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Cameroun : Benjamin Zébazé adresse une lettre ouverte à la jeunesse.

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Le journaliste a opéré un revirement professionnel. Il est aujourd’hui considéré comme un constructeur automobile. Le tricycle que Benjamin ZEBAZE vient de révéler aux yeux du monde peut être perçu comme une leçon de courage et de témérité de l’ancien patron de presse à une jeunesse camerounaise très enclin au blin blin et à la paresse. Même à 60 ans on peut redonner un sens à sa vie.
« Je compte aider notre jeunesse autant que possible ; si des jeunes bien organisés me contactaient, je suis disposé à fournir des locaux et des conseils gratuitement pendant un an dans les villes de Douala et de Dschang », écrit le directeur de publication de Challenge Hebdo.

Lettre à mes jeunes compatriotes.
La photo que je publie ci-contre résume mes propos. On m’y voit très affaibli, quelques jours seulement après une handicapante intervention chirurgicale. Malgré les conseils des médecins me prescrivant un repos absolu ; bien que ne pouvant tenir debout longtemps, vous me voyez assis sur un tabouret en train de préparer mon tricycle pour la peinture.

Bien sûr qu’il aurait été très facile de payer un technicien pour travailler à ma place ; où serait mon plaisir au moment de vous présenter cette réalisation ?
Notre pays a besoin d’une jeunesse qui accepte de travailler avec persévérance, abnégation, courage, détermination…ne reculant pas devant l’adversité.

1- Ce qu’il faut faire
Je pense que ma carrière peut être utile car, en 30 années, j’ai beaucoup essayé et très peu réussi ; comme j’ai honte de rappeler tous mes nombreux échecs, je ne m’attarderai que sur les quelques réussites :
- Sans être journaliste à la base, j’ai profité de l’expérience professionnelle me permettant d'entrer dans ce corps de métier pour créer le troisième journal le plus lu du pays après le Messager (100.000 exemplaires de tirage), Cameroon-Tribune (80 000) : Challenge Hebdo (70 000).
- Ensuite, le tout premier journal privé quotidien camerounais (Le quotidien).
- Sans rien connaitre en technique, j’ai aussi créé la toute première imprimerie avec une rotative presse d’Afrique centrale (Rotoprint) avec des clients Nigérians, Gabonais, Centrafricains, Tchadiens, Zaïrois (Congo Démocratique)…
- Aujourd’hui, fort de ces expérience, j’essaye de lancer le tout premier tricycle du pays avec du matériel acheté localement.

Pour y arriver, seul le travail compte et tout le monde peut y arriver.
On n’est pas obligé d’envisager des projets aussi coûteux en temps et en argent ; en observant avec attention ce qui rend déficitaire notre balance commerciale, vous vous rendrez compte qu’il y a beaucoup d’opportunités à saisir.

2- Un exemple.
Il faut savoir que des destins à la Kadji seront rarissimes à l'avenir, ne serait-ce qu’à cause du peu de qualité des hommes aujourd'hui et surtout, un environnement de plus en plus complexe.
Les jeunes doivent mettre ensemble leur force afin d’entreprendre. Si je pense que sans industries un pays n’a aucun avenir, je suis bien conscient que tout le monde n’a pas les qualités requises pour être industriel. C’est pourquoi j'estime qu’il est aussi nécessaire de développer les services.

Ma proposition
Dans un pays comme le nôtre, un technicien ne devrait pas être au chômage tant les Camerounais souffrent de l’absence de techniciens proches des domiciles. Pour réparer son téléphone, ordinateur, voiture, moto, téléviseur, ventilateur, climatiseur, réfrigérateur... c'est la galère.
Des jeunes au chômage ayant des compétences dans ces différents corps de métier peuvent se regrouper au sein d’une société civile de moyen ou toute sorte de groupement.

Cela ne nécessite pas de gros moyens financiers puisque la structure peut être logée dans une chambre n’ importe où dans le pays. L’idée est de regrouper le maximum de techniciens dans cette structure et couvrir, si on prend la ville de Douala pour référence, chaque quartier par un représentant de chaque corps de métier.

La structure aura un site Internet fonctionnel et surtout un call center avec pour nom commercial « Techniciens à domicile » par exemple.
Une panne de télé ? Un frigo capricieux ? Un véhicule qui ne démarre pas le matin ? Un téléphone qui vous joue des tours à 22 heures alors que vous attendez un coup de fil capital ? Une fuite d'eau récalcitrante ? Un simple appel téléphonique vous permettra d’obtenir la visite d’un technicien, le plus vite possible.

Il s’agit là d’un partenariat gagnant-gagnant :
- Le technicien qui intègre le réseau, moyennant une redevance mensuelle, bénéficie de la structure commune sur les plans de la prospection, du suivi, de la comptabilité, de la fiscalité… tout en restant indépendant ;
- Il bénéficie de plus d’une entraide en cas de difficulté devant un problème technique, ainsi qu’une formation permanente ;
- Le client a confiance car se référant à une organisation ayant pignon sur rue qui se porte garant du prestataire;
- Le prestataire va vers le client et non l’inverse. Il suffit de remplir les conditions requises et contacter la structure à travers son call center : elle lui enverra le technicien le plus proche de son domicile et cela entre 6 heures du matin et minuit.

Lire Cameroun: le journaliste Benjamin Zébazé présente le prototype de son tricycle.

C’est assez compliqué à expliquer en quelques lignes sous un post. Je suis disposé, gratuitement et selon mon état, à aider des jeunes qui croient en un tel projet qu’on peut mettre en place dans tous les départements que compte ce pays. Le nombre de membres pouvant faire partie d’une telle organisation me semble difficile à évaluer pour l’instant mais il sera, sans conteste, important.

L’avenir de la jeunesse repose plus que jamais sur cette formule : « l’union fait la force ».

Je compte aider notre jeunesse autant que possible ; si des jeunes bien organisés me contactaient, je suis disposé à fournir des locaux et des conseils gratuitement pendant un an dans les villes de Douala et de Dschang. Une seule condition : le groupe doit être constitué de diplômés et de techniciens en chômage. Ce sera ma part dans le vaste chantier visant à redresser ce pays.

Je suis révolté de voir dans ce pays autant de misère et de colères larvées.

Benjamin ZEBAZE.