Menoua – Dschang : Hommage aux victimes de l’accident de la circulation survenu le 27 janvier 2021 à la falaise de Dschang.

« Une fois encore, je vous renouvelle la compassion émue du gouvernement ainsi que celle de l’ensemble de notre région. Je souhaite que les cérémonies funéraires que vous allez organiser dans vos familles en leurs mémoires se déroulent dans le recueillement, la prière et la dignité afin que les âmes des disparus reposent en paix ».

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 5 septembre 2021.

Le gouverneur de la Région de l’Ouest, AWA FONKA Augustine, a présidé vendredi 3 septembre 2021 la cérémonie d’hommage aux victimes de l’accident de la circulation survenu le 27 janvier 2021 à la falaise de Dschang.

« Ce jour-là, il était impossible de reconnaitre son ennemi, son adversaire, nous étions plus proches que jamais. Unis dans la peine et la douleur que nous partagions avec les familles des victimes du drame qui venait de se produire à la falaise de Dschang. Ce sont des chiffres effrayants qui ont envahi la République. De 49, on s’est finalement arrêté après les fouilles à 53. 53 victimes de trop et tant de vies brisées sur la route du fait de l’action irresponsable de l’homme. », Jacquis KEMLEU TCHABGOU, Maire de la Commune de Dschang.

Au lieu de ses habits traditionnels de fêtes, la place des fêtes de Dschang a revêtu les habits de la cour du deuil. 15 cercueils, des photos et des photos installées à cette place avaient radicalement transformé son visage.

Outre les discours, notamment celui du maire de Dschang, celui du représentant des familles endeuillées, du gouverneur de la Région de l’Ouest, la cérémonie a été couronnée par la remise des appuis de l’Etat aux familles endeuillées par l’accident. Chacune d’elles a reçu une enveloppe d’1 million de francs CFA à titre de réconfort.

La cérémonie a été ouverte par une messe œcuménique ou encore célébration multiconfessionnelle. Ainsi les pasteurs, le prêtre, l’imam de la mosquée centrale de Dschang ont élevés leurs prières vers le Très Haut afin qu’il accueille les défunts dans son royaume, afin qu’il donne de la force aux familles éprouvées pour surmonter cette épreuve.

« Nous te prions pour le repos de l’âme de tous ces frères et sœurs qui sont partis depuis la nuit du 27 janvier dernier et nous te rendons grâce de ce que tu as maintenu leurs familles respectives dans ta paix et dans ta consolation » : le pasteur de l’EEC.

Pour clôturer cette cérémonie, les corps ont été remis aux familles pour ceux identifiés, à l’équipe municipale pour ceux non identifiés. Ils ont été acheminés au cimetière municipal où une fausse commune avait été ouverte.

Il faut dire que certaines familles, qui avaient déjà fait le deuil conformément aux us et coutumes bamiléké n’ont pas cru bon de ramener les corps en famille. Ils les ont transportés au cimetière municipal pour qu’ils soient enfouis dans la fosse commune.

Chez les Bamiléké de la Menoua ou des Bamboutos, lorsqu’il y a mort comme ceux de l’accident du 27 janvier 2021 qui a fait 58 morts au niveau de la Falaise de Dschang, les familles se rendent sur le site de l’hécatombe pour ramasser de la terre ou une pierre qu’elles rapportent au village pour le deuil. Cette terre est préparée et déposé sur la tombe du défunt. Plus tard elle sera ramassée pour former « la tête » du défunt.

« Des familles entières ont été consumées par ces flammes. C’était la consternation totale. En cette circonstance solennelle nous remercions le Chef de l’Etat S.E. Paul Biya, père de la nation, pour l’attention particulière qu’il a accordée à cette catastrophe. En réagissant promptement à leur cause, il a prescrit une enquête pour établir les responsabilités des auteurs », TSAGUE est le représentant des familles endeuillées.

Le gouverneur AWA FONKA Augustine a exposé les causes des accidents de la circulation au Cameroun. Les statistiques indiquent les responsabilités. Ainsi, « 35% sont causés par l’excès de vitesse, 10,5% par la conduite en état d’ébriété, 10,5% par le manque de maitrise du volant, 5% par les mauvais dépassements, 17% par l’état des véhicules, 10% par l’état des routes, et 10% par d’autres facteurs ». Ces statistiques prouvent que les responsabilités sont partagées. D’où la nécessité d’une « prise de conscience collective ». Cela, dit le gouverneur de la région de l’Ouest, nous permettrait de « mettre l’être humain au centre de toutes nos entreprises ».

Pour rappel, dans la nuit du 27 janvier 2021, un bus de transport de passagers appartenant à l’agence Menoua Voyages e provenance de Douala, a été percuté au niveau de la Falaise de Dschang par une camionnette transportant du carburant frelaté. S’en est suivie une explosion qui a complètement brûlé et calciné les passagers du bus de 70 places. Le bilan officiel est de 58 morts brûlés et calcinés. Les 7 autres corps ayant été récupérés par les familles.

Augustin Roger MOMOKANA