Alla Kouamé est le président de la Fédération ivoirienne de cyclisme et par ailleurs le secrétaire générale de la Confédération africaine de cyclisme.
Il a accordé un entretien à notre Sinotables.com à l’issue de la 7e étape du 15e Tour cycliste du Cameroun de Loum à Dschang.

Quelle sont vos impressions à l’issue de cette 7e étape qui remet le maillot jaune à Cissé Issiaka ?
Mon cycliste est arrivé 4e mais en raison de son bon classement- puisqu’il n’avait que 5secondes de retard sur le maillot jaune qu’il a mis 1min45- il a donc obtenu le maillot jaune à l’issue de cette étape Loum-Dschang.

Alors mon sentiment c’est bien sûr la satisfaction. C’est la deuxième fois qu’il porte le maillot. On sait nous tous en Afrique que Cissé est un grimpeur et on attendait un peu cette étape pour qu’il puisse démontrer ce qu’il a dans le ventre.

Il a été devancé par trois rwandais.
C’est vrai ! Il a été coiffé par trois rwandais qui sont allés avant lui. Mais il savait que ces rwandais n’étaient pas mieux classés que lui par rapport au classement général. C’est la raison pour laquelle il a pris le maillot jaune malgré sa quatrième place.
Le plus difficile reste à venir. C’est la compétition de demain. Il faut conserver les 20 secondes qui le séparent du deuxième.

Quel est l’impact de la falaise de Dschang sur les performances de ces athlètes ?

C’est tout à fait normal que dans des compétitions africaines il y ait ce genre de difficultés. C’est important que les cyclistes africains apprennent à monter les collines. Vous savez, les coureurs qui gagnent les compétitions les plus relevées au monde ce sont les grimpeurs, au besoin des rouleurs.
Alors les gens de l’Afrique centrale sont favorisés par rapport à l’Afrique du Nord. Au niveau de l’Afrique de l’Ouest nous avons très peu de grimpeurs. Parce que le terrain là-bas est plat. Cissé c’est vraiment extraordinaire ce qu’il fait. Le CISAC l’a toujours dit. C’est un Ivoirien, on ne sait pas où il a appris à grimper. Mais enfin Dieu merci c’est un bon cycliste.

Quel est votre regard sur l’organisation de cette compétition ?
Il y a une chose que j’ai dite hier, et là je porte ma casquette de secrétaire générale de la confédération africaine d’athlétisme. Ce j’ai dit hier, c’est la sécurité au niveau du tour. C’est très très important. Quand on commence la compétition aucun véhicule en dehors de la caravane ne double le peloton, aucun véhicule ne vient en face du peloton. Ça c’est l’idéal pour qu’un cycliste qui est sur son vélo puisse donner le meilleur de lui-même.
Dans toute organisation il y a toujours des petits couacs, quelques petites difficultés qui sont sans importance. Et comme je dis, il faut qu’on encourage la fédération camerounaise à continuer toujours d’organiser et ce tour et le Grand Prix Cycliste International Chantal Biya. Là- dessus je dis merci au gouvernement qui fat que, au niveau de l’Afrique, il y a un pays qui permet l’organisation de deux compétitions qui sont inscrites dans le calendrier de l’UIC.

Il n’y a que le Cameroun ?
Il n’y a que le Cameroun. C’est vrai qu’au Maroc ils ont plusieurs compétitions. Ils ont une seule compétition à étapes, le reste ce sont des compétitions d’un jour. Ici au Cameroun c’est deux compétitions à étapes et c’est vraiment bien.

Quel est l’agenda de la Côte d’Ivoire après le Tour du Cameroun ?
La prochaine compétition internationale à laquelle nous sommes invités c’est le tour de la RDC. Il va avoir lieu au mois de juillet. Après il y aura le tour du Congo Brazzaville auquel nous sommes invités. Mais avant tout cela, nous-mêmes avons notre championnat la dernière semaine du mois de juin.

En votre qualité maintenant de secrétaire général de la Confédération africaine de cyclisme, comment trouvez-vous le niveau de la discipline sur le continent ?
Il ne faut pas se voiler le visage, nous avons un grand retard. Par rapport à l’Europe, par rapport à l’Amérique nous avons un grand retard que nous essayons de combler. Il y avait d’abord un problème de matériel qui, aujourd’hui, est plus ou moins comblé. Mais il nous faut de la formation. Formation des athlètes, formation des encadreurs. Tout cela est très important pour nous. Et quand nous allons réussir à faire ces formations, je pense que nous serons au niveau des autres. Et en multipliant le nombre de compétitions que nous allons faire, je pense que nous serons au niveau, et nous pourront compétir avec les autres. Dans d’autres sports les africains ont réussi à se hisser au niveau des Européens, ils les ont des fois dépassés. Pour quoi pas au cyclisme ?

On serait attendu que des africains soient vus dans des grandes compétitions telles le Tour de France, le tour d’Italie, ou le Tour d’Espagne.
Cela a déjà existé. Mais c’est resté des cyclistes soit sud-africains soit érythréens. Il y a des érythréens qui ont déjà participé au Tour de France où ils ont même porté le maillot à pois, le maillot de grimpeur. Il y a des progrès à faire. Nous en sommes conscients et nous sommes dans la bonne voie.

Monsieur Alla Kouamé, Sinotables.com vous remercie pour votre disponibilité.

C’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA