12 sept.

Cette poignante histoire de la camerounaise Eva Yasmine suscite à la fois de l’indignation et des encouragements pour l’audace d’un usager des services publics.

A quoi servent ces numéros de téléphones qui sont affichés dans les services publics ? Sinon à faire œuvre utile.

“Hier je me suis rendue à l’hôpital de la Caisse (1ère fois d’ailleurs) car un bout de coton tige s’était coincé dans mon oreille la veille.
Donc, j’arrive à la réception, j’explique mon problème et on me dirige vers le service ORL.

J’étais à l’aile “Urgences” je crois bien. Je m’installe alors en salle d’attente jusqu’à apercevoir un personnel de santé du service vers qui je vais expliquer mon souci.
1 ère question qu’il me pose d’un ton tout sauf accueillant : “pour quoi j’arrive à 15h” ?

Surprise de cette 1ère mini-agression, je lui dis bah c’est maintenant que j’ai pu arriver. Vous ne savez pas si j’ai eu des obligations le matin qui m’ont contraint à arriver à cette heure. (En vrai j’avais juste fais une grasse matinée! J’ignorais qu’il y avait une H pour arriver à l’hôpital

Après cela il m’a ignoré pour revenir vers moi 10min + tard d’un ton 1 cran plus intimidant et me dire “ça va faire 17 500, j’espère que vous êtes prête!”. Or, ayant vu à l’entrée du service que les consultations d’urgence étaient de 5000fcfa et…

sachant qu’il s’agissait de retirer un bout de coton de mon oreille, je lui dit, d’un ton ferme et assuré “si c’est le tarif de l’hôpital je vais payer”! Il est monté en cran et m’a demandé “si je pense qu’il y a des tarifs qui ne sont pas de l’hôpital” ?

J’ai dis : “ça je ne sais pas mais si c’est le tarif de l’hôpital je vais payer. J ne vais pas rester avec un bout de coton coincé dans l’oreille”. Après m’avoir fixé du regard pendant 10s, il a fermé la porte de la salle de consultation sans plus rien me dire.

Donc je suis là j’attends pendant 30min, sans savoir c’est quoi la suite. Je demande aux gens de la salle s’il y a des patients pour l’ORL et on me dit non je suis la seule. J repars alors à l’accueil et on me dit d’aller frapper à la porte où le monsieur est entré!

Quand j’entre je trouve 4 personnes en blouse blanche entrain de discuter (dans ma tête je me dis, donc j’attendais dehors pour rien). Et je me rends compte que mon “ami” du début parlait de moi ! Bref je réexplique mon souci d’oreille dans la salle…

Le médecin en duty me dit : “allez patienter en salle d’attente”. But I was not having it anymore Je lui demande alors “pour combien de temps dois-je patienter et pour quelle raison?” (C’est là que c’est parti en cacahuètes
Juste pour brièvement relater ce qui m’a été dit :

– “Si tu étais pressée il fallait aller dans le privé”
– “Les petites filles de 15 ans vont me dire comment faire mon travail?”

– “C’est toi qui a payé mon école de médecine?”

-“Tu penses que tu vas donner les ordres à qui?”
– “Tu es impolie, tu ne vois pas tes ainés dans la salle?”
Et moi de dire :
– “Donc pour recevoir un service il faut aller dans le privé?”

– “Je suis très respectueuse au quotidien mais je ne supporte pas qu’on malmène les gens”
Moi qui ai la larme facile, je voulais mm déjà pleurer, je ne comprenais pas comment j’avais déchainé tant d’énervement

Je me souviens alors de cette belle affiche que j’ai vu en salle d’attente et je leur dit “je vais appeler”. Et le médecin qui me dit “appelle même le directeur de l’hôpital”, et sort de la salle en vociférant. De ma main tremblante, j’ai donc appelé!

J’ai expliqué ma mésaventure et il aura fallu quelques 20 minutes pour qu’une responsable arrive. Pendant ce temps les critiques à mon égard allaient de bon train.

Ce qui m’a tué, mon “ami” qui dit : “donc si ce n’est pas le tarif d l’hôpital vous n’allez pas payer?” et moi de dire pourquoi je ferais ça ?

Finalement la responsable est arrivée, a relevé l’incident et le même médecin m’a reçu. Il aura suffit de 30 SECONDES pour retirer le coton de mon oreille et en fin de compte même 100 FCFA je n’ai pas payé.
Je ne sais pas si finalement c’était gratuit ou si c’était à case de ma mésaventure !

Anyways je salue ce process qualité visant à garantir que peut importe les bords d’où viennent une personne, un patient est un patient et mérite les meilleurs soins possibles. Et il ne s’agit pas là d’une faveur mais d’un devoir. Big up à l’hôpital pour cette initiative!

Ce qui me gène toutefois c’est que le médecin était persuadé d’avoir raison et moi je ne trouvais pas ça effronté de m’attendre à recevoir plus d’informations de manière plus courtoise de la part du personnel de santé. Est-ce là le fait d’une divergence culturelle ?”

Eva Yasmine
@evaYasmine