Interview : «Je fais partie de ces femmes qui travaillent deux fois plus pour subvenir aux besoins des enfants… »: Carole LEUWE

Par Sinotables 15/03/2017

Carole LEUWE, une femme journaliste et activiste.jpg

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 Carole Leuwe est une journaliste et activiste des droits humains. Basée à Douala, la capitale économique du Cameroun, elle est très engagée du côté des enfants pour qui elle coordonne un collectif  dénommé «  Au Nom De Nos Enfants » qui protège leurs droits.

L’occasion de la 32ème journée internationale de la femme a permis à cette journaliste talentueuse  et activiste de partager avec nous les différents combats qu’elle mène et le regard qu’elle porte sur la femme. Elle a été lauréat en 2016 du prestigieux prix George Atkins Communication Award.  Elle a accepté de répondre aux questions de notre journal, à l'occasion de la célébration de la 32ème Journée internationale de la femme célébrée sous le thème "Les femmes dans un monde de travail en évolution : 50-50 d’ici 2035".

Qui est Carole Leuwe ?

Carole Leuwe est Journaliste, bloggeuse, traductrice et human rights activist. Elle est née il y a plus de 30 ans et est maman de deux merveilleux garçons.

Où, avec qui et comment avez-vous passé la 32ème journée de la femme ?

J’étais sur le terrain en journée dans le cadre du Collectif Au Nom De Nos Enfants #CANNE pour la distribution de carte d’identification que nous avons conçu afin qu’un enfant qui s’égare puisse et ayant sa carte puisse être identifié rapidement et les parents contacté.  Je tiens à remercie tout le collectif #ANNE pour le travail abattu ce jour. Ensuite j’étais avec mes consœurs de canal2 dans le cadre de l’émission #CComment pour échanger sur thème de cette  32Ejournée de la femme. À 20H30 j’étais connectée avec les internautes dans le cadre de #ShareWith initié par le magazine #LePasFeminin, nous avons encore échangé sur le thème de cette journée.

Que représente la tenue pour le 8 mars au Cameroun, est-il possible d’envisager le 8 mars sans tenue ?

Pour moi, elle ne signifie rien. Mais il faut remonter à la raison pour laquelle elle avait été instituée. Si je me souviens bien, ce pagne a vu le jour dans le Nord du Cameroun. C’était pour marquer la différence avec les pagnes qu’arborent les femmes au quotidien dans cette partie du pays. (je n’ai plus le lieu exacte et le nom du monsieur qui avait proposé le pagne).

N’est-il pas évident d’affirmer que la femme est ingrate dès lors que le législateur camerounais  et la pratique lui garantissent les mêmes droits qu’à l’homme ?

Disons que tant que ce seront les hommes qui vont continuer à rédiger, à proposer les lois concernant les femmes, il y aura toujours des incompréhensions.

Pour certaines femmes la féminité devrait être  plutôt un atout, non ?

Dites-moi ce que vous mettez dans féminité et on en reparle !

Féminité est entendue comme le fait ne pas disposer les mêmes chances ou aptitudes physiques que l'homme. Est-ce que ce handicap n'est pas une source de motivation supplémentaire pour la femme de se battre pour surmonter les obstacles liés au genre?

Pourquoi un atout quand à compétence égale avec l'homme elle mérite le même traitement salarial ? La motivation supplémentaire vient du fait que l'homme ne croit pas toujours au potentiel de la femme. Tant que ce sont les hommes qui rediront nos lois, les problèmes liés au genre seront toujours présents.

Si la femme est capable de travailler, si elle a les aptitudes, si elle est compétente alors elle mérite d’être traitée comme telle.

Pensez-vous que la femme camerounaise, au XXI ème  siècle, soit encore l’objet d’un assujettissement quelconque de la part de l’homme ?

Malheureusement oui, car encore aujourd’hui, nous avons des hommes qui ne croient pas aux talents des femmes, malgré les diplômes et les aptitudes. Les femmes sont obligées de se battre deux fois plus pour le prouver, comme si elle ne méritait pas un poste de responsabilité. Nombreux sont ces hommes qui se cachent derrière nos traditions pour refuser à la femme de construire une belle carrière. Quand une femme veut se démarquer dans le travail, c’est encore la même société qui l’indexe de ne pas avoir du temps pour fonder une famille. C’est cette même femme qui abandonne le travail, l’école et la formation  pour la maternité et reste fugace ; et se reconstruit après pour subvenir aux besoins des enfants. Tant que ce sont les hommes qui traiteront des sujets de femmes sur le point légal, nous aurons toujours de la peine à vouloir démontrer notre savoir-faire et savoir-être à la juste mesure!

Comment s’est organisée la maison à cette occasion, Monsieur a accepté prendre votre poste ?

Je fais partie de ces femmes qui travaillent deux fois plus pour subvenir aux besoins des enfants  et donc, ce fut une journée comme toutes les autres. Être utile pour les autres tout en faisant rentrer de l’argent pour payer les factures!

Les femmes dans un monde de travail en évolution : 50-50 d’ici 2035. Qu’est-ce que la femme de médias et leaders associative que vous êtes fait pour mobiliser ses auditrices et ses congénères en vue de l’atteinte de cet objectif ?

La première chose est de demander aux femmes d’apprendre à connaitre leurs droits! Ensuite, de cultiver le self empowerment chez la femme. Démontrer qu’elles ne doivent plus se sous-estimer car elles ont le potentiel.

Montrer des femmes qui ont réussis dans des métiers stéréotypés comme uniquement réservés aux hommes. Rassurer les femmes que les positions canapées, existent uniquement pour les rabaisser. Plus elles seront éduquées et formées, plus elles seront respectées et trouveront du travail à compétence égale.

Vous êtes réputée femme forte et passionnée. Racontez-nous votre parcours de femme  journaliste !

Wow, c’est assez long quand même. J’ai débuté en radio entant sur animatrice à l’émission jeune à radio Yemba à Dschang en 2001. J’étais encore en FAC et j’avais pour modèle Leonard Chatelin, Moise Bangteke (RIP) Serge Bertrand Pouth,  Solange Aicha, JR Tchatchou ,Tricia Oben, Tony Tumenta, Anne Nsang( RIP) Wama Sob Ngu Tayou entres autres.

Venue de Douala avec une très petite expérience radio de la 105 suelabas, je me suis vite intégré à radio yemba, la radio communautaire de le Menoua. Suite à mes performances, la hiérarchie m’a confiée, les rubriques dans les émissions, ensuite je rejoins le desk anglais ou je présentais le flash en anglais, j’ai ensuite pris le 10-12 en français. Avec le temps, j’ai rejoint la rédaction et voilà où tout est parti. En 2005 je suis suivi par les responsables de radio Star à Bafoussam je rejoins  l’équipe en 2006 je crois. Entre présentation du journal, animation différentes tranches d’antenne, je prends des MOOC en journalisme en ligne et je me forme véritablement en journalisme.  J’ai multiplié les ateliers sur le journalisme et faut dire que je ne regrette rien aujourd’hui. Faut dire qu’en FAC je faisais lettres bilingues option communication. Je suis promu responsable d’antenne avant de déposer mes valises à Douala en 2009 à Nostalgie Cameroun devenu #96fm  où j’ai pris les règnes de la rédaction de 2012 à 2015.

Vous êtes aussi  bien connue depuis quelques années pour le concept « Au nom de nos enfants » qui vous range plutôt du côté des activistes. C’est quoi cet autre engagement et jusqu’où comptez-vous aller ?

Le collectif  «  Au Nom De Nos Enfants » nait au lendemain de la découverte du corps de ma petite Eva en février 2016 à Bépanda. Un corps dépecé, après qu’elle avait été signalée disparue. J’ai tellement pleuré quand on a retrouvé la petite. Je me suis demandé qui peut bien en vouloir à un être si fragile.  Un crime rituel? Quoi? C’était trop dur! Mon fils, le 2e en ce moment, n’avait que  quelques mois et je me suis dit je dois faire quelques choses, si c’était lui?! Au-delà de pleurer il fallait agir…mais comment?

J’en ai parlé à d’autres mamans qui étaient d’accord pour qu’on organise une marche blanche en faveur de tous nos enfants disparus et  assassinés. Voilà comment le collectif se met en place, nous recevons le soutien de Mme Alice Maguedjo, mais les autorités nous refuseront cette marche? Nous poursuivons nos pleures avec une messe dite pour le repos des âmes de tous nos enfants partis trop tôt. Elle avait été dite à cathédral St Pierre et Paul à Akwa.

A travers ce collectif, nous sensibilisons à la protection et la sécurité des enfants. Nous allons mettre sur pied notre unité « alerte enlèvement », de sorte que chaque fois qu’un enfant est porté disparu, nous réceptionnons l’information et relayons comme il se doit.

Pour le moment, les actions sont encore en porte à porte et sur les réseaux sociaux. Nous travaillons sur la prévention et attendons que notre administration nous voie comme un allié et non un adversaire en légalisant le collectif.

Qui sont les femmes dont le parcours a contribué à vous forger ?

Ma mère, pour sa ténacité malgré les épreuves la vie. Femme courage, elle est c’elle qui m’inspire le plus au monde. Je peux citer également, Mère Theresa, Oprah Winfrey et Princesse Diana, Wangari Maathai, Myriam Makeba , Tricia Oben, Sally Messio, Anne Nsang.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui cherche à s’imposer aujourd’hui où l’on parle de plus en plus de déviances et  surtout de recrutements ou « promotions canapées » ?

Je suis un exemple de compétence par excellence ! Aucun homme ne me  fera douter de mes compétences et de mes aptitudes. Ayez un objectif à atteindre. Mesdames, travaillez à y parvenir, soyez patiente et n’arrêtez jamais d’apprendre. Il y aura des pauses, des tempêtes, mais seul notre détermination à surmonter tout ça sera notre atout majeur. Le plus important c’est de beaucoup prier, car nous sommes fortes par celui qui nous fortifie.

L'année dernière vous avez été couronné du prix George Atkins Communication Award. Qu'est-ce qu'il représente pour vous aujourd'hui?

Une récompense pour le travail que je fais pour les agriculteurs avec les agriculteurs et pour les agriculteurs. Savoir que nous faisons un métier et qu'on puisse être utile à la communauté est une belle récolte. En plus, être la seule camerounaise est un honneur pour mon pays. Être la meilleure des trois lauréats retenus est une fierté et un encouragement à ne pas baisser les bras. Car il y a des gens qui suivent notre parcours même si c'est à distance.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA

 




Par Sinotables 15/03/2017
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