New - Bell ou la naissance du crime organise

Par Sinotables 20/03/2017

Une atmosphère de Babylone, à New Bell, dans la ville de Douala.jpg

Une atmosphère de Babylone, à New Bell, dans la ville de Douala.jpg


Le criminologue Boris Bertolt apporte son éclairage pour comprendre les événements qui ont secoué, mercredi 15 mars 2017, le lieu-dit Babylone, à New Bell, dans la ville de Douala ; où un groupuscule d’individus dont les âges varient entre 12 et 25 ans ont semé la terreur parmi la population et donné du fil à retordre  aux forces de sécurité.  

Dans les évènements d'hier, il n’y a pas que la justice populaire qui découle justement de cette crise de confiance entre les populations et les institutions, le transfert de la sécurité aux masses, le chômage qui favorise justement le développement du banditisme. Même si un bandit a été tué par la justice populaire, ce qui est un acte criminel, ce dont nous avons fait face hier c'est à la fois une matérialisation visible de la logique de gang, mais également du crime organisé. Là nous sommes également dans un cas de figure extrêmement intéressant dans l'analyse intellectuelle mais très dangereux pour la paix sociale.

Les faits sont terribles. Deux braqueurs de la zone Haoussa tentent de voler des motos. Ils sont arrêtés. L'un parvient à s'enfuir et va alerter d'autres voyous. En leur disant que l'un des leurs a été tué dans la zone Bassa. Plus précisément à Babylone.

Ces criminels de la zone Haoussa de New - Bell (Ils n'agissent pas au nom des haoussa mais pour venger leur de leurs collègues bandits) font une première décente mardi dans la nuit arrachent les téléviseurs dans les snacks, dépouillent les clients et les call-boxeurs. Il y a là clairement un comportement de groupe. Une solidarité reposant sur un certain type de normes internes à une organisation criminelle. Puis le jour de l'enterrement de leurs "frères" ils promettent de revenir en soirée et débarquent avec couteaux, machettes et autres.

C'est la logique de gangs. C'est le crime organisé si on va plus loin. Car il s'agit d'actes planifiés, structurés, qui reposent sur des logiques bien précises et des intérêts spécifiques à un groupe de criminels.

D'après certains témoignages, les assaillants étaient majoritairement jeunes entre 12 et 25 ans. Dès lors on suppose qu'il y a toute une procédure pour la consolidation d'un comportement déviant ou criminel. Lemert te parle de déviance primaire (petits vols) mais déviance secondaires (lorsque l'acteur assume le banditisme comme un métier ou une identité. C'est dans ce dernier cas de figure que nous nous trouvons. Mazda décrit pour cela trois étapes l'affinité (voisins habitant la même zone), l'affiliation (ethnique) et la signification (chômeurs). Sur cette base, il y a forcément ceux que l'on peut appeler des "parrains" qui sont derrière cette affaire et tirent les ficelles.... IL FAUT PRENDRE TRES AU SERIEUX CES EVENEMENTS. JE VOUS EXPLIQUERAI TOUT A L'HEURE EN DETAIL POURQUOI CETTE AFFAIRE N'EST PAS TRIBALE MAIS PEUT DEVENIR TRIBALE. CAR ICI LA CRIMINALITÉ S'EXERCE DANS DES CONTEXTES SPÉCIFIQUES.

Boris Bertolt

 




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