« Un an après notre rendez-vous historique vous continuez à me témoigner votre affection, votre soutien et votre amour. J’en suis profondément et sincèrement touché. Je vous remercie. Je n’ai pas un grand mot plus que celui-là. Je vous remercie du fond du cœur. Je vous avais dit une chose : « je ne vous trahirai jamais. Maintenant s’ouvre un nouveau chapitre de notre lutte. Si certains pensent que le fait d’être libéré c’est la fin de la lutte, alors ils n’ont rien compris. Parce que nous n’avons rien obtenu de ce que nous demandions. Donc le grand chantier de la lutte politique pour le respect des droits humains fondamentaux des libertés des citoyens camerounais pour un système électoral fiable qui vous permet de choisir les dirigeants que vous voulez pour notre pays…ce chantier-là est devant nous et je compte sur vous pour que nous menions jusqu’au bout ce chantier. De manière pacifique ».

L’opposant Maurice Kamto, qui était jugé par le tribunal militaire de Yaoundé depuis près de neuf mois pour avoir marché sans autorisation dans le cadre de son programme de résistance contre les résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, a été remis en liberté à la suite d’une demande du président Paul Biya annonçant l’arrêt des poursuites judiciaires contre « certains responsables du MRC ».

L’abandon des poursuites judiciaires contre Maurice Kamto et ses alliés interpellés en représailles de leur contestation du verdict des résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 se situe dans la mouvance des mesures du président de la République pour apaiser le Cameroun qui sort de grand dialogue national qui a réuni du 30 septembre au 04 octobre, au Palais des Congrès de Yaoundé, des personnalités politiques, des leaders d’opinion, des Universitaires, des chefs traditionnels, pour tenter de trouver une solution durable à la crise sociopolitique et militaire qui secoue les régions du nord-ouest et sud-ouest depuis plus de trois ans.

Graciés vendredi, Maurice Kamto, Albert Nzongang, Valsero, Paul Eric Kingue, et ses autres coaccusés ont recouvré leur liberté samedi matin. Cette libération intervient après celle de 333 personnes qui étaient également poursuivies devant le même tribunal, mais pour des délits liés à la crise anglophone.

Aussitôt libérés, Maurice Kamto et ses coaccusés se sont d’abord rendus au quartier Odza, une banlieue de Yaoundé, où les attendaient leurs militants et proches.

Augustin Roger MOMOKANA