Interview : La participation de la femme camerounaise à l’exercice du pouvoir politique

Par Sinotables 12/05/2017

Le Docteur en Science Politique Takougang Damlambeng Gervais.jpg

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M. Takougang Damlambeng Gervais est depuis vendredi 12 mai 2017 Docteur en Science politique. Il a soutenu devant un jury présidé par le professeur Luc Sindjoun sa thèse sur la femme camerounais dans le champ politique.  Au sortir de cette « fête de récolte » qui a  été couronnée de la mention « Très honorable avec des félicitations du jury), le désormais chercheur confirmé a accepté de répondre aux questions de Sinotables.com. 

Quelle définition donnez-vous à la femme ?

En fait, si on veut parler de femme on doit comprendre tout simplement qu’on parle d’un acteur qu’on peut définir comme étant compétent ou comme étant incompétent. Mais surtout, il faut comprendre qu’on parle d’une catégorie sociale qui est fortement organisée ou désorganisée à la fois ; parce qu’elle est homogène  autant elle peut être définie suivant un certain nombre de critères d’hétérogénéité.

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

En fait, l’objectif de la thèse c’était d’étudier tout simplement le rapport de la femme au politique. Bien sûr en incluent les contextes. Parce que  c’est là nœud de notre travail. Les différents contextes qui ont présidé à la définition des rapports de la femme par rapport au politique. Parce que la conception des rapports de la femme au politique n’est pas le même  dans le contexte Ahidjo que sous le régime Biya. Mais le plus important c’est de se dire que le rapport de la femme au politique est une donnée essentiellement dynamique. Et la femme, autant elle peut être définie comme étant hétérogène autant c’est une catégorie sociale qui produit un certain nombre d’actions.

L’un des mots qui est revenu le plus souvent dans présentation comme dans vos réponses aux questions et préoccupations du jury, c’est la « démonopolisation ». Quel est l’intérêt de votre travail ?

L’intérêt ici c’était de comprendre les mécanismes qui participent à la construction et à la construction de cette monopolisation. Et une fois que cela était compris, comprendre comment la femme se positionne et produit des discours, des pratiques dans tout ce qui tourne autour du champ politique.

En définitive, le champ camerounais encourage-t-il les rêves égalitaires des féministes ?

Est-ce que les rapports évoluent vers une posture égalitaire ou est-ce que nous sommes restés dans la dynamique de conservation? Justement dans le discours produit au plan institutionnel que non institutionnel, on note une tendance vers l’évolution à la parité. L’un des indicateurs peut être, par exemple, la loi introduite pour l’inscription de 30% des femmes dans les listes électorales. On a également les différents discours paritaires qui sont produits par les femmes elles-mêmes dans l’optique d’aboutir à une situation d’égal rapport entre les femmes et les hommes dans le champ politique. Voilà l’aune du discours, le dire. Le dire qui est orientée vers une promotion de certaines capacités féminines.  La petite précision que je voudrais apporter c’est que nous devons prendre en compte la situation de la femme comme étant une globalité. Cette globalité est structurée par de petits espaces qui à la fin permettent de créer la réalité. C’est donc un ensemble de petites mesures favorables telles que l’inclusion d’une loi qui leur est favorable. Maintenant, l’application peut créer un autre débat. 

Pourrait-on dans ce cas parler d’assujettissement de la femme ?

L’assujettissement n’est qu’une composante. Parce que la femme n’est pas qu’assujettie. Autant elle est assujettie autant elle est en position de domination.

On parle donc de quoi ?

On parle d’un rapport ambivalent entre l’assujettissement et la contestation de l’assujettissement. On parle d’une donnée dynamique  qui participe à définir une forme de rapports  dans lesquels la femme s’inscrit et participe à produire un ensemble de discours sur sa situation. 

Et au sortir de cette soutenance, qu’est-ce que vous, jeune Docteur en Science politique, retenez ?

Au sortir je trouve simplement que je vais revoir ma notion de femme. Je vais revoir ma conception des rapports de la femme au pouvoir ; et je vais davantage améliorer ma thèse.

Votre travail en vue du Master a-t-il eu une influence positive directe sur cet autre qui vous donne le titre de Docteur ?

Bien sûr ! Parce que ma thèse en master portait sur les Femmes dans le champ politique : le cas de Françoise Foning. J’ai donc collecté à ce niveau-là un certain nombre de données de base que j’ai exploitées à cet autre niveau.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




Par Sinotables 12/05/2017
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