Le gouvernement fédéral helvétique a affirmé jeudi que des négociations étaient en cours, sous ses bons offices, en vue du retour de la paix au Cameroun.

« A la demande des parties, la Suisse joue le rôle de facilitateur dans la crise du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun (…) Le Département fédéral des affaires étrangères s’emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise », rapporte un communiqué de la DFAE relayé par la presse genevoise.

Le lieu des négociations est tenu secret. De même, il est difficile de dire exactement à quand exactement remonte l’assise, ainsi que l’identité des représentants des factions pro-indépendantistes de l’Ambazonie. Même si le communiqué précise que « les bons offices de la Suisse sont ouverts à toutes les parties concernées qui souhaitent participer à des processus de facilitation. »

Lire le communiqué de presse https://www.dfae.admin.ch/eda/fr/dfae/actualite/informations-dfae.html/content/eda/fr/meta/news/2019/6/27/75621

Selon Alex Gustave, les négociations ont été rendues possibles grâce à l’entregent du PDG de la multinationale cacaoyère Barry-Callebaut récemment reçu au palais de l’Unité par le président Biya. A l’occasion il a évoqué la possibilité de créer de nombreux emplois dans la région du Sud-Ouest.

Notre source poursuit que « plus de 40% de la production cacaoyère camerounaise provient du bassin agricole situé dans la région du Sud-Ouest. »

Cela signifie que la persistance du conflit violent dans cette région camerounaise met à mal l’avenir de la multinationale suisse. Une situation compliquée par la décision prise par le Ghana et la Côte d’Ivoire de transformer leur production.

Les négociations ne peuvent pas prétendre trouver une paix définitive au Cameroun, tant les poches de crises se sont diversifiées depuis septembre 2016. Au point où il est désormais question de tout un dialogue national pour dépoussiérer l’histoire et repartir sur la base d’un consensus général.

Il n’est pas superflu de penser que la grande nouvelle qui pourra venir de la Suisse concerne surtout la forme de l’État. Si Paul Biya fait profil bas sur cette revendication des peuples anglophones du Cameroun, il est possible que ce serait une base idéale pour le dialogue attendu et dont les négociations ne devraient être vues que comme un prélude.

D’ailleurs, des encouragements commencent déjà à tomber sur la table. Elles sont du secrétaire général des Nations Unies qui se dit par la même occasion disposé à apporter son concours à cette initiative qui vise à ramener la paix dans le pays.

Augustin Roger MOMOKANA