La réunion de crise présidée le 4 septembre par le ministre délégué auprès du ministre de la justice, garde des sceaux, Momo Jean De Dieu, n’a pas accouché d’une souris.

Après cette assise, la révolution se met en marche, dans l’objectif de rester le droit des avocats. Le ministère de la défense, le ministère de la justice, la Délégation générale à la sureté nationale sont sur les starting block.

Après le Garde des sceaux aux procureurs généraux et aux délégués régionaux des administrations, le Dgsn qui écrit avoir pris acte des engagements de la réunion du 4 septembre le directeur de la justice militaire pour le compte du MINDEF instruit aux commissaires du gouvernement auprès des tribunaux militaires et cours d’appel afin qu’ils respectent désormais le code de procédure pénale.

En tout cas, le garde des sceaux écrit, « Afin de renforcer la cohésion et la synergie nécessaire entre différents acteurs de la chaine judiciaire dont le barreau et partant préserver la continuité sereine du service public de la justice ».

Ces instructions suffisent-elles pour convaincre les avocats à suspendre le mot d’ordre de grève ? Il va sans dire qu’il faille espérer qu’il n’aurait pas en face de fonctionnaires zélés pour ne s’en tenir qu’à leur tête.

Quoi qu’il est soit, l’on ne peut pas dire que l’action menaçante du barreau de l’ordre a été comme un coup d’épée dans l’eau. Mais certains compatriotes, plus méticuleux pensent que les rappels auraient dû nécessairement rappeler aux fonctionnels visés les dispositions légales qu’ils en courent de ne pas observer strictement les instructions du gouvernement. Leur méfiance tiendrait de ce qu’au Cameroun la loi est une chose, son application une autre.

La réunion de crise était consécutive à une lettre du barreau de l’Ordre des Avocats du Cameroun au ministre de la justice. Laquelle lettre énumère un certain nombre de griefs faisant obstacle à l’exercice de leur profession. Parmi ces griefs, « l’absence d’accès libre à leurs clients dans les différents lieux de garde à vue et de détention, la violation des droits de la défense, notamment en phase d’enquête, d’instruction et de défense ; l’exigence des frais de justice abusifs, notamment des taux de consignation disparates et illégaux ; l’accaparement des dossiers par certains chefs de juridictions, cause des lenteurs judiciaires ; les interpellations et détentions arbitraires des Avocats dans l’exercice de leur ministère ; la récurrence des violences physiques contre les Avocats. »

Ce que les avocats demandent au ministère de la justice, c’est le respect scrupuleux des dispositions du Code de Procédure Pénale qui a pris en compte aussi bien la constitution de la république, le code pénale et les lois et traités internationaux auxquels le Cameroun est parti.

Augustin Roger MOMOKANA