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Obsèques : ils ont été inhumés samedi dans leur village respectif.

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Trois personnalités, trois hommes publics très connus aussi bien à Dschang qu’à travers le Cameroun. Le weekend dernier a été marqué par leur enterrement dans leur village respectif.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 11 octobre 2021.

AKEFAC Philip NGUETSA, secrétaire général de la Commune de Bafoussam 3e, FOMEGANG LEKELEM, professeur des Écoles normales d’instituteurs, et Michel NOUTSAWO, professeur des Lycées d’enseignement général ont été remis à la terre de leurs ancêtres samedi dernier, respectivement Fongo-Tongo, Fongo-Ndeng, et Bamendou.

AKEFAC Philip NGUETSA, dit « SG »

Témoignage du frère du défunt

AKEFAC Philip NGUETSA, né le 20 mai 1971 à Fongo-Tongo est décédé « de façon foudroyante » le 6 septembre 2021 à Balessing alors qu’il regagnait son domicile familial à Dschang après une journée de travail bien remplie. Philip a été successivement secrétaire général de la Commune de Dschang, puis de Mbouda, et depuis 2019 de Bafoussam.

« C’est en novembre 2019 que Monsieur AKEFAC est affecté à la Commune d’arrondissement de Bafoussam 3e en qualité de Secrétaire général. Très tôt il s’est distingué par un sens élevé de responsabilité, notamment sa franche collaboration avec la hiérarchie de sorte que la confiance envers lui était évidente. Il était également très soucieux du personnel à sa charge et aura œuvré à l’amélioration des conditions de leur travail. Il a pesé pour que les salaires soient revus à la hausse. La collaboration dévouée, assidue et ponctuelle. C’est lui qui ouvrait et refermait les portes de la mairie, bien que résidant à Dschang. La collaboration dévouée, il l’a prouvée par sa disponibilité, par son efficacité. Malheureusement ce fameux 6 septembre, comme si la mort l’appelait, en partant du service plus tôt qu’à l’habitude il a dit aux gardiens: "Laissez les portes ! Je suis pressé. Le A2 viendra fermer les portes (…)" Il est parti plus tôt que d’habitude, à 17heures et non pas à 18 heures comme d’habitude. »

Une veuve lourdement attristée

Sa levée de corps a eu lieu vendredi, à la Morgue de Dschang. Suivie de la cérémonie des obsèques en l’enceinte de la Permanence du parti RDPC. Présidée par le Maire de Bafoussam 3e entouré de ses adjoints, des conseillers municipaux et du personnel de sa mairie. La famille du défunt, ses amis, de nombreux compatissants étaient également présents. Après cette cérémonie, la dépouille a été transférée à Fongo-Tongo, après une escale au domicile du défunt sis au Nouveau Quartier.

Ses collègues, une trentaine de secrétaires généraux et chefs financiers en service dans la région de l’Ouest étaient également présents. « la mort créé la tristesse, puisqu’on se sépare définitivement d’une personne qui nous a été trop chère. La tristesse engendre l’angoisse. Nous sommes angoissés, affligés par la brutalité de la séparation avec ce collègue. Il a beaucoup contribué pour la mise en place de notre cercle », s’est fendu le président de l’amicale des secrétaires généraux et chefs financiers des mairies de la région de l’Ouest.

Le Maire de Bafoussam 3e pleure la disparition d'une collaborateur assidu et compétent.

L’inhumation de « SG » s’est déroulée samedi 09 octobre 2021 dans son village natal à Fongo-Tongo. C’était en présence d’une foule nombreuse d’amis, de connaissances, des membres de sa famille ainsi que de sa belle-famille.

FOMEGANG LEKELEM, dit « Maire ETO’O »

Le Maire Eto'o quitte définitivement la scène

Le Maire ETO’O, comme certains l’appelaient affectueusement du temps qu’il était 3e Adjoint au maire de la Commune de Dschang, successivement sous le maire Docteur MOMO Bernard (2007-2013) et Sa Majesté Fodenkop DONFACK Baudelaire (2013-2020), après avoir été 2e Adjoint au Maire de la Commune Rurale de Dschang de 2002-2007. Il est décédé mardi 24 août 2021 l’hôpital général de Douala, des suites de maladie.

Né le 1er décembre 1953 à Fomeguia, groupement de Fongo-Ndeng, dans la commune rurale de Dschang, il réalise son parcours scolaire dans son village natale et au Collège Lélé à Nkongsamba. Il est sanctionné en 1978 par l’obtention d’un Bac A4 Allemand. Admis au CAPI à l’ENI-ENIA de Bafoussam (1984), puis le Diplôme de professeur de l’enseignement normal (1991) à l’École normale supérieur de Yaoundé.

