Interview : « Le festival Komane est différent parce qu’il fait intervenir avant tout la jeunesse estudiantine » : Madame KWEDI KINGUE.

Par Sinotables 24/10/2017

M. MINTUNU  François-Gérard et Madame KWEDI Kingue Jeanne  du MINAC.jpg

M. MINTUNU François-Gérard et Madame KWEDI Kingue Jeanne du MINAC.jpg


La quatrième édition du festival Komane, festival du film éducatif de Dschang, du 1er  au 3 février 2018, aura pour thème : « Cinéma, support pédagogique par excellence pour la valorisation  de notre patrimoine culturel ». En prélude à cette édition une délégation du ministère des arts et de la culture vient de séjourner à Dschang où elle a eu des séances de travail avec le comité directeur du festival d’une part, et avec les acteurs de cinéma réunis au sein de l’Ajac d’autre part.

La délégation conduite par M. MINTUNU François –Gérard, Sous-directeur de la cinématographie, des normes et des  contrôles au MINAC, comprenait Madame KWEDI KINGUE Jeanne Flora. Elle est Chef du Service des Statistiques  du Fichier vidéo et audiovisuel et Monsieur TCHINDA Achille, Chef Service de la cinématographie. Pendant 48heures, les envoyés du MINAC ont eu des échanges fructueux avec les parties prenantes, comme l’atteste ces témoignages recueillis par Sinotables.com.

C’est quoi un film éducatif ?

Mintunu François-Gérard : Nous appelons film éducatif les films à thème. Le thème c’est quoi ? Le contexte dans lequel vous vivez peut vous amener à créer un thème. Une situation que vous observez peut vous amener à créer un film. Même à partir d’un rêve on peut créer un film. Il s’agit de faire un constat pour penser. Le film éducatif apporte une certaine leçon au cinéphile. Celui qui voit le film, à la fin de cette projection doit être capable de tirer une leçon qui l’aidera soit à changer d’attitude soit s’il n’est pas réceptif à rester, mais je pense que à la fin d’un visionnage de film, quel que soit l’homme qui l’a visionné il y a un regain. On se pose des questions pour quoi j’ai souvent fait ceci ? Ce film m’a montré que je peux changer pour améliorer ma condition de vie, soit faire de mon voisin, soit celle de mon épouse, soit celle de mes enfants à la maison. Donc l’éducation dans le film fait partie d’une éducation qu’on part de la maison avec.

En quoi le Festival Komane est-il différents des autres festivals qu’on a au Cameroun, c’est son côté éducatif ?

Madame Nkwedi  Kingue Jeanne Flora : Le festival  Komane est différent parce qu’il fait intervenir avant tout la jeunesse estudiantine. Nous savons que la jeunesse est le fer de lance de la nation. Et dans une société où nous sommes entrain de prôner le vivre ensemble, il est question de pouvoir amener ces enfants, à travers le cinéma, à cultiver ce vivre ensemble. Comme M. le sous-directeur l’a si bien dit, le film éducatif c’est le film qui amène à se poser des questions, à se remettre en question, et à procéder à un changement d’attitude. Il y a des problèmes environnementaux, des problèmes familiaux, des problèmes éducationnels. A partir d’un film qu’on a visionné nous pouvons savoir le camp qui est le meilleur. A la fin du visionnage d’un film on a toujours quelque chose de positif, et c’est ça qu’il faut louer dans le film éducatif. Et on encourage les promoteurs du festival Komane pour qu’ils continuent d’insister dans cette lancée et d’intégrer plus d’élèves et d’étudiants qui pourront nous aider à changer les mentalités.

Le ministère, encourage-t-il les producteurs ou réalisateurs à participer à tel ou tel festival ?

Mintunu François-Gérard : Mais bien sûr. Puis qu’un festival de films veut dire venir avec des films. S’il n’y a pas de films ; il n’y a pas festival. Le ministère ne peut pas regarder seulement les producteurs. Le ministère regarde tout le cinéma. Les maillons de la chaine on part de l’acteur au producteur, ou de l’inverse. Ce n’est pas le ministère qui doit appeler les producteurs pour leur dire qu’il y a un festival. On dit « le ministère accompagne toute la chaîne du cinéma », du producteur au réalisateur en passant par les acteurs, le scénariste…même le photographe de plateau. Le producteur met son argent pour le film. En cela il a l’obligation de prendre part aux festivals nationaux et internationaux. Parce que cela l’amène à avoir une vision beaucoup plus étendue. Lorsqu’il vient aux festivals il peut rencontrer des réalisateurs, d’autres producteurs, des acteurs, etc. ça fait qu’il peut aussi améliorer la qualité de ses productions. Le producteur doit être dans le cinéma.

