Sally Nyolo est une star de la musique. Elle a été révélée au monde grâce à son album « Tribu » qui remporte le concours Prix Découverte Radio France International 1997.

Cette camerounaise, ambassadrice de l’Unicef, vient d’engager un nouveau combat. Cette fois-ci Sally Nyolo s’illustre contre le mariage précoce en Afrique. Il était samedi 8 juin sur la scène de l’Alliance franco-camerounaise de Dschang.

Son outil ou arme, c’est la comédie musicale. Un jeu qui fait danser et parler à la fois. L’histoire qu’elle raconte, beaucoup d’entre nous l’ont vécue de près ou de loin. C’est le drame des petites filles qu’on envoie en mariage alors qu’elles n’ont même pas les pectoraux. « C’est injuste ».

Cette comédie musicale dont le style est africain séduit par l’ambiance chaleureuse malgré la gravité du sujet. Un sujet qui interpelle tous les habitants du petit hameau de Dala où seule Zayéné combat contre les envies folles d’Ernest Dzana qui a déjà versé la dot pour une gamine en éducation au Sikssa.

Le village a mangé, bu, porté les habits, mais il finit par se plier car, “Zayéné” qu’incarne si bien Sally Nyolo est une lionne qui ni les menaces d’hommes ni les grâces du courtisan ne peuvent faire fléchir. Elle sait qu’elle mérite elle aussi une situation confortable, du respect. Cela passe par l’école. Et si cela lui réussit, c’est le hameau de Dala qui en serait le grand bénéficiaire.

Ernest Dzana, le père de Zayéné et tous les membres du villageois ont fini par faire profil bas. Pour laisser le rêve « commun » s’accomplir. D’autres familles doivent suivre ce bel exemple, d’autres villages doivent également comprendre l’enjeu de l’éducation de la femme.

Dans tous les cas, Sally Nyolo est convaincue que « le plaidoyer de ces petites filles qui n’ont pas eu le temps d’aller à l’école, de se former avant de se marier va passer. On va prendre conscience que c’est un gros handicap pour notre développement, pour notre peuple ».

L’Alliance Franco-camerounaise de Dschang qui a prêté sa scène à Sally Nyolo pour partager son combat avec les populations de la Menoua donne-là, l’onction à l’artiste afin que ce combat qui l’a conduira dans plusieurs localités du Cameroun et au-delà, connaisse un succès retentissant. Pour le bonheur des peuples et des familles.

Augustin Roger MOMOKANA

Suivre l’interview de Sally Nyolo