Des orphelins atteints à la fleur de l'âge

FOMEGANG LEKELEM a été tour à tour enseignant au CES de Bafoussam (1980-1982), Directeur de l’École publique de Ngolonguini (Kaelé, 1984), Enseignant à l’École Annexe de Maroua (1985), Enseignant de Biologie au CES de Mbouda (1992), Enseignant à l’ENIEG de Dschang (de 1997 à 2013, date de son départ à la retraite).

L’homme lion, l’homme eau, le coach, le super héros, le meilleur ami, Kater, Titileke, Igwe, Maire Eto’o, The Special One, Ati’oo. Ses petits noms étaient aussi nombreux que les images qu’il renvoyait à ses épouses, ses enfants, ses beaux-fils, ses belles-filles, ses frères, ses amis, ses connaissances.

NOUTSAWO Michel, dit « Tégni SOB KEMDA »

Un père, un enseignant, un conseiller, un ami.

L’enseignant de Mathématique, surnommé « Père Mich » par ses élèves, étudiants de l’Université de Dschang était décédé le 26 avril dernier dans des conditions troubles. Il a été inhumé samedi 9 octobre, ses funérailles ont immédiatement suivies les obsèques.

Né en 1954 à Mentsa, groupement Bamendou, dans l’arrondissement de Penka-Michel, NOUTSAWO Michel a mené une riche carrière d’enseignant. En 1976, pendant qu’il effectue son service militaire obligatoire, il est admis au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé.

De 1981 à 2014, il est tour à tour enseignant au lycée classique de Mokolo, puis au Lycée classique de Dschang. Par la suite il est promu Directeur du CES d’Apouh (Fongo-Tongo), Proviseur du Lycée de Nzenme, proviseur du Lycée de Medjo (Bandjoun), proviseur du Lycée de Fokoué. C’est de cet établissement qu’il est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2014.

Ses épouses racontent les circonstances de sa mort

Le médecin a livré notre époux à la liste des victimes de la Covid-19. C’est un démon dans une blouse blanche. Il est malade de ses reins. De l’hôpital Saint Vincent de Paul on lui recommande un néphrologue. C’est ainsi que sa famille obtient un rendez-vous avec un spécialiste dans une clinique à Bafoussam. Le 26 avril, à l’aube, le patient et ses deux épouses sont à Bafoussam pour le rendez-vous. Le Docteur est absent et ne sera là qu’à 16heures. Entre temps, à la demande du personnel médical, le patient effectue un test anti-Covid qui révélé négatif. A son arrivée, le médecin qui était très attendu ne va pas se préoccuper du malade, malgré les supplications des épouses. Lorsqu’il consent enfin à voir le malade, c’est pour se tenir à quelques mètres pour lui demander de faire quelques gestes du corps. En fin il va demander que le malade soit référé à l’hôpital régional de Bafoussam. D’abord en rassurant qu’il ira avec la famille. Puis le moment de prendre la route, il débine. A l’hôpital régional, « ils reconnaitront mon écriture et ma signature », exposent les garde- malade. Le carnet du patient porte les mentions : Test Covid : Négatif ; Genre de mort : Covid-19.

Le chef du quartier rend hommage à son président du comité de développement

Quelque temps après l’accueil du patient à l’hôpital régional de Bafoussam, la famille est tenue à l’écart, aucune prise en charge. Lorsque finalement ces gens annoncent que papa NOUTSAWO Michel est décédé- ils l’ont enfermé dans une housse en plastique- c’est pour leur demander d’aller chercher 300 000 FCFA pour venir retirer la dépouille.

Face à cette curieuse situation , les épouses décident de solliciter le concours des amis du défunt à l’effet de mieux comprendre ce qui s’est passé enfin de rétablir la vérité. C’est ainsi que l'un d'entre eux envoie le contact de Équinoxe TV. Quelques minutes après les reporters sont présents. Ils interrogent la famille et se rendent à l’hôpital régional pour la suite de l’enquête. Sentant leur coup foiré,l'hôpital appelle la famille afin qu’elle vienne retirer le corps. Sans plus payer les 300 000 FCFA.

AKEFAC Philip NGUETSA, FOMEGANG LEKELEM, NOUTSAWO Michel. Vous avez brillamment accompli votre destine. Puisse votre repos être paisible et éternel !

Augustin Roger MOMOKANA