Je devrais commencer par mes origines. Pour éviter que ma descendes ignore d’où je suis venu. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui s’étaient à leur tour préoccupés de leurs origines.

Ainsi au commencent Foguité Nkeum Zé a pris en mariage Megnikeng. Celle-ci était la fille de Mo’oh Nwouenguia Dijéka à Ngnè. De cette union naquirent deux enfants : Kajio, Jioda et Tégni Zem.

Akajio fut envoyé en mariage chez Téifouélô à Méliô. Le couple mit au monde deux enfants : Lokeng et M’bokem. Mais je dois dire que je n’ai aucune assurance que M’bokem soit le fils de Téifouélô. Pour quoi je le dis ? Je le dis parce que le mari de Kajio est mort en prison.

En effet, un jour le Blanc contrôlait l’impôt. Il a interpellé Téifouélô. Téifouélô lui a produit un coupon d’impôt qui ne portait pas son nom. Apparemment il s’agissait de l’impôt de son frère. Le Blanc lui a dit que cet impôt ne lui appartenait pas. Il a juré qu’il était le sien. Téifouélô ne savait ni lire ni écrire. Tout se passait entre l’interprète et lui. Le Blanc a estimé qu’il avait volé l’impôt. C’est ainsi qu’on l’a emmené à Dschang où il a été jeté en prison. Il n’en sortira jamais, puis qu’il mourut quelque temps après des suites de choléra. Ce sont les prisonniers qui l’ont enterré. Parce que son corps n’a pas remis à sa famille.

Il se pourrait que Kajio ait pu avoir une intimité avec un frère de son mari. D’où la naissance de M’bokem. A cette époque, ton frère pouvait s’occuper de ta femme sans que la femme y trouve un inconvénient quelconque. D’ailleurs les femmes n’étaient pas volages comme de nos jours. Sais-tu, ce qui pousse les femmes à rejeter un frère de leur défunt mari c’est la prostitution, et l’aventure entretenue par certaines femmes intellectuelles. Je ne sais pas s’il est encore possible de nos jours, de rencontrer quelqu’un qui, stérile, fait entretenir son harem par l’un de ses frères ou son ami intime. Avant cela été vulgaire et personne ne pouvait être au courant. Certaines femmes ont pu dire plus tard à leurs enfants qu’ils devaient faire beaucoup attention à telle ou telle oncle. Parce qu’ils avaient joué un rôle capital pour qu’ils soient en vie. Mais jamais on ne dit à l’enfant que ton père n’est pas ton père. Ton père c’est plutôt tel. Ce serait affreux. Tu imagines ça ?

Lokeng et M’bokem sont donc du sang de Téifouélô et Kajio. Alokeng fut envoyée en mariage chez Mozap-on l’appelle aussi Manfo Zapzi parce qu’il était le petit-frère du fô ndzah. De cette union naquirent Djimélè (Marie) et Jioda (Suzanne). Jioda se maria à Tenondong à Nzuenla où elle mit au monde mon petit-frère Zapzi Philippe. Par la suite elle quitta Tenondong pour Nwouemba Nkwa. Là elle failli perdre son fils Zapzi. C’est ainsi qu’elle l’envoya chez Mozap. Djimélè quant à elle alla en mariage chez Moka où elle avait suivie sa grande sœur consanguine. Moka ou encore Manfo Kana-c’est-à-dire le petit-frère de Nkeum Zanguim avait déjà pris en mariage une fille de son ami Mozap. Cette fille a mit au monde mon frère Jesep Bodro, Loucassi Kechouonkô et François Penetrô. Ce qui ne lui a pas empêché de prendre en mariage une autre fille de cet ami. Du lit de Moka et Djimélè naquirent Laha Jouh (Etienne) et Naouessi (Foyacob).

Tu le constates, à la naissance je suis Laha Jouh. Parce qu’une source avait éclaté dans la case de ma mère le jour de ma venue au monde. Mais des situations difficiles ont tellement accablé ma tendre enfance que mes parents ont changé mon nom pour Momo. La suite tous les enfants le savent. Il fallait bien que tu le saches, afin qu’un jour ma descendance n’ignore pas ses origines.