Dr TAKOUDJOU TASSONBA Léon à Sinotables.com : « Le département de la Menoua mérite cette structure de formation que le président de la république vient de nous donner.»

Par Sinotables 04/12/2017

Dr TAKOUDJOU TASSONBA Léo, Médecin chef du district de santé de Dschang..jpg

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Dr Takoudjou Tassonba Léon est le médecin chef du district de santé de Dschang. Notre journal a recueilli son avis par rapport aux réalités de la mise en place effective de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques récemment créée par le président de la République.

Sinotables.com : Parlez-nous de la situation globale dans le district de santé de Dschang dont vous avez la charge.

Dr Takoudjou Tassonba Léon : C’est un gros district de santé. Il compte 22 aires de santé étendues sur quatre arrondissements : Fongo-Tongo, Fokoué, Nkong-Ni et Dschang. Avec une population de 226 173 habitants. 65 formations sanitaires reconnues. Vous pouvez vous-même imaginez la charge qui est la nôtre.

Quel regard le médecin chef du district de santé de Dschang que vous êtes jetiez-vous sur la filière biomédicale de l’université de Dschang ?

Certains  étudiants de la filière biomédicale de l’université de Dschang, en troisième année, présentaient le concours d’entrée en 4ème  année de toutes les facultés de médecine du Cameroun. Et ils étaient parmi les meilleurs. D’autres, en 4ème  année, partaient plutôt en Italie pour finir leur cycle de pharmacie.  Maintenant qu’on vient de créer la faculté de médecine de l’université de Dschang il va de soi que tout se passera sur place.

Le texte précise bien que les étudiants inscrits dans cette filière sont transférés à la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques. Mais en troisième année, ils vont présenter le concours d’entrée en 4ème  année de l’université de Dschang.

Vous l’avez donc appris, Docteur, l’université de Dschang est désormais dotée d’une faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques.

Oui en effet. Et pour cela nous tenons à dire merci à Son Excellence Monsieur le président de la République pour avoir pensé à notre département. Nous tenons aussi à dire merci aux valeureux fils du département, en commençant par madame feue Françoise Foning qui est partie sans avoir vu et célébré le fruit de l’un de ses multiples combats ; sans oublier toutes les parties prenantes.

Dites-nous, Docteur, comment le médecin que vous êtes accueille-t-il ce type de nouvelle ?

Il s’agit d’un accueil dans le soulagement. Parce que les étudiants de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de l’université  de Dschang à Dschang, déjà à partir de la quatrième année,  vont effectuer leurs stages dans les formations sanitaires implantées dans le département de la Menoua, et au-delà.

Et parlant des formations sanitaires implantées dans le département de la Menoua, je vais dire que nous avons l’hôpital de district de Dschang qui a un plateau adéquat. Nous avons l’hôpital Saint Vincent de Paul de Dschang. Nous avons le Centre sa santé Notre Dame de Batsengla. Et plus loin, les Italiens sont entrain de construire une autre structure sanitaire digne de ce nom, avec un plateau technique haut-de-gamme dans l’arrondissement de Fokoué, plus précisément dans le groupement Fotomena et dans le quartier Tchoueleveng. Le chantier est lancé. Donc, les étudiants de la faculté de médecine de l’université de Dschang à Dschang ne pourront pas manquer où faire le stage digne de ce nom. Je n’ai pas cité l’hôpital de district de Penka-Michel. Je n’ai pas parlé de l’hôpital de district de Santchou. Je ne suis même pas allé loin, parce que pour dire vrai, le centre médical d’arrondissement de Baleveng, le centre médical de Ndoh Djuttitsa, le centre médical d’arrondissement de Fongo-Tongo et celui de Fokoué, l’hôpital Ad Lucem de Foto…sont autant de structures sanitaires du département de la Menoua qui ont des plateaux techniques adéquats, et avec des médecins qui peuvent encadrer leurs cadets. Le département de la Menoua méritait cette structure de formation que le président de la République vient de nous donner.

L’opinion publique parle de la transformation de l’hôpital de district de Dschang en hôpital régional ou en hôpital de référence comme condition sine qua none pour le lancement effectif de la faculté de médecine ?

Il va de soi que l’hôpital de district de Dschang, avec le plateau technique et le directeur en poste et tout ce qu’il a déjà fait pour cet hôpital, mérite d’être érigé en hôpital régional annexe. Cela va suivre et c’est évident.

Est-il possible de poser le problème en termes d’infrastructures d’accueil, de laboratoires, de…

Holà là !  L’université de Dschang attend cette faculté de médecine depuis plus de six ans. Pour parler de laboratoire… je ne parle pas avec passion, l’université de Dschang possède un laboratoire haut de gamme. Je le dis parce qu’il s’agit de ce que j’ai vécu.  

Que faut-il entendre par faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques ?

Ça veut dire tout simplement qu’on a deux filières : au  moment où on constitue le dossier  du concours d’entrée dans cette faculté, on doit choisir soit la médecine générale soit la pharmacie. Cela signifie qu’aux termes des sept années de formation on sort médecin généraliste, et qu’aux termes de cinq années de formation on sort docteur en pharmacien.

Peut-on, parlant des sciences pharmaceutiques, assister un jour à la création d’une industrie pharmaceutique dans la Menoua ?

Cela est possible. Parce que, déjà, ce que les Italiens sont entrain de faire en partenariat avec l’université de Dschang se situe dans cette logique. Je ne serais pas surpris qu’un jour les italiens ouvrent une firme pharmaceutique dans le département de la Menoua, avec pour siège Dschang.

Vous parlez des Italiens avec l’université de Dschang. Que font-ils concrètement ?

La fabrication des médicaments. Les étudiants en pharmacie, en 3ème année font un stage en Italie pour apprendre la fabrication de médicaments. Maintenant que le président de la République a créé une faculté des sciences pharmaceutiques à l’université de Dschang, je pense que ce partenariat va permettre qu’à l’université de Dschang la fabrication des médicaments soit effective.

Certaines personnes parlent de la pénurie d’enseignants de médecine, Docteur !

L’université n’a pas ses enseignants. Les enseignants d’université sont vacataires. On n’empêchera jamais à un enseignant de la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I de venir enseigner à Dschang. Et cela est pareil pour toutes les autres universités.  S’il fallait réfléchir dans ce sens, comment serait-il possible à l’université des Montagnes de trouver des enseignants pour faire tourner sa faculté de médecine ? Le problème d’enseignants ne se pose pas. Et je peux vous dire que l’université de Dschang pourra avoir, grâce à ses partenariats avec les universités italiennes autant d’enseignants qu’elle souhaite.

Quelles sont, à votre avis, les retombées géostratégiques que Dschang tirera de sa faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques ?

Comme je venais de dire, l’université de Dschang va former dans deux filières.  Si on nous accorde 100 étudiants dans la filière médecine générale et 60 étudiants  dans la filière pharmaceutique, cela représenterait 160 étudiants en première année.  Vous imaginez ce que cela va représenter au terme de sept ans ? Vous aurez la taille de la population qui ira grandissante. Et les bénéficiaires sont aussi les propriétaires de mini cités. Dans les formations sanitaires vous voyez comment la main d’œuvre de qualité, c’est-à-dire que ces étudiants de cinquième année en stage vont rendre les consultations plus fluides.

Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes qui hésitent pour s’engager, ce serait lequel ?

Je vais le dire une fois de plus sans passion. Dschang est une ville estudiantine particulière; par rapport aux autres. Elle est favorable aux études. Quand il fait frais, on apprend et on assimile ses leçons plus aisément que quand il fait chaud. Pour cela je veux encourager mes petits frères, mes enfants à postuler pour le concours de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de l’université de Dschang. Parce que comme le climat étant favorable, la formation sera aussi de qualité. Que personne ne les trompe, au Cameroun jusqu’à présent, on n’a pas des médecins de trop. Notre corps médical est en dessous de la moyenne.

Quelles sont les dispositions prises au niveau du district de santé de Dschang pour accueillir cette nouvelle école qui vous concerne au premier chef ?

En tant que médecin d’abord, j’ai l’art d’encadrer. Et je me sens très à l’aise quand je transmets ce que je connais  et sais faire. Maintenant, ce que nous avons souhaité est arrivé. Chacun va se dépenser à sa façon.  Ces enfants, je les attends. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut faire la différence. L’université de Dschang a toujours fait la différence. La faculté de médecine de l’université Dschang fera la différence. Et elle fera cette différence avec nous. Maintenant, en tant que chef de district, lors des réunions de coordination je vais exhorter tous mes confrères médecins, tout le personnel infirmier à mieux encadrer ces enfants quand ils seront dans les lieux de stage. Parce que le médecin n’est pas forcément formé par les médecins. Le médecin doit connaître les soins infirmiers. Parce que pour être un bon chef, tu dois connaître ce que ton subalterne connait. Sinon tu n’es pas un bon chef pour lui. Cela pour dire que le médecin doit maitriser  les soins infirmiers avant de maitriser l’art médical. Pour ce faire il a besoin de l’aide-soignant. Nous allons exhorter le personnel à mieux encadrer ces enfants pour que demain ils assurent efficacement et valablement la relève.

Le gouvernement vous interpelle sur le nécessaire à faire pour l’opérationnalité de cette faculté de médecine qui vient d’être créée à Dschang. Vous lui répondez quoi ?

Comme je l’ai dit plus haut, l’université de Dschang attendait cette faculté de médecine depuis bien longtemps. Et pour dire vrai, on a juste changé le nom du département des sciences biomédicales de la faculté des sciences en faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques. Les structures sont en place. Le corps enseignant est même déjà en place. L’Etat n’a pas à trop se casser la tête maintenant.  L’Etat sait ce qu’il doit faire.

Quel pourra être l’apport du partenariat italien ?

Les italiens vont continuer à nous apporter ce qu’ils ont toujours apporté depuis que le partenariat a été scellé. Les Italiens sont là depuis et ils doivent, certainement, se réjouir de ce décret présidentiel qui exauce un vœu qu’ils ont toujours émis.  Ils vont continuer à encadrer les enfants et leur donner les opportunités  d’aller effectuer des stages en Italie, comme cela a toujours été le cas. D’ailleurs c’est l’occasion de dire aussi merci à ces italiens. Parce que le professeur Colizzi a, lui aussi, longtemps défendu ce dossier auprès du président de la République. Lors des obsèques de madame Foning, pour ceux qui étaient là, il a pris la parole et il en a parlé. Je pense que ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont laisser tomber quelque chose qu’ils ont longtemps  recherché.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




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