Arrivé à Bamenda jeudi 9 mai, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Chief Joseph Dion Ngute a rencontré vendredi 10 mai, le chairman du SDF (Social democratic Front) Ni John Fru Ndi.

Lors de l’audience, le SDF a fait quatre propositions au Premier Ministre Chief Joseph Dion Ngute. Il s’agit de quatre propositions pour un retour de la paix dans les régions anglophones.

Nous vous proposons l’économie des propositions du SDF au Premier Ministre, Chef du gouvernement :
• la désignation d’un médiateur et l’acceptation d’observateurs,
• un cessez-le-feu bilatéral immédiat, et le retour des militaires dans les casernes,
• la libération de tous les prisonniers politiques incarcérés dans le cadre de cette crise,
• le report des élections locales et les observateurs du processus de paix.

Outre la première et curieuse proposition, les deux autres sont considérées par l’opinion publique comme fondamentale pour une véritable décrispation de la tension armée qui a déjà fait près de 2000 morts (civiles et militaires), de centaines de milliers de déplacés et d’innombrables dégâts matériels dans les deux régions directement concernées par la crise : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

« President #PaulBiya sent me here to bring a message of #Hope, a message of #Peace a message of #reconciliation » a dit le Premier Ministre à Ni John Fru Ndi et aux populations qu’il a rencontrées à Université de Bamenda, à Ntarikon et à Nkwen.

La démarche du Chef du gouvernement traduit la volonté (effective?) de Yaoundé de déployer tous les moyens indispensables pour parvenir au pardon, à la réconciliation et à la paix.

« Nous devons avoir le courage de taire nos passions pour privilégier l’essentiel, c’est-à-dire avancer ensemble, main dans la main, vers la réalisation de notre destin national » lançait le président de la République ce 8 mai. La veille il nous invitait à « d’oublier et de pardonner ».

Cet appel n’est pas exclusif aux indépendantistes anglophones. Il s’adresse aux Camerounais de toutes les obédiences politiques, de toutes les tribus, de toutes les religions, civiles comme militaires. Il s’agit de s’humilier pour l’honneur de la patrie.

Le gouvernement qui fait face aux pressions internes et externes s’est dit prêt à négocier avec les indépendantistes anglophones, à la condition que ces derniers renoncent à leur revendication sécessionniste.

Augustin Roger MOMOKANA

Photo: Pm237Services