La voix d’or de la chanson, Sally Nyolo était sur la scène de l’Alliance franco-camerounaise de Dschang samedi 8 juin. Pour son spectacle « Zayéné ». « Zayéné » est un plaidoyer, sous la forme de comédie musicale, contre le mariage forcé au Cameroun et en Afrique.

Sally Nyolo, dites-moi, comment ça va à l’issue de ce spectacle à Dschang?
Je me sens remplie de joie. Parce que quand je vois le public devant la scène de « Zayéné », je me dis que le message passe. Le message passe parce que le public vient pour prendre le message. Ça veut dire que le plaidoyer des petites filles qui n’ont pas eu le temps d’aller à l’école, de se former avant de se marier va passer. On va prendre conscience que c’est un gros handicape pour notre développement, pour notre peuple. Parce que c’est injuste. Parce que ma mère, ainsi que toutes les mères ont connu l’histoire qu’on raconte-là. Et nous savons que nos élites on ne pourra pas les avoir si nos mamans n’ont pas eu le temps d’être des grandes mamans.

Pourquoi avez-vous choisi Dschang, c’est rare pour vous non ?
Le choix de Dschang parce que c’est une ville où je garde les plus beaux souvenirs impérissables. C’est une ville où il y a la concentration d’un très bel esprit. Dschang n’est pas seulement une ville estudiantine comme on le sait-parce que bien sûr qu’ici à Dschang il y a l’université, les lycées, etc.- on part du monde entier pour venir à Dschang. Je me disais que Dschang était une vraie première destination. Donc je suis venue à l’Ouest pour d’abord prendre mes bons repères avant d’aller ailleurs. Et mon petit doigt ne m’a pas trompé. Parce que non seulement accepté qu’on vienne à l’Ouest, mais également vous nous avez accueillis comme il se devait. On se sent fort maintenant pour aller de l’autre côté. Et comme on est toujours bien chez soi, on s’est dit qu’on allait bientôt revenir ici.

Après Dschang qu’est-ce quelle est votre prochaine destination ?
La suite du programme c’est bien sûr le sud, c’est bien sûr aussi le nord. Parce qu’au nord du pays le problème est de mesure. On avait commencé avec Unicef à partir à l’Est. J’avais rencontré celle qui m’a inspirée pas mal de ces chansons, pas mal de ces plaidoyers. Elle s’appelle Mariama. Elle était mariée depuis cinq ans et elle n’avait que 13 ans. Ça veut dire qu’elle était mariée à l’âge de huit ans. Et chaque fois que j’ai pensé à elle j’ai créé une nouvelle chanson. Je sais que Mariama sera entendue à un moment donné. Les Mariama pourront avoir une chance de se refaire.

Vous voudriez redire ici le discours à l’attention de ces parents qui persistent dans la voie que vous combattez ?


Le discours c’est le plaidoyer que vous avez entendu. Il est sous forme de chanson. Je pense que celui qui vient au spectacle l’entend bien. Ils doivent venir au spectacle pour entendre ce plaidoyer.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA