Voici le discours du président nigérien Issoufou Mahamadou à l’occasion de la création du marché commun africain ou zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf) dimanche 7 juillet à Niamey.

Excellence Monsieur le Président Abdelfattah Al Sissi, Président de la République Arabe d’Égypte et Président en Exercice de l’Union Africaine,

Majesté,

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,

Monsieur Moussa Faki Mahamat Président de la Commission de l’Union Africaine,

Madame Amina Mohamed Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Communautés Économiques Régionales,

Mesdames et Messieurs les Experts,

Distingués Hôtes, amis et partenaires du Niger et de l’Afrique,

Mesdames et Messieurs,

Le Niger est heureux d’accueillir la présente session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine dédiée au lancement de la phase opérationnelle de la zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf).

Mon pays, véritable carrefour entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara d’une part et entre l’Atlantique et la Mer Rouge d’autre part, est honoré de recevoir toute l’Afrique. Cette position géographique privilégiée, du fait des brassages et contacts qu’elle autorise, a fait des nigériens un peuple ouvert, hospitalier et particulièrement attaché aux valeurs du panafricanisme. C’est au nom de ce peuple, enthousiaste, que je souhaite, à tous, la chaleureuse bienvenue, ici, à Niamey.

Mesdames et Messieurs,

Oui, le peuple Nigérien est profondément attaché aux valeurs du panafricanisme, valeurs qui ont été portées par plusieurs générations de panafricanistes depuis celle du « retour à l’Afrique » de Marius Garvey jusqu’à celle de l’Union Africaine, en passant par celle du premier Congrès panafricaniste tenu à Paris en 1919, en marge de la Conférence de la paix de Versailles, celle des différents congrès de Londres et de Manchester, celle des indépendances avec les groupes de Monrovia et de Casablanca dont la fusion a donné naissance à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Oui, le peuple Nigérien est profondément attaché à ces valeurs parce qu’il est convaincu que l’unité africaine est la seule voie qui permettra d’assurer la renaissance, la dignité et le progrès pour chacun de nos pays et pour l’ensemble du continent. Voilà pourquoi le Niger, représenté par son premier Président, le Président Diori Hamani, fut, en 1963, parmi les membres fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Voilà pourquoi un de ses enfants, Monsieur Idé Oumarou, soutenu par le Général Seyni Kountché, en fut Secrétaire Général de 1985 à 1989.En fin, voilà pourquoi j’ai accepté l’honneur que vous m’avez fait, chers frères chefs d’État et de Gouvernement, d’être champion de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Ce fut en Janvier 2017 à Addis-Abéba. Or, 2017 était précisément la date retenue par le premier plan décennal de l’agenda 2063 pour aboutir à un accord avec finalisation et lancement en 2018 et appropriation l’accord en 2018-2019. Il fallait donc faire vite. Il fallait accélérer la cadence. C’est ce que nous avons fait avec les experts, le Commissaire au Commerce, les Ministres du Commerce, les Communautés Économiques Régionales, le Président de la Commission de l’Union Africaine et les partenaires auxquels je rends, ici, un hommage mérité.

Quinze mois après ma désignation comme champion, 44 États signèrent, le 21 Mars 2018, à Kigali, l’accord portant sur la libéralisation du commerce des marchandises et des services ainsi que sur le règlement des différends. Aujourd’hui, avec la signature du Nigéria ce matin, 5 3 États sont signataires de cet accord qui est entré en vigueur depuis le 30 Mai après que 24 États l’aient ratifié. Permettez-moi de féliciter le Président Muhamadu Buhari pour l’adhésion de son pays à l’Accord de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Sans le Nigéria, première puissance économique du Continent, il y’aurait eu un goût d’inachevé dans la conclusion de cet accord.

Mesdames et Messieurs,

L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est la plus rapide de toute l’histoire des négociations au sein de notre organisation. Cela prouve, s’il en est besoin, l’intérêt que nos peuples et nos États attachent à l’accroissement des échanges intra-africains. Il en est ainsi parce que nos peuples et nos États en connaissent les avantages. Il en est ainsi parce que la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est une forte contribution à sortir des 84 milles kilomètres de frontières héritées de la colonisation. Elle permet d’en sortir non pas en redessinant les frontières actuelles, mais en en sortant par le haut, par l’intégration. En éliminant progressivement les droits de douane sur le commerce intra-africain, elle offre, avec un marché de 1,2 milliards de consommateurs aujourd’hui et 2,5 milliards en 2050, des possibilités commerciales immenses, notamment pour les entreprises africaines.

Mesdames et Messieurs,

Nous devons tout mettre en œuvre pour optimiser les effets positifs de la ZLECAf.

L’optimisation de ces effets positifs ne sera obtenue que si les protocoles déjà signés sur la libéralisation du commerce des marchandises, des services et sur le règlement des différends sont accompagnés d’accords, actuellement en cours de négociation, sur les investissements, sur la concurrence et sur la propriété intellectuelle.

Par ailleurs, les pleins effets de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine, qui n’est qu’un des jalons du processus de notre intégration économique, ne seront obtenus que le jour où l’union douanière (prévue normalement pour 2019), le marché commun africain (qui doit être en place en 2025) et l’union monétaire (prévue pour 2030) seront une réalité. Ils ne seront obtenus que si nous mettons en œuvre la vision, les aspirations et tous les objectifs de l’Agenda 2063.

Notre vision, il n’est pas inutile de le rappeler, telle que nous l’avions définie à l’occasion de la célébration du Jubilé d’or de l’OUA en mai 2013 à Addis-Abéba, est celle d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale ». Cette vision est soutenue par les aspirations des peuples africains à la prospérité fondée sur une croissance inclusive et un développement durable, à l’intégration basé sur les idéaux du panafricanisme et de la renaissance de l’Afrique, à la bonne gouvernance, à l’état de droit, à la démocratie, au respect des droits de l’homme et à la justice, à la paix et à la sécurité, à l’affirmation d’une identité culturelle africaine, à l’autonomisation des femmes et des jeunes et en fin à la place que l’Afrique mérite dans le concert des nations. Comme vous le savez, cette vision et ces aspirations sont traduites en objectifs, domaines prioritaires, cibles et actions à mener à travers des plans décennaux dont le premier est le plan décennal 2013-2023. La Zone de Libre Échange Continentale Africaine, un des domaines prioritaires de ce premier plan, est désormais un acquis obtenu à mi-parcours de son exécution. En plus de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine, ce premier plan décennal a prévu 11 autres projets phares :

Le projet de réseau intégré de trains à grande vitesse ;

Le projet de l’université virtuelle panafricaine ;

La Stratégie africaine des matières premières ;

Le Forum africain annuel ;

Le projet d’espace aérien unique en Afrique ;

Le projet de passeport africain et de libre circulation des personnes ;

Le projet des institutions financières continentales ;

Le projet du barrage du Grand Inga ;

Le projet du réseau virtuel panafricain

Le projet de faire taire les armes d’ici à 2020 ;

Le projet relatif à l’espace.

Comme on le constate, les infrastructures occupent une place de choix sur la liste de ces projets phares conformément aux objectifs du plan du développement des infrastructures en Afrique (PIDA). Sans infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, énergétiques et de télécommunication, la Zone de Libre Échange Continentale Africaine serait une coquille vide. Il en est de même si nous ne mettons pas en œuvre le plan du développement industriel de l’Afrique, car pour l’instant l’Afrique est pauvre de ses matières premières et elle n’en sera riche que le jour où elle sera capable de les transformer en vue de contrôler le maximum de maillons des chaînes de valeur. L’Afrique a aussi les terres arables capables de nourrir l’Afrique : c’est l’objectif du plan de développement agricole de l’Afrique.

La ZLEC n’est donc pas un programme isolé. Elle forme, avec les autres plans et programmes de l’Union Africaine, un tout cohérent dans la perspective de renforcer l’intégration régionale et atteindre les objectifs de l’agenda du centenaire, l’agenda 2063.

La réalisation de tous ces plans et programmes permettra d’élever le niveau des exportations intra-africaine, estimées actuellement à moins de 15% de l’ensemble des exportations africaines alors que les exportations intra-européennes, intra-asiatique set intra-latino-américaines représentent respectivement 70%, 50% et 21%

Permettez-moi, ici, de rappeler la métaphore du Roi Ghezo de l’actuel Bénin, métaphore que j’ai déjà eu à mentionner dans mon discours de Kigali au moment de la signature de l’accord de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLCAf), je cite : « si tous les enfants du pays venaient, par leurs mains assemblées, boucher les trous de la jarre percée, le pays sera sauvé ». L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine nous permet de boucher un trou. La mise en œuvre de la vision, des aspirations et des objectifs de l’agenda 2063 nous permettra de boucher tous les trous de la jarre percée, d’exploiter à fond notre actif démographique en le transformant en dividende économique à travers la promotion de l’éducation, de la formation professionnelle et technique, de la santé et surtout à travers la création d’emplois notamment pour les jeunes, ce qui nous permettra, du coup, de mettre fin au drame de la migration clandestine que nous connaissons aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

L’agenda 2063 est une mise à l’échelle continentale de ce que nous faisons aux niveaux régional et national. S’agissant du Niger, par exemple, le programme de renaissance que nous mettons en œuvre, depuis 2011, s’aligne, avec bonheur, sur cet agenda. Ses priorités en recoupent les aspirations, qu’il s’agisse de la renaissance culturelle, de la consolidation des institutions démocratiques, de la sécurité, des infrastructures, de l’initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens », de l’accès à l’éducation, à la formation professionnelle et technique, à la santé, à l’eau et à l’assainissement ou de la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Grâce à la mise en œuvre de ce programme notre pays a connu une croissance moyenne annuelle de 6% entre 2011 et 2018. La croissance économique annuelle moyenne sera de 7% pour les cinq années à venir. Cela vaut à notre pays d’être cité, par la Banque Mondiale, dans le top 10 des pays dont les économies sont les plus dynamiques de l’Afrique au Sud du Sahara.

Mesdames et Messieurs,

Les perspectives sont donc bonnes pour nos pays et notre continent mais les menaces terroristes, les menaces des organisations criminelles ainsi que les conflits intercommunautaires peuvent hypothéquer l’avenir. Il s’agit là de menaces stratégiques qui peuvent, en l’absence de ripostes appropriées, pulvériser nos institutions étatiques. Le cas de la Somalie le prouve. Je sais qu’une Afrique en paix et en sécurité est une des aspirations de l’agenda 2063. Dans le cadre de cet agenda notre objectif est de faire taire les armes en 2020. Malheureusement cela ne paraît plus possible. Nous devons par conséquent accélérer la mise en place de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA) en particulier celle de la Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC) en attendant l’opérationnalisation de la Force Africaine en Attente. Nous devons agir vite pour atteindre toutes les cibles prévues dans le secteur de la paix et de la sécurité et mettre en œuvre toutes les stratégies déjà identifiées. En particulier il est urgent de juguler les menaces auxquelles les pays du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad sont confrontés. Il est urgent de sortir de la crise libyenne. Il est urgent de faire taire les armes en Centrafrique et en Somalie.

Mesdames et Messieurs,

L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est l’évènement le plus important dans la vie de notre continent depuis la création de l’OUA et sa transformation en Union Africaine. Il s’agit là d’un évènement qui redonne l’espoir dans la construction d’une Afrique unie et prospère. Permettez-moi de souhaiter que le début des échanges, dans le cadre de cet accord, intervienne rapidement et pour conclure, permettez-moi de vous réitérer tous mes vœux de bienvenue à ce sommet extraordinaire de lancement de cet évènement historique. Je souhaite à tous et à toutes un bon séjour à Niamey.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Texte: actuniger
Source photo: rfi.fr

DISCOURS DU PRÉSIDENT NIGÉRIEN ISSOUFOU MAHAMADOU A L’OCCASION DE LA NAISSANCE DU MARCHE COMMUN AFRICAIN....

Continental N°001_Web(1)Découvrez le journal Continental Info. Le nouveau-né dans le paysage médiatique au Cameroun.

A la une de Continental Info N° 1...

De nombreux compatriotes ont visiblement doivent connaître et comprendre la loi qui régit les associations et les manifestations au Cameroun.

Il faudrait qu’ils sachent que seul le chef du district ou le sous-préfet reçoivent la déclaration de manifestation.

Loi n°90 /055 du 19 décembre 1990 fixant le régime des réunions et des manifestations publiques au Cameroun.

Chapitre I : Dispositions générales

Article premier.- Le régime des réunions et des manifestations publiques est fixé par les dispositions de la présente loi.

Chapitre II : Des réunions publiques

Article. 2.- A un caractère public, toute réunion qui se tient dans un lieu public ou ouvert au Public.

Article. 3.- (1) Les réunions publiques, quel qu’en soit l’objet, sont libres.

(2) Toutefois, elles doivent faire l’objet d’une déclaration préalable.

(3) Sauf autorisation spéciale, les réunions sur voie publique sont interdites.

Article.4.- (1) La déclaration visée à l’article 3 al. 2 ci-dessus est faite auprès du chef de district ou du sous-préfet sur le territoire duquel la réunion est prévue trois jours francs au moins avant sa tenue.

(2) Elle indique les noms, prénoms et domicile des organisateurs, le but de la réunion, le lieu, la date et l’heure de sa tenue, et doit être signée par l’un d’eux.

(3) L’autorité qui reçoit la déclaration délivre immédiatement le récépissé.

Article. 5.- (1) Toute réunion publique doit avoir un bureau composé d’au moins trois personnes chargées de maintenir l’ordre, d’empêcher toute infraction aux lois, d’interdire tout discours contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, ou de nature à inciter à la commission d’actes qualifiés crime ou délit.

(2) L’autorité administrative peut déléguer un représentant pour assister à la réunion.

(3) Seul le bureau peut suspendre ou arrêter la réunion. Toutefois, en cas de débordement, le représentant de l’autorité administrative, s’il est expressément requis par le bureau, peut y mettre fin.

Chapitre III: Des manifestations publiques

Article. 6.- (1) Sont soumis à. l’obligation de déclaration préalable, tous les cortèges, défilés, marches et rassemblements de personnes et, d’une manière générale, toutes les manifestations sur la voie publique.

(2) Dérogent à l’obligation visée à l’alinéa 1er les sorties sur la voie publique conformes aux traditions et usages locaux ou religieux.

Article. 7.- (1) La déclaration prévue à l’article 6 ci-dessus est faite au district ou à la sous préfecture où la manifestation doit avoir lieu, sept jours francs au moins avant la date de ladite manifestation.

(2) Elle indique les noms, prénoms et domicile des organisateurs, le but de la manifestation, le Lieu, la date et l’heure du rassemblement et, s’il y a lieu, l’itinéraire choisi, et est signée par l’un d’eux faisant élection de domicile au chef-lieu ou de l’arrondissement ou du district.

Article. 8.- Le chef de district ou le sous-préfet qui reçoit la déclaration en délivre immédiatement récépissé.

(2) Toutefois, s’il estime que la manifestation projetée est de nature à troubler gravement l’ordre public, il peut, le cas échéant:

– Lui assigner un autre lieu ou un autre itinéraire ;

– interdire par arrêté qu’il notifie immédiatement au signataire de la déclaration au domicile élu.

(3) En cas d’interdiction de la manifestation, l’organisateur peut, par simple requête, saisir le président du tribunal de grande instance compétent qui statue par ordonnance dans un délai de 8 jours de sa saisine, les parties entendues en chambre du conseil.

(4) Cette ordonnance est susceptible de recours dans les conditions de droit commun.

Chapitre IV : Des dispositions pénales et diverses

Article. 9.- (1) Sans préjudice, le cas échéant, des poursuites pour crimes et délits, est puni des peines prévues à l’article 231 du Code pénal quiconque:

a) participe à l’organisation d’une réunion publique qui n’a pas été préalablement déclarée ;

b)) fait une déclaration de nature à tromper les autorités sur les conditions ou l’objet de la réunion ;

(2) Est puni des mêmes peines quiconque :

a) avant le dépôt de la déclaration ou après l’interdiction légale d’une manifestation, adresse, par quelque moyen que ce soit, une convocation pour y prendre part ;

b) fait une déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur les conditions de la manifestation projetée.

Article. 10.- Sont punis des peines prévues à l’article précédent, les organisateurs de toute manifestation publique sans déclaration requise ou après notification de l’interdiction légale.

Article.11. Le régime des réunions publiques pendant les campagnes électorales est fixé par la loi électorale.

Article. 12.- La présente loi abroge toutes dispositions antérieures.

Article. 13.- La présente loi sera enregistrée, publiée selon la procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français et en anglais.

Le Président de la République.

(é) Paul BIYA

Documents : Loi n°90 /055 du 19 décembre 1990 fixant le régime des réunions et des manifestations publiques au Cameroun....

 

Plusieurs décrets du président de la République publiés jeudi 22 février 2018 touchent l’Armée camerounaise.

Outre les nominations de responsables au Ministère de la Défense, S.E. Paul Biya a également procédé à la réorganisation du Commandement Militaire Territorial, à celle  de la 11ème,  de la 21ème  et  de la 12ème Brigade d’Infanterie Motorisée.

Lire l’intégralité des textes ici

Cameroun : d’importants textes du président de la République portant nomination au MINDEF et réorganisation de l’Armée camerounaise....

 

L’organisation institutionnelle et politique actuelle de la République du Cameroun puise sa légitimité et ses fondements dans la loi N° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juin 1972. Lire la CONSTITUTION_du_Cameroun-1996_et_2008

La Constitution de la République du Cameroun...

 

En visite officielle au Cameroun, la Secrétaire Générale du Commonwealth, Mme Patricia Scotland, a été reçue par le Président de la République, Paul BIYA, au Palais de l’Unité, mardi, 19 décembre 2017.

Lors de déjeuner offert à son hôte, S.E. Paul Biya a présenté la situation globale du pays qu’il dirige depuis 35 ans. Il s’agit, notamment de la crise qui secoue les deux régions anglophones du pays et de la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord. Sans oublier la situation économique.

« La Secrétaire Générale du Commonwealth a été élevée par le Chef de l’Etat à la dignité de Grand Officier de l’Ordre de la Valeur, la plus haute distinction honorifique accordée à un dignitaire étranger. »

 

Toast de S.E. Paul BIYA, à l’occasion du Déjeuner d’Etat offert en l’honneur de la Très Honorable Patricia SCOTLAND QC, Secrétaire Générale du Commonwealth.

Yaoundé, le 19 décembre 2017

Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

C’est un grand plaisir pour mon épouse et moi-même de vous accueillir, au nom du peuple camerounais, dans ce Palais, symbole de notre unité nationale.

A travers votre personne, je suis heureux d’avoir cette occasion pour exprimer au Commonwealth la reconnaissance de mon pays pour la contribution qu’il lui a apportée dans divers domaines depuis qu’il en est membre.

Depuis 1995, année de son entrée au Commonwealth, le Cameroun, Etat bilingue et multiculturel, s’est inspiré de la riche expérience de ses nombreux partenaires pour consolider son système démocratique, sous différents aspects et notamment la protection des droits de l’homme et l’organisation d’élections justes et transparentes. Je crois pouvoir dire que cet exemple a eu des résultats positifs que vous pouvez constater par vous-même.

Madame la Secrétaire Générale,

Le Cameroun s’est longtemps enorgueilli d’être un havre de paix et de stabilité dans notre sous-région.

Malheureusement, au cours des dernières années, l’organisation terroriste Boko Haram a mené, dans l’extrême-nord de notre pays, une série d’attaques meurtrières auxquelles nous avons dû faire face, dans un premier temps avec nos forces de défense et de sécurité nationales, ensuite avec la Force Multinationale Mixte formée sous l’égide de l’Union Africaine.

Grâce à la vaillance de ces troupes et à l’appui de nos partenaires internationaux, cet ennemi obscurantiste et barbare a été repoussé et contraint de se retirer dans ses derniers retranchements. Il en est désormais réduit à pratiquer de lâches attentats suicides qui nous obligent à rester vigilants.

Au moment où nous pensions en avoir fini avec cette menace, une agitation s’est manifestée, il y a environ un an, dans deux de nos régions, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Elle a pris corps chez les avocats et les enseignants qui ont fait valoir des revendications d’ordre professionnel. Le gouvernement les a prises en considération et édicté des mesures pour leur donner satisfaction. Concurremment, il a créé une « Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ». Elle est chargée de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider notre unité nationale et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du vivre-ensemble.

Cette commission s’est mise immédiatement au travail.

C’est le moment qu’ont choisi des extrémistes pour attaquer et assassiner des membres des forces de l’ordre isolés, au nom d’une organisation terroriste se réclamant d’objectifs clairement sécessionnistes.

Garant des institutions, selon notre Constitution, et en particulier de l’unité nationale, il est de mon devoir de rétablir l’ordre et de punir les coupables de ces assassinats.

Je n’en suis pas moins résolu à donner toutes ses chances à la commission précitée. J’ai toujours pensé en effet que le bilinguisme et le multiculturalisme sont des atouts exceptionnels pour notre pays, en ce qu’ils nous permettent d’avoir accès à deux grandes cultures et de dialoguer, dans leurs langues, avec un grand nombre de pays, spécialement en Afrique.

Je suis convaincu que l’immense majorité des Camerounais partage ce point de vue. C’est pourquoi je persisterai à rechercher des solutions de nature à conforter notre unité nationale.

Madame la Secrétaire Générale,

Pour le reste, le Cameroun doit faire face aux problèmes qui sont ceux des pays en développement.

Les séquelles de la crise financière de 2008 ont quelque peu ralenti notre rythme de croissance. La baisse des cours du pétrole et des matières premières a affecté nos recettes budgétaires et nous a amenés à conclure avec le FMI un programme, « sous facilité élargie ». Ce programme devrait nous permettre de retrouver le chemin d’une croissance forte, en évitant le recours aux mesures d’austérité. Nous n’en sommes pas moins déterminés à atteindre l’émergence à l’horizon 2035.

A cet égard, je considère que l’appartenance de mon pays au Commonwealth représente un double avantage :

– celui de participer aux programmes de coopération mise en œuvre par notre Organisation commune,

– et celui de nouer des liens privilégiés avec la plupart de ses membres.

Sur ces deux plans, il existe encore, j’en suis sûr, de nombreuses opportunités à saisir. Les échanges que nous avons eus ce matin me paraissent très prometteurs à cet égard.

Mesdames, Messieurs,

Distingués Invités,

Permettez-moi maintenant de vous inviter à porter un toast :

– à la santé de Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

– et à la pérennité de la coopération entre le Commonwealth et le Cameroun.-

Cameroun / Commonwealth : le président Paul Biya a raconté à Mme Patricia Scotland....

 

Le Ministre de la communