Les crimes rituels dans la société contemporaine

Par Sinotables 28/08/2017

photo Guy Marcel KENFACK.jpg

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Pas un seul jour ne passe en Afrique sans qu’aucune famille ne pleure la disparition tragique et mystérieuse  d’un être qui lui était chèrement et tendrement lié.

Les crimes rituels macabres en Afrique subsaharienne  sont aussi vieux que l'histoire. Plusieurs raisons prouvées peuvent bien expliquer ce phénomène.

D'abord certains crimes sont perpétués uniquement dans un but pécuniaire. Le trafic des organes humains expliquent sans ambages la raison de ces crimes. Tenez, on vend sur l'homme et ce, dans un but purement commercial les parties suivantes : Le cerveau, les yeux, les cheveux, les dents, le cœur, les reins, les membres inférieurs, ongles, sang, langue… Les organes les plus prisés, donc les plus chers (jusqu’à l’équivalent de 2 000 euros, voire trois fois plus lorsqu’il s’agit de rémunérer en outre l’assassin fournisseur), étant ceux des albinos, des métis, des Pygmées, des jumeaux et de leurs parents. Dans un pays comme le Nigeria, à la pointe de l’innovation mercantile en ce domaine, plusieurs "usines à bébés", où des femmes venaient livrer contre rémunération leur progéniture à des fins de mise en pièces, ont ainsi été démantelées en 2011 et 2012.

Mais qui en sont les destinataires ? Beaucoup de pays dont la Thaïlande, la chine et l'inde sont pour la plupart les pays destinataires. Les études sérieuses que j'ai menées sur la question depuis 2012 ont démontré que c'est dans ces pays que le taux de chirurgie plastique et de transplantation d'organes humains est le plus élevé au monde. La législation de ces pays autorise ce type d'opération contrairement aux pays d'Occident où le domaine est strictement réglementé et encadré.

Ensuite, on tue crapuleusement les humains dans un but rituel. Et qui dit rituel dit secte. En effet, il est en Afrique des organisations secrètes qui ont tant besoins        d’organes humains pour leur fonctionnement adéquat. On tue la victime pour manger, au sens propre du terme, certaines parties prisées du corps humain. Mais que mangent ces sectaires de la pire espèce sur les Humains? Ils mangent, et de façon rituelle, les parties suivantes: Les bras, la langue, les yeux, le cœur, les poumons, la rate, le foie, les testicules, le clitoris et les membres inférieurs. En mangeant ces parties sur l’être humain, ceux qui pratiquent ce genre de crime disent s’attribuer les vertus de la victime. Tenez par exemple : la langue c’est pour l’éloquence de la victime, les parties génitales pour sa puissance sexuelle, les mains son adresse etc. Toutes ces parties se cuisinent sur des marmites consacrées et grâce aux couteaux aussi consacrés. Et les parties se distribuent selon un ordre hiérarchique.

Soulignons aussi que les Eglises depuis la nuit de temps ont toujours participé de façon active ou passive à de tels crimes. Mais dans quelle mesure ? La construction de certains édifices religieux nécessite, pour leur fondation, le sacrifice d’enfants vierges. En depuis 2016 au Nigeria par exemple, la police est alertée par les populations qui viennent de découvrir, après effondrement d’un édifice religieux, le corps (squelette) de quatre jeunes enfants aux quatre coins de la fondation dudit édifice. Interpellé par la police, « l’homme de Dieu » avoue son crime  en expliquant devant les populations médusées comment il a procédé pour en arriver là !!!

N’oublions pas de soulever,  pour le déplorer, le fait que  dans certaines Eglises, sous l’autel où sont entreposés les objets « sacramentaux » se trouvent les ossements humains !!!!!! Que font-ils là ? Quel est leur but ? Sont-ils pour les Saints ? Et quels Saints ? 

On assassine donc pour rien nos concitoyens pour servir d’énergies les esprits. Mais qui sont ces esprits ? Ils proviennent de différents horizons. Nous en avons deux catégories. Les esprits d’origine humaine comme les âmes des morts et les esprits d’origine non humaine comme les dieux sidéraux c’est -à -dire les esprits qui habitent le coté éthérique des planètes ; les esprits de l’eau, des forets, des grottes, de l’air …Et qui sont ces sectes ? Il s’agit des sectes dites philosophiques ou initiatiques, le Famla ou le Nkon, les sectes religieuses et toute organisation qui se cache derrière ses actions caritatives pour mettre en œuvre ses objectifs inavoués.

 Partout en Afrique,  le niveau de fréquence de cette criminalité s’accroît brusquement à l’approche des échéances sociales et politiques, surtout par temps préélectoraux. Au Gabon, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Est, au Sénégal,   au Nigeria et jusqu’en Guinée-Bissau, la population vit alors un état de stress permanent. Reviennent le syndrome de la voiture aux vitres teintées qui guette les gamins isolés à la sortie des écoles et la danse macabre des visiteurs nocturnes de cimetières à la recherche frénétique d’ossements humains.

Cette psychose collective récurrente, pour fondée qu’elle soit, envahit tous les milieux sociaux.  Les exemples de politiciens ayant recours à ce type de pratiques sont nombreux. Presque toutes les personnalités occupant des postes supérieurs dans la fonction publique, les ministres et en premier lieu les chefs d’État passent en Afrique centrale pour des individus à qui la sorcellerie a été favorable. Et il est courant, à Yaoundé,  Brazzaville, Libreville, Kinshasa, Kampala, Ndjamena, Dakar …que la richesse des hommes d’affaires et le pouvoir des politiques soient appréhendés sur le schéma de la mise à mort des autres et de leur consommation.

 Il incombe de préciser que  le trafic des organes humains alimente aussi le réseau des tradipracticiens odieux et sans scrupule. En effet, un documentaire en 2012 sur une chaine européenne concernant le trafic des organes humains en Afrique avait montré un homme de nationalité nigériane qui affirmait qu’il traite les maladies sur les humains grâce aux organes humains !!!!!

 Mais, les Etats africains sont-ils prêts sinon de réduire du moins d’éradiquer ce phénomène macabre ?

Dans plusieurs de ces pays, la police procède à des arrestations des présumés coupables. Nous ne pouvons que les encourager à combattre ce phénomène.

Mais cela  peut-il  rassurer les populations?

La réponse à cette question reste  mitigée .Car si pour certains les mesures administratives sont les bienvenues, pour  d’autres,  il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau,  vu les jurisprudences antérieures où certains criminels arrêtés pour ces crimes ont été plus tard relâchés, pour une raison ou pour autre, au grand étonnement des populations !!!

Le véritable combat que doivent mener les populations pour sinon réduire du moins éradiquer ce phénomène est la dénonciation des auteurs auprès des autorités compétentes. En plus,  il faudrait penser à l’action remarquable que pourraient jouer les médias dans le sens de conscientisation et d’éducation des masses. En fin chacun doit savoir que tout acte odieux posé se paie de plusieurs façons : soit l’auteur paie par son karma qu’il soit actuel ou futur soit sa progéniture paie et là, c’est une loi immuable !!!

Guy Marcel KENFACK




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