussé le monde de son génie. 4 buts et une participation qui avait conduit le Cameroun jusqu’aux quart de finale. Comme conséquence, l’année suivante le nombre de participants africains a été revu à la hausse, de deux à 4 équipes.

Les adversaires sont les partisans du marketing. Le nom Roger Milla n’assurera pas l’entretien du stade. Par conséquent il est important de trouver une entreprise qui accepte de mettre de l’argent dans les caisses de la direction de ce stade. 10 millions par ans sur une durée de 10 ans renouvelable, cela pourrait faire courir de grandes entreprises dans le but de donner leur nom au stade. Cela s’appelle le naming. Il fonctionne parfaitement dans certains pays, notamment en Angleterre et en France.

Doit-on sacrifier la construction de notre histoire, la reconnaissance de nos valeurs au bénéfice de l’économie à tout prix ? Là est la question. Aux décideurs de trancher.

Le stade de Japoma, construit dans le village natal de Roger Milla, est un complexe sportif futuriste de 50 000 places dans le cadre de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qu’abritera le Cameroun en 2021.

Augustin Roger MOMOKANA