Interview : « Notre code électoral actuel traduit la peur des gouvernants d’écouter le peuple à travers les urnes » : Christian FOUELEFACK.

Par Sinotables 20/07/2017

Christian FOUELEFACK lors d'un meeting du MRC à Dschang. Photo d'illustration.jpg

Christian FOUELEFACK lors d'un meeting du MRC à Dschang. Photo d'illustration.jpg


Christian FOUELEFACK est le Secrétaire de la Fédération Départementale du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) dans la Menoua. Il a  accepté de se livrer à Sinotables.com.  

Quelle est l'actualité du MRC dans la Menoua?

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) dans la Menoua est à l’image du MRC au Cameroun et je dirai même, dans le monde. Tous les militants s’activent à donner une plus grande envergure  au parti partout où ils se trouvent.  C’est ce que nous faisons dans la Menoua en ce moment en allant dans les coins les plus reculés et surtout abandonnés pour dire aux concitoyens que nous savons quelles sont leurs souffrances et qu’ils ont le droit de rêver d’une autre façon de gouverner ce pays en allant s’inscrire sur les listes électorales, en retirant leurs cartes pour voter pour le changement le moment venu.

La mobilisation en vue des inscriptions sur les listes électorale devient un chant populaire. Les uns ont fixé l'objectif à 18 millions d'électeurs, d'autres à 11 millions. A combien le MRC a-t-il fixé sa barre?

Le MRC n’est pas dans ce type de démonstration qui sont d’ailleurs toutes assez récentes. Le MRC est sur le terrain de la sensibilisation pour les inscriptions sur les listes électorales à travers des caravanes nationales depuis 2014. Tous nos meetings depuis lors à l’échelle nationale ont eu entre autres pour objectif d’inviter les Camerounais à remplir leurs devoirs citoyens. Il faut tout de même noter que le MRC encourage toutes ces initiatives qui visent à amener les Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales. Pour ma part, je souhaite qu’elles ne soient pas des initiatives qui font plus de bruits sur les réseaux sociaux que sur le terrain.

Votre parti semble aussi mettre un accent sur la révision du Code Electoral. Et si cette demande n'était pas admise ?

Notre parti depuis sa création a toujours appelé à la mise sur pied d’un code électoral juste et consensuel. A travers notre député, le parti a fait plus de 100 propositions d’amendements sur le code électoral actuel qu’il a soumis à l’Assemblée nationale. Ces amendements depuis 2014 n’ont jamais fait l’objet d’un ordre du jour à l’hémicycle de Ngoa Ekellé. Le MRC a engagé des pétitions pour faire bouger les lignes à cet effet, elles sont toujours en cours et des milliers de Camerounais les ont signés jusqu’ici. Si toutes ces tentatives pour l’avènement d’une élection juste et équitable, gage d’un lendemain électoral dans la paix au Cameroun, ne sont pas prises en compte, le MRC ne compte pas procéder à la politique de la chaise vide. Le MRC a toujours appelé la communauté internationale et nationale à témoin sur les risques graves que cette énième tentative de passage en force à travers des élections truquées d’avance peut susciter. Le MRC invite donc les Camerounais à s’inscrire massivement sur les listes électorales parce que convaincu qu’il existe, comme au football, des possibilités de gagner un adversaire dans son stade, avec ses arbitres. Les Camerounais auront le droit et le devoir de voter massivement pour le changement et de surveiller leurs votes. Ce qui est une option de changement dans la paix qui nous reste face à la mauvaise foi des gouvernants actuels. Mais il vaut mieux éviter d’exposer notre peuple à ces supputations en instaurant un code électoral digne de notre temps et des Camerounais fiers de leurs images à l’extérieur. Notre code électoral actuel est le reflet d’un régime dictatorial. Il fait honte. Il traduit la peur des gouvernants d’écouter le peuple à travers les urnes. C’est aussi la preuve qu’ils ont peur des partis comme le MRC et de son leader Maurice KAMTO que le peuple camerounais adule de plus en plus.

Il se dit que le MRC est essentiellement un parti intellectuel? Où laissez-vous les paysans et les débrouillards. Qu'est-ce qui justifie votre concentration dans les milieux universitaires et éducationnels?

Ceux qui disent que le MRC est un parti essentiellement fait d’intellectuels se trompent certainement. C’est une étiquette qu’on a voulu coller à notre parti dès le début du fait de la sature intellectuelle de notre Président National, le Professeur Maurice KAMTO que tous les adversaires respectent justement pour son honnêteté intellectuel et sa renommée scientifique sans cesse mondialement reconnue. Le MRC est un parti de tous, sans distinction de classes sociales, d’âge, de sexe, d’origine, etc. Le MRC n’est pas concentré dans les milieux universitaires, il a une envergure nationale. Le MRC dans la Menoua, par exemple, est solidement implanté dans les 6 arrondissements. Et c’est pareil dans les autres départements de la région de l’Ouest, à moins que toutes ces villes soient des villes universitaires.

Vendredi dernier vous étiez à la gare routière pour des inscriptions sur les listes électorales. Et les tracs que vous distribuez mettent en exergue la personnalité du Professeur Maurice KAMTO votre président. Ne pensez-vous pas qu'il aurait été plus intelligent de parler des acteurs principaux du parti dans la Menoua?

Depuis le mois de janvier nous parcourons tous les villages du département de la Menoua avec les mêmes documents que vous retrouverez dans les autres coins du pays. Nous avons une ambition nationale et non locale. Ce sont les acteurs principaux du parti dans la Menoua qui distribuent physiquement les tracts. Ils sont identifiés et identifiables par les populations avec qui ils sont en contact, d’où la distribution des tracts à l’effigie du Président national Maurice KAMTO. Nous ne sommes que dans une campagne de sensibilisation pour les inscriptions sur les listes électorales orientée par notre directoire national, lorsqu’il sera question des élections municipales et législatives des stratégies locales seront activées.

 Votre parti a-t-il pour objectif la mairie de Dschang?

Il y a six mairies, cinq postes de député et un de sénateur dans la Menoua qui devront nous permettre d’accompagner notre champion sur le chemin d’Etoudi.

Vous avez l'université de Dschang qui est considérée comme un vivier électoral. Vous comptez aussi beaucoup sur les étudiants?

Nous comptons autant sur les étudiants que sur la population non estudiantine qui est bien plus nombreuse.

Quel regard jetez-vous sur la commune de Dschang dans laquelle vous résidez et travaillez? Entretenez-vous des rapports avec l'exécutif en place? Si oui quelle contribution lui apportez-vous pour améliorer la gouvernance locale?

On peut écrire toute une bible sur la décrépitude de la ville de Dschang sous le regard complice, passif voire immobile de son exécutif depuis deux mandats déjà. Je connais le maire actuel et ses deux premiers adjoints qui sont mes collègues enseignants à l’Université de Dschang. Tous savent que je pense qu’on peut mieux faire d’une mairie comme celle de Dschang. Je n’hésite pas à les appeler quand une situation va de mal en pire bien qu’ils me semblent de plus en plus dépassés par les attentes des populations.

 Je vous remercie

C’est moi qui vous remercie de rompre avec ce silence assourdissant autour nos activités politiques en ne voulant diffuser que celles du parti gouvernant malgré son absence sur le terrain.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA




Par Sinotables 20/07/2017
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