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Menoua – Affaires de création de chefferies traditionnelles : l’élite Bafou va-t-elle attaquer l’arrêté du Ministre Paul ATANGA NJI devant le tribunal administratif ?

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« J’assimile la situation de Ntsinbou à un geste de lèse-majesté, à un coup de poignard dans le dos, à un crime odieux », déplore le roi des Bafou.

Déjà trois chefferies traditionnelles de 3e degré (Topia, Ntsinglekouet) ont été créées par le ministre de l’administration territoriale dans le groupement Bafou sans avoir au préalable consulté le chef supérieur Sa Majesté Fô’o Ndong Kana III Victor.

Cette question a été au centre d’une assise spéciale particulièrement courue par les élites parmi lesquelles le Ministre MOMO Jean De Dieu. Elle s’est tenue dans la salle de conférence du palais royal, en date du 23 août 2020.

« Pour ce qui est de cette situation de Ntsinbou, qui défraie actuellement la chronique, il est hautement important de s’y pencher ici et véritablement », rappelle d’entrée Sa Majesté Fô’o Ndong KANA III Victor à ses invités venus de tous les coins du Cameroun.

La création du village Tsinbou dont le chef est le professeur WAMBA Henri, a assimilé de fait certains chefs de quartier dont KACK et Loh. Sa Majesté prévient : «les frontières des quartiers Kack et Loh sont intangibles et vont demeurer ainsi.»

Face à l’arrêté du ministre de l’administration territoriale, les notables et les chefs de village amenés par Sa Majesté le roi des Bafou ont adressé le 03 août dernier une lettre d’indignation et de protestation au préfet du département de la Menoua, « contre la création de la Chefferie Ntsinbou et l’homologation de son Chef ».

Les forces vives ont exprimé leur compassion et réitéré leur soutien indéfectible à Sa Majesté, exprimant le souhait que sa majesté veuille réorganiser sa cour afin d’introduire à ses côtés des personnes avisées car les notables ne sont pas toujours suffisamment avisés pour comprendre certains problèmes liés à l’évolution de la société.

D’autre part, la question de la chefferie du village Ntsingbeu a également préoccupé les attentions. « Comme vous le savez si bien, le décès de Sa Majesté KENHAGO Robert en juin dernier a fait rouvert une mauvaise page de l’histoire qu’on avait crue fermée, relançant ainsi le différend de la succession dans cette chefferie. Comme de tradition, et conformément aux us et coutumes Bafou, Sa MAJESTE KENHAGO Etienne Eric, fils du défunt, a été désigné le 14 août dernier et présenté aux populations. »

Ce dossier, comme le premier interpelle l’attention et l’implication de l’élite. Même si cela n’a pas été recommandé, les avocats, enseignants de droit et autres universitaires de haut vol présents à cette assise historique savent qu’en leur convoquant Sa Majesté les envoie en mission. Sûrement au Tribunal administratif.

Dans tous les cas, et en attendant la suite, Sa Majesté à instruit le protocole de veiller à ce que dorénavant les notables et les chefs s’assoient selon la préséance. « Je réitère à mes chefs de village que NGUEPI JOSEPH et WAMBA Henri ne méritent pas s’asseoir auprès de vous et par contre, je décide que tous les chefs d’avant 1994 doivent maintenant s’asseoir dans leur loge à gauche, et ceux d’après 1995 à droite longeant la Notabilité. »

Augustin Roger MOMOKANA, avec Bafou.org