« Tous les Camerounais savent faire rire. Du coup le travail de l’humoriste devient différent. Il fait une construction différente des blagues du commun des mortels » : Hector vient d’être élu « révélation humoristique » de l’année 2019 au Cameroun.

L’humoriste et entrepreneur culturel Hector, né Fomba Nombo Hector Flandrin, était l’invité de Dschang Press Club dans le cadre de la rencontre mensuelle Dschang Press Coffee.

Face aux journalistes Hector a révélé quelques détails saillants de sa vie: sa mère n’avait pas toujours vu d’une bon œil son fils se jeter dans l’art au lieu d’être enseignant, jusqu’à ce que…

« Pour moi c’est un grand succès d’avoir échoué au concours d’entrée à l’école normale. Ma mère depuis longtemps ne me parle plus de l’école normale supérieure ». Hector a été rejeté, trois fois de suite, par l’école normale, ce qui n’empêche qu’il est aujourd’hui enseignant vacataire à l’Université de Dschang.

Comme son père-un comédien qui a tourné à travers le monde- avec qui il parle très peu de ses activités artistiques, Hector se souviens avoir fait ses premiers pas dans le théâtre alors qu’il était en maternelle. « J’ai joué dans la crèche à l’occasion de Noëlle.

J’étais l’ange dans ce spectacle. J’ai encore les photos. »
A 26 ans, Hector fait partie de Orange Comedy Club. La société de téléphonie mobile a décidé de valoriser l’humour et ses nouveaux talents en leur offrant un espace de visibilité nationale et internationale. Ceci lui a sans doute donné l’occasion de se produire aux côté des artistes de renom dont Michel Gohou, et Nar6 Kouokam dont il a d’ailleurs été l’un des rares jeunes artistes à participer à l’anniversaire des 36 ans de carrière.

Après avoir dirigé le théâtre universitaire pendant trois ans il décide, face aux multiples sollicitations à Dschang et ailleurs, de mettre sur pied en 2014 une compagnie de théâtre. « Frères de sang » devient quelques années après « Afrodram’art ». Afrodram’art se produit régulièrement à l’Alliance franco-camerounaise de Dschang. Il est d’ailleurs aussi un festival.

D’ailleurs, ses spectacles sont les seules à affiche salle comble.
« Afrodram’art c’est plus un groupe d’amis qu’une compagnie de théâtre », dira Hector pour justifier l’approche ludique et jouissif qui a entouré les quatre premières prestation qui avait vocation de convaincre le public de la qualité de spectacles offert par ce jeune groupe dont le jeu métissage du théâtre, du slam, du contre et de la danse.

Hermann Labou, un des membres de la compagnie dit d’Hector qu’il s’emporte souvent, mais se soucie beaucoup plus des autres membres du groupe que de soi-même. Effectivement, car Hector qui prépare une thèse de doctorat sur le cyber discours du monde hispanique sur le Noir se montre souvent très pathétique, à travers ses publications sur Facebook, vis-à-vis de ses amis.

Augustin Roger MOMOKANA