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LE MAIRE ELU DE DSCHANG A SINOTABLES.COM : « LES GENS DOIVENT RETENIR QUE NOUS SOMMES DANS UNE ADMINISTRATION DE PRODUCTION. »

A 56 ans révolus, Kemleu Tchabgou Jacquis Gabriel se fait élire maire de la Commune de Dschang pour la mandature 2020-2025. Il a été plébiscité mardi 25 février 2020 par les 41 conseillers municipaux issus des élections du 09 février dernier.

« Monsieur Rigueur », comme le désignent ses amis rêve d’une Commune de Dschang où il fait bon vivre. Parce que chaque maillon de la scène donne le meilleur de soi pour l’atteinte de son objectif. Son mandat est placé sous le signe de Grands Défis.

L’actualité de Dschang c’est le triomphe de Kemleu Tchabgou Jacquis Gabriel à l’élection du maire de Dschang.

Vous le savez très bien, nous avons commencé cette campagne étant très confiant. La confiance est allée grandissante et au soir des résultats, nous savions qu’il fallait aller de l’avant. Parce que quand vous vous rendez compte que les populations apprécient en bien ce que vous savez faire, vous n’avez pas le droit de les décevoir. Raison pour laquelle immédiatement nous avons demandé aux colistiers de nous faire confiance pour démarrer une nouvelle ère à la Commune de Dschang. Voilà ce que je peux vous dire relativement à ce triomphe qui n’en est pas un pour mois, mais celui toute une équipe qui a travaillé et qui a juste besoin d’un leader pour poursuivre ce qu’elle a commencé.

Vous êtes désormais le maire de la Commune de Dschang et cela les cinq prochaines années. Dites, c’est quoi votre rêve pour la commune de Dschang ?

Nous souhaitons que l’espace que constitue la Commune de Dschang soit un espace où il fait bon vivre. Un espace conviviale où tout convive qui arrive se sent à l’aise. Un espace où les populations ont envie de rester. Un espace attractif. Voilà ce que nous comptons faire de Dschang. Et pour y arriver il faut passer par certaine problématiques à adresser, notamment celle de l’assainissement, celle de l’amélioration de l’offre en eau potable, celle de l’amélioration des infrastructures routières, sanitaires et éducatives. Comme vous le constatez, il s’agit d’un package qui conduit inéluctablement à l’amélioration des conditions de vie, à l’amélioration de la qualité de vie.

Vous êtes issu de la mandature de l’ « Audace », avec vous de quoi doit-on parler ?

Aujourd’hui il s’agit des Grands Défis qu’il faut relever. Vous le savez, quand vous êtes audacieux, ça fait qu’à un moment donné les gens vous regardent. Et il y a de nouvelles choses qui sont face à vous. Il faut que vous soyez à même de relever tous les autres défis. Et c’est dans ce cadre que nous inscrivons la nouvelle mandature qui commence.

Quel a été le principal obstacle pour occuper le fauteuil de maire qui vous accueille pour les cinq prochaines années ?

Il était tout simplement question de convaincre ceux avec qui on a cheminé ensemble et de manière très conviviale pendant toute la période de la campagne électorale et après les élections de 2013. Comme j’aime toujours le dire, une élection ne se prépare pas lorsque le chef de l’Etat annonce l’ouverture du processus. Elle démarre le lendemain du jour de la proclamation des résultats, c’est-à-dire qu’après la date du 25 février il faudra s’inscrire dans une nouvelle mouvance si on pense qu’on pourra être à même de conduire les destinées de cette ville. Voilà comment nous regardons les choses. Voilà comment nous fonctionnons. C’est d’ailleurs pour cela que nous disons que nous sommes toujours en activité.

Je dis « Monsieur Rigueur », cela suggère quoi ?

De gauche à droite: M. KEMLEU TCHABGOU, Prof. TEMGOUA Emile, M. MOMO KENFAC, M. TOUKAM Landry, M. NSANU
Eric Lionel NEBA

« Monsieur Rigueur ? » Ça me rappelle l’époque où j’étais au Lycée Joss à Douala. C’est à cette époque qu’on avait commencé à m’appeler ainsi. Parce que, en fait la rigueur c’est quelque chose qui me caractérise. Vous le savez peut-être, l’activité économique ne fonctionne pas avec la plaisanterie. Si vous voulez avancer, si vous voulez que vos choses marchent bien, si vous voulez développer un secteur comme nous le faisons dans le cadre de l’agroalimentaire, vous devez être sérieux et rigoureux. Aujourd’hui nous prenons la mairie de Dschang comme un projet qui doit être productif. C’est-à-dire qu’au-delà du fait que les choses se font pas dans la recherche exclusive de l’argent, mais pour l’amélioration de la qualité de vie. Les gens doivent le noter : nous sommes dans une administration de production. Je vais vous donner un exemple : ne vous imaginez jamais que vous seriez entrain de couvrir vos charges, notamment salariales, l’accès à l’énergie et à l’eau potable, si vous ne produisez rien. Il ne suffira pas de produire, mais de bien produire. C’est pour cela que nous allons au-delà des problématiques habituelles. Nous allons adresser celle de la transformation des denrées, la matière première agricole que nous avons dans la commune qui est un territoire essentiellement agricole.

Partagez avec nous quelques-unes des leçons que vous aurez tirées de ces élections municipales ?

Nous avons compris que les populations ont beaucoup d’attentes. Nous avons sillonné la Commune et nous avons eu de la peine pour arriver dans certains groupements. A cause d’un défaut de qualité d’infrastructures routières. Parfois pour un défaut d’ouverture de certaines pistes qui s’avéraient nécessaires pour faciliter les déplacements des populations de ces zones-là vers le centre urbain. Parce que l’hôpital de district de santé se trouve bien au niveau de Dschang. Quand vous devez quitter Fotetsa, Fongo-Ndeng, Fossong Wentcheng pour Dschang, ce n’est pas du tout facile. Des efforts ont été faits. Vous le savez, l’entretien des routes demandent non seulement l’expertise mais beaucoup de moyens et une planification rigoureuse. Et c’est là les défis de bien planifier, de programmer, de budgétiser, et surtout de faire un suivi-évaluation s’imposent. Si ces quatre éléments peuvent être mis en cohérence, vous pouvez être sûrs que nous serons en mesure de satisfaire ces populations qui ne demandent pas tant que de pouvoir se déplacer sereinement, de boire une eau saine, de ne pas faire face aux déchets ou mieux aux ordures.

Comment est-ce que pendant la campagne vous prenez sur vous de faire venir, à votre compte, des engins pour débarrasser la ville de ses poubelles ?

Vous savez il est très difficile, quand vous avez un objectif, de ne pas puiser au fond de soi. La commune qui est un démembrement de l’Etat souffre des mêmes déficits des deniers publics. Lorsque vous pouvez de part votre activité apporter un plus, pour quoi vous le feriez pas. Il y a toujours un côté social qu’il mettre dans l’activité économique. Nous avons l’habitude en fin d’année de faire des dons aux populations déshéritées, de faire des dons à des centres spécialisés qui s’occupent des enfants défavorisés. Pourquoi ne prendrions-nous pas une portion de ces moyens pour venir en aide à ces populations qui ont besoin, urgemment, de voir leur milieu assaini ? C’est ce qui nous a animés. Ayant de outils appropriés pour pouvoir le faire, sachant qu’on ne devait pas dépenser des sommes énormes, nous mettons cela dans le cadre du social qu’on fait en entreprise. N’oubliez pas chaque entreprise a ce volet qui est extrêmement important et qu’il ne faille pas négliger. Aujourd’hui nous avons une base en ce qui concerne les activités à Dschang. Il faut bien que les populations sachent qu’elle existe. Et c’est comme ça qu’on fait accepter ses activités dans un environnement. Vous voyez que quand vous mettez tout cela en cohérence, ça justifie aisément le fait qu’on ne se soit pas fait violence pour apporter cette aide-là aux populations qui n’en demandait pas plus.

L’arrivée d’un nouveau patron est toujours un grand moment d’interrogation pour ses collaborateurs. Les agents municipaux doivent être dans un questionnement…

Je vous l’ai dit plus haut, nous sommes dans une administration de production. C’est ce que je m’attèlerai d’abord à faire rentrer dans leur conscience. Et, une fois qu’ils l’auront compris, ils sauront qu’en réalité s’ils ne travaillent pas ils n’ont pas droit aux salaires. Cela va de soi. On prendra les ressources où ? On prendra toujours les centimes additionnels communaux pour payer les salaires ? Non. Cela est beaucoup plus destiné aux investissements. La Commune doit être à même d’exploiter son potentiel naturel. Regardez ! Vous avez des mines dans cette Commune. On ne sait pas dans quelles conditions elles exploitées. Vous avez plein d’autres activités comme celle-là que la commune peut mener à bien pour pouvoir faire des rentrées financières. Vous avez toutes ces boutiques, tous ces marchés qui doivent simplement être administrés. Il faut que le recouvrement soit effectif. Ils comprendront que pour se faire payer, ceux qui ont en charge la détermination des assiettes, du recouvrement doivent travailler pour que les choses aillent bien.

Quel message aux populations de la Commune de Dschang ?

Nous demandons aux populations qu’elles restent très confiantes. Ce que nous avons amorcé sans être en place va se poursuivre. Le défi majeur sera l’assainissement de l’environnement où elles sont. Nous leur avons déjà montré ce que nous savons faire. On va leur montrer maintenant ce que nous avons l’obligation de faire. Ne perdons jamais de vue que l’élu est au service de l’électeur, c’est-à-dire des populations.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA

LE MAIRE ELU DE DSCHANG A SINOTABLES.COM : « LES GENS DOIVENT RETENIR QUE NOUS SOMMES DANS UNE ADMINISTRATION DE PRODUCTION. » – Sinotables