Cameroun – Succession à la tête de l’Etat : pourquoi ce sont les gens du gouvernement qui le plus s’agitent ?

« Je crois que l’idée de préparer quelqu’un c’est un peu des méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs. Ils pourront le moment venu choisir. Je crois que dans une république qui fonctionne bien le mot dauphin résonne mal ».

Cet article est rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 18 mai 2021.

Paul BIYA est encore en poste. Il tient le gouvernail quoi que l’on dise. Ce qui impressionne c’est l’agitation autour de lui, dans l’ordre de sa succession. Près d’une dizaine de hautes personnalités de l’Etats, aussi bien à la présidence de la république comme dans le gouvernement, nourrissent le dessein d’occuper le palais d’Etoudi. Ces personnalités ont renié les convictions « en pensée, en parole, par action et par omission » de la « clé de voute des institutions républicaines et dépositaire de la Constitution de la République du 19 janvier 1996.»

Pourtant les Camerounais ont encore frais dans leur mémoire ce déclaration historique du président Paul BIYA. Il disait en effet que le Cameroun n’est pas une monarchie où le fils succède au père, où le président sortant impose quelqu’un pour prendre sa relève.

« Je crois que l’idée de préparer quelqu’un c’est un peu des méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs. Ils pourront le moment venu choisir. Je crois que dans une république qui fonctionne bien le mot dauphin résonne mal ».

Ses ministres, par leurs comportements et pratiques, le contredisent. Il ne se passe plus de journée que, par voie de presse, un des siens s’autoproclame protégé pour assurer sa relève. Le moment venu. Ce sont ses proches collaborateurs à la présidence de la république, ce sont ses serviteurs dans le gouvernement. Plus que les adversaires politiques dont la présence sur la scène brille par son inconstance.

Ils sont presque tous devenus fous du pouvoir et ont fabriqué une certaine presse pour vendre leur image au président de la République et au peuple camerounais. Pour masquer leur sadisme ils sont même allés jusqu’à présenter le fils du président de la République dont personne ne peut parler de l’implication politique ou administrative, comme bien parti pour succéder à son père. Un acte démoniaque dont l’objectif serait de sonder le père et pousser le peuple à la révolte.

La question que les camerounais sont en droit de se poser c’est Paul BIYA peut-il tenir sa promesse face à un tel déploiement ? Difficile de répondre à la question. Parce qu’il est tout aussi impossible de juger de la déclaration du président BIYA tant qu’il est encore aux affaires.

Cependant il est connu de tous que lorsque dans une maison les enfants commencent à mettre l’œil sur la fortune de leur père, ce dernier à deux possibilités pour les ramener à l’ordre. La première c’est de réunir les enfants pour partager cette fortune afin d’éviter toute crise qui pourrait survenir après lui. La deuxième ce serait de chasser les mauvais enfants de la maison afin qu’ils aillent apprendre à se battre par eux-mêmes pour faire fortune.

Dans le cas spécifique du Cameroun, afin de laisser le peuple choisir en toute liberté son successeur, le président Paul BIYA doit refaire son gouvernement actuel en ayant à l’esprit ce défi qu’il s’est lui-même lancé. Il s’agit de redessiner le gouvernement, de lui insuffler de nouvelles énergies, d’impulser à travers ces nouveaux hommes une nouvelle vision politique qui fonde les bases d’un nouveau Cameroun.

« Je crois que l’idée de préparer quelqu’un c’est un peu des méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs. Ils pourront le moment venu choisir. Je crois que dans une république qui fonctionne bien le mot dauphin résonne mal ».

Paul BIYA a dirigé le Cameroun depuis 38 ans. Il s’est entouré des gens dont certains ont aujourd’hui plus de 30 ans dans les arcanes du pouvoir. Il fait avec les mêmes malgré la situation critique que traverse le Cameroun où la distraction de la fortune publique est un sport national. Il ne devrait pas continuer comme ça. Car les camerounais d’en bas ont plutôt l’impression qu’en réalité il n’aurait pas les mains libres pour lutter contre la délinquance gouvernementale.

Augustin Roger MOMOKANA

*d’un communiqué du porte-parole du Ministre Jacques FAMES NDONGO

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