Interview: « Mon entreprise est spécialisée dans la conception et la réalisation d’un robot détecteur des mines, explosifs et gaz » : Dongo Vanyl.

Par Sinotables 10/11/2017

M. DONGO WOUBENG Vanyl Baumes, DG MINE ROBOTICS.jpg

M. DONGO WOUBENG Vanyl Baumes, DG MINE ROBOTICS.jpg


Dongo Vanyl, étudiant en physique à l’Université de Dschang va mettre au point un robot détecteur des mines dans les champs de guerres et  les gaz dans les eaux. Notre reporter a eu un entretien avec le jeune chercheur qui veut innover une technologie existante, avec l’appui du ministère des mines et celui de la Défense. Il vient d’être incubé par l’Université de Dschang qui a livré jeudi 9 novembre 2017, la première cohorte de porteurs de projets admis au sein de son Centre d’Appui à la Technologie, à l’Innovation et à l’incubation de l’Université de Dschang (CaTI²-UDs).

Qui est Dongo Vanyl Baumes ?

Moi c’est Dongo Woubeng Vanel Baumes, étudiant à l’Université de Dschang, Faculté des Sciences, Physique option électronique. Je suis né à Dschang le 22 décembre 1994. Je suis à présent un incubé du CATI² de l’Université de Dschang. 

Vous êtes depuis ce jour un chef d’entreprise, dans la mesure où vous avez reçu, comme vos 17 autres camarades, du chef du Centre des formalités  de création d’entreprise (CFCE) à Bafoussam, le document qui fait de vous un chef d’entreprise. Dites-nous, en quoi consiste votre entreprise ?

Mon entreprise est spécialisée dans la conception et la réalisation d’un robot détecteur des mines, explosifs et de gaz.

Pourquoi une entreprise au Cameroun pour déminer les théâtres de guerre et étudier les eaux ?

Après la catastrophe du lac Nyos en 1986, où un gaz a décimé près de la moitié de la population, si on disposait d’un dispositif permettant d’analyser la composition chimique de l’air et de transférer cela en une base de données on aurait pu prévenir cette catastrophe. S’agissant de la guerre que le Cameroun mène contre Boko Haram, nous avons constaté que beaucoup de véhicules étaient détruits à cause des mines explosives placées sous le sol. Nous avons pensé un système pour débusquer cela dans les champs de guerre. Il est vrai qu’une technologie pareille existe déjà ; mais nous lui apportons une innovation très marquante.

En quoi consiste l’innovation ?

Nous avons équipé notre robot d’un détecteur de métaux, ce qui veut dire que le robot détecte le métal afin de donner la position GPS de la mine en question. Avec notre robot, il est possible de dessiner une carte, avec exactitude, les différentes mines possibles. Ainsi les champs qui ont connu des guerres pourront être rapidement explorés et déminés.

Comment s’opère la mise en place d’un tel robot ?

Notre entreprise a besoin d’un fond d’amorçage. Nous avons besoin  de moins de 20 millions de francs pour démarrer ses activités. Les robots sortis de notre entreprise ne seront pas chers. Nous avons minutieusement étudié notre projet, réalisé un business plan et nous savons que notre entreprise n’est pas un rêve.

Dites-nous, qui sont-ils vos partenaires ?

Le ministère des Mines et du développement technologique a pris en charge  le financement de mon projet. Il a mis une bourse à ma disposition. Elle me permet de parfaire le dispositif.

Qui sont vos clients ?

Notre robot intéresse les services de sécurité des pays. Toute armée se doit de fabriquer ses propres outils pour combattre l’ennemi. Déjà, les robots démineurs existent, mais ils sont de taille gigantesque et en plus très coûteux. Notre robot a comme particularité la miniaturisation du système, la puce GPS qui lui permet de donner la position et les coordonnées géographiques de la mine. Egalement, nous disposons d’une caméra vidéo permettant d’envoyer notre robot à une grande portée, c’est-à-dire qu’on a un champ de vision pour pouvoir commander notre robot à distance. Donc étant à la base, on peut envoyer le robot sur le terrain mener ses activités et le ramener.

Vous bénéficiez du soutien du ministère des Mines et du développement technologique. Qu’en est-il du ministère de la défense ?

Actuellement le CATI² est entrain de suivre notre dossier. Notre projet est au ministère des Mines déjà. Et ce ministère et l’Université de Dschang ont promis de nous faire suivre un stage à l’Emia (Ecole Militaire InterArmées). Ce qui va nous permettre de mieux parfaire notre dispositif.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




Culture - Communautés - Services - Chroniques - Magazine - Sports - Economie - Politique - Monde - Cameroun - Dschang - Actualités

Voir aussi


Medias


Chroniques


Carnet