Obsèques : Maman NGUEMO Céline repose désormais à Atchouazong.

Maman NGUEMO Céline a été inhumée samedi dernier à Atchouzong, dans le groupement Foréké-Dschang, en présence de plus d’un millier de personnes venues apporter leurs réconforts à son mari papa NGUEMO Thomas ainsi qu’à leurs enfants dont l’ancien footballeur international camerounais Landry NGUEMO.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 26 juillet 2021.

De nombreuses personnalités dont des préfets, sous-préfets, maires, etc. Ces personnalités ont assisté à la cérémonie où une messe a été dite par un prêtre qui oublie que pour momifier les corps de leurs défunts les Egyptiens n’avaient pas besoin d’aller apprendre l’art dans une école ou université.

Pour qui es-tu venu aux obsèques de Maman NGUEMO Céline ? Pour l’époux, ancien proviseur de lycée ? Pour le fils ancien footballeur international Camerounais ? Pour les autres enfants du couple NGUEMO ? Pour maman Céline elle-même ? Pourquoi ? Chacun répondra en fonction de ses convictions que nulle ne peut ébranler.

Il ne faut pas laisser passer le discours de ce prédicateurs qui, au lieu de réconcilier les peuples de Dieu comme le recommande l’ l’encyclique Ecclesia in Africa (Jean Paul II, 14 septembre 1995), se fourvoie dans des détails civilisationels qu’il ne peut ni porter ni assumer. Le prêtre est le juge de la foi, mais il n’a aucune prison pour enfermer «les personnes qui pratiquent l’autopsie », qui profanent les corps. « Profaner » est un mot étranger à la civilisation africaine, tout comme le mot « religion ». Il est normal que des sociétés continuent de faire l’autopsie sur les corps avant de les enterrer. Pourquoi cela fait problème si tant il est vrai que l’église pense que le corps est poussière ?

Relevons également, toujours à l’attention des prêtres, que l’autopsie tout comme la science divinatoire et la médecine africaine ne sont pas les résultats d’une accumulation de parchemins arrachés parfois contre des millions de francs CFA, aux institutions académiques, mais des savoirs divins confiés à quelques rares élus pour servir l’humanité. On ne saurait dire d’un tradipraticien qu’il n’a pas étudié à l’université. Comme l’on ne saurait nier à un chef de village ses qualités de guide spirituel et religieux de sa communauté. Ces gens-là n’ont pas besoin de l’école pour être qu’ils sont auprès de leurs communautés.

Notre Père est allé jusqu’à se demander si tout le monde croit en Dieu. Un faux débat ! Dans la mesure où le problème de l’Homme n’est pas de savoir si Dieu existe ou pas, mais de savoir comment les civilisations définissent et magnifient Dieu. Et ces humains pourraient, chacun en ce qui le concerne, répondre à cette question selon leurs croyances religieuses, selon leurs aspirations philosophiques.

Notre prêtre a quand même eu le mérite d’inviter les uns et les autres à questionner la raison qui justifie leur présence aux obsèques d’une personne disparue. Ceci est d’autant important qu’il s’agit pour chaque participant, pendant qu’il est présent au deuil, de pouvoir participer avec tous les autres personnes réunies en ce lieu, à élever la voix afin que Dieu puisse entendre le rapport des vivants sur l’existence de celui qui se présente devant sa porte pour solliciter sa miséricorde et sa clémence. Parfois le prêtre invité par une famille pour conduire la prière est le premier à pousser le défunt dans les feux de l’enfer. Surtout si l’argent ne coule pas à flots.

Nos prêtres et nos pasteurs ont intérêt de savoir qu’une nouvelle église est en marche. Il s’agit de cette église qui reconnait aussi bien Dieu et ses mythes que sont Jésus et Marie que l’existence et la prééminence des divinités et des ancêtres. C’est cette église-là que nous voulons pour bâtir notre Afrique, c’est cette église-là qui ne fait pas de la discrimination entre les enfants de Dieu. C’est cette église-là qui n’a pas besoin de fards pour servir Dieu. Quand nous « jetons » le pistache sur les crânes, quand nous le faisons aux divinités de nos quartiers et villages, nous ne le faisons pas à Jacob ou à Moise que nous n’avons pas connus, mais nous le faisons à notre aïeux,à nos ancêtres qui sont des anges auprès de Dieu. Dieu ne rejette pas ses enfants dans le feu de l’enfer. L’Enfer ? Que les prêtres et les pasteurs lavent leur cœur afin de servir Dieu qui les voit et entend.

Un prêtre pendant la messe

Maman NGUEMO Céline était une personne bonne. Nous l’avons personnellement côtoyée, dans le cadre de certaines activités organisées par son fils Landry NGUEMO, et nous l’avons identifiée comme une personne très compréhensive et généreuse. Que cette bonté de cœur soit prise en compte dans le jugement dernier qui lui ouvre la porte de l’éternité.

Augustin Roger MOMOKANA

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