Madame Nkwedi  Kingue Jeanne Flora ?

A la base le cinéma est une activité libérale. Le promoteur du festival donne son orientation sur son festival. Ce n’est pas le ministère des Arts et de la culture qui vient lui dire ce qu’il doit rechercher. Quand le promoteur lance son festival, dans la programmation il y a l’Appel à films ; Celui qui veut avoir son film en compétition  envoie son film. Il a son plateau technique qui analyse les films, retient les films qui doivent passer. Si le ministère a une base de données, s’il a besoin de producteurs il peut solliciter l’expertise du ministère. On met la base de données à sa disposition, en fonction de ses besoins. C’est le promoteur qui donne une orientation à son festival. Le ministère pour sa part conseille, accompagne, fait le suivi.

Vous venez du ministère des arts et de la culture  à l’invitation du festival Komane qui se revendique d’être un festival du film éducatif. Que doit-on retenir de votre rencontre ?

Mintunu François-Gérard : Oui. Nous avons eu une séance de travail avec les responsables du festival Komane. Une séance de travail qui a duré pratiquement quatre heures d’horloge. Et j’avoue, en tant que sous-directeur, que je suis comblé de leurs attentes. Ils nous ont posés des questions sur tous les plans : que ce soit protocolaire, financier, organisationnel, etc. Notre séjour à Dschang, n’a pas été une aventure. C’était une séance de travail technique qui a permis à ces jeunes de se sentir encadrés, compte tenu du fait que cette présence parmi eux à plutôt contribué aussi à galvaniser les jeunes qu’ils encadrent eux-mêmes. Nous avons également rencontré les jeunes acteurs. Nous avons vu leurs courtes productions, nous en avons fait des critiques, nous avons fait des suggestions, si bien qu’à l’issue de cet entretien que nous avons eu avec eux ils se sont sentis vraiment encadrés. Je leur ai dit que quand nous reviendrons ici, peut-être dans un, deux ou trois mois, je vais continuer à leur poser des questions sur le comment est-ce qu’ils ont évolué, par rapport à notre première séance d’autocritique. Ce serait un plaisir pour nous, quand nous reviendrons, qu’ils aient fait beaucoup plus que ce qu’ils faisaient jusque-là. Nous nous sommes rendus compte qu’ils ont de très bons encadreurs, leur formation est de taille. Parce que nous avons vu leurs productions en direct, nous avons discutées. Je pense pour ma part que notre séjour a été bénéfique et pour nous et pour eux.

 Madame Nkwedi  Kingue ?

Comme Monsieur le Sous-directeur l’a si bien dit, nous avons eu une séance de travail déjà avec le comité directeur du Festival Komane et nous avons travaillé sur leurs attentes. Nous avons échangé, nous avons fait des suggestions. Dans l’après-midi nous avons travaillé avec les acteurs, après avoir regardé leurs productions. Nous avons apporté certaines suggestions de correction et nous pensons que le travail qui est fait par Komane est un travail qui mérite d’être loué. Il faut vraiment saluer quand les jeunes se mettent ensemble pour faire la promotion d’un art. Il faut les encourager et c’est ce que nous essayons de faire. C’est ce que nous avons fait en répondant présents à cette invitation. 

Cette présence et surtout ces échanges vont donner un autre ton à la quatrième édition qui se prépare, Madame  Kwedi Kingue ?

Komane est bientôt à sa quatrième édition. Il y a des collègues qui ont pris part à la deuxième édition. Moi-même j’ai pris part à la troisième édition. C’est ça l’accompagnement institutionnel, l’accompagnement technique. On est là pour faire le suivi des activités. Et lorsque nous sommes invités, nous venons pour qu’ils ne se sentent pas orphelins, nous venons parce que cela relève des missions du ministère des arts et de la culture d’accompagner  le cinéma  camerounais. Il y a un Compte d’affectation spécial qui est logé dans l’enceinte du ministère des Arts et de la culture pour soutenir la politique culturelle en générale, et comme le cinéma fait partie de la politique culturelle il suffit de solliciter, de remplir les conditions ; et dans la mesure des disponibilités le ministère peut mettre à la disposition, pas seulement de Komane, mais de tous les festivals ce qu’il peut et en fonction des disponibilités.

Mintunu François-Gérard : Bien sûr. Les précédentes éditions, il est vrai que mes collaborateurs y étaient, il y avait déjà un début d’espoir. Vous savez, déplacer des responsables des services centraux, c’est pas toujours évident. Deux chefs de service et un sous-directeur sont venus à Dschang pour le festival Komane qui se tient dans quelques mois.  Je suis sûr que l’édition qui arrive sera beaucoup mieux organisée que les éditions précédentes. J’ai la certitude, parce que j’ai approché les uns et les autres.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




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