Interview : «Nous sommes aujourd’hui dans la mondialisation et ne pouvons plus rester enfermés au niveau de notre village» : Paul MOMO

Par Sinotables 26/06/2017

Paul MOMO, Instructeur Sport pour tous.jpg

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Paul MOMO est enseignant d’éducation physique et instructeur de sport pour tous. Il a coordonné les activités sportives lors de la 29ème édition du congrès général du village Leffé-Foto, dans la commune de Dschang. Il nous parle de l’importance des activités physiques dans  la  formation  et l’encadrement de la population.

Pour quoi les activités physiques et sportives dans un congrès  comme celui du village Leffé-Foto ?

Vous savez, c’est une population qui a été pendant longtemps mise en léthargie. Donc, il y a des moments comme celui-ci pour non seulement sensibiliser  cette population, mais réveiller au moins sa conscience au niveau de la pratique des activités physiques et sportives  car, il n’est plus question pour nous aujourd’hui de démontrer son importance. Vous savez peut-être que dans le monde entier après la politique, le commercial et l’économie, viennent maintenant les activités physiques et sportives et particulièrement le sport. Nous ne faisons pas du sport, mais nous voulons amener notre population à prendre conscience de son état de santé. C’est pour cela que de temps en temps, pour pérenniser cette action nous injectons dans le programme de notre congrès ce que vous venez de vivre, à savoir cette marche de solidarité intergénérationnelle.

Cela vise surtout les jeunes n’est-ce pas ?

 Il s’agit de réveiller, si vous le voulez, les jeunes pour qu’ils puissent comprendre  qu’ils sont aussi capables d’apporter du leur au niveau du sport.  Vous savez, nous sommes aujourd’hui dans la mondialisation et nous ne pouvons plus rester fermés au niveau de notre village.

Lorsque vous vous adressez aux sportifs du jour, vous ne cessez de parler de l’ouverture du village au monde, mais davantage des vertus du sport.

Il faudrait que nous sortions un peu et que nous nous fassions connaitre par l’extérieur. Je veux donc dire que le sport ou les activités pour une population comme la nôtre ont beaucoup de vertus. Et ce faisant nous développons le vivre ensemble, l’esprit de dialogue, l’esprit de partage, et un esprit de tolérance et de patience. Parce que nous le faisons compte tenu des écarts de comportement, mais nous n’oublions pas le côté éducatif.

Justement vous avez sermonné certains jeunes sur les écarts de comportements.

Effectivement. Aujourd’hui avec la jeunesse, il y a ce qu’on appelle une infusion dans les milieux ruraux et même traditionnels de ce qu’ils importent de la ville. Nous osons croire qu’avec ce que nous avons mis sur pied comme politique éducationnelle au niveau de notre population, ces jeunes vont comprendre que les valeurs ancestrales doivent demeurer les premières, avant d’aller copier ce que la mondialisation nous propose. Donc il faut avoir le discernement pour pouvoir faire la différence. Aujourd’hui vous avez entendu ce que je leur ai dit. L’homme n’est ce qu’il est que par sa valeur morale. Et la société traditionnelle nous transmet ces valeurs-là. Il faudrait que nous les gardions. Parmi elles nous pouvons citer l’humilité, le respect de soi-même et d’autrui, l’esprit d’entraide et l’esprit de coopération. Avant de comprendre que nous pouvons, peut-être, étaler notre égo ailleurs.

Et vous leur reprochez de tenir un certain langage lorsqu’ils sont en présence de leurs parents !

Les enfants ont rétorqué pas de la bonne manière. Mais en tant qu’éducateur et pédagogue j’ai compris qu’il y a du travail à faire. Il est donc question de les amener progressivement.  Vous savez,  nous sommes  à un siècle de vitesse où les jeunes captent un peu de tout.  Il ne faudrait pas utiliser les méthodes fortes, même s’il faudrait mettre un peu de la force ; mais des méthodes un peu souples pour les amener à comprendre que les valeurs doivent primer sur ce qu’il y a de mercantilisme, d’argent et de snobisme, à conquérir le monde que de se conquérir soi-même.

Par rapport à l’édition passée, quel est le plus que vous avez apporté cette année ?

Il y a eu quelques petites modifications, quelques petites corrections  que nous avons apportées, à savoir que l’année dernière c’était un mélange de tout. On ne tenait pas compte de certains paramètres, à savoir l’âge, le poids et l’environnement. Aujourd’hui je dirai qu’il fallait faire ce travail dans des groupes beaucoup plus spécialisés. C’est pour cela que nous avons eu quatre phases : la phase des mamans, la phase des papas, la phase des jeunes filles et la phase des jeunes qui ont terminé cette épreuve par la course. Donc ces quelques innovations nous allons progressivement les apporter pour que notre village comprenne que qu’il n’est pas abandonné et qu’il peut faire ce qu’ils voient ailleurs.

Toujours est-il que vous avez annoncé de très grandes innovations pour l’année prochaine !

Oui. Nous préparons le 30ème anniversaire de l’ADIL, c’est-à-dire le congrès de Leffé. Je pense que lors de l’assemblée générale on va beaucoup plus se pencher sur la préparation de ce trentième anniversaire. On verra effectivement ce qu’il faut apporter comme innovations propres et que les gens se mettent au travail. Parce que ce n’est pas la veille qu’on aura une suite. Il faudrait se mettre au travail dès maintenant, parce que le temps n’est pas pour nous. Le temps joue contre nous. Et vous savez avec les entreprises commerciales, elles aiment bien qu’on leur produise les dossiers à temps.

Quel est votre attente  à la fin du congrès ?

La participation massive de la population, et ensuite la discipline. S’il n’y a pas de discipline rien ne peut marcher. Il faudrait que chacun participe d’une manière effective, que chacun apporte sa modeste contribution aux discussions que nous aurons  tout à l’heure et que ces discussions soient constructives  

Un mot de fin ?

J’ose croire que ce que je dirai à l’Assemblée générale, les frères pourront adopter cette méthode de travail. Parce qu’il y a vraiment du travail. Il faudrait des hommes. Il faudrait des moyens. Et puis il faudrait la sagesse et l’intelligence pour aborder tous ces problèmes. 

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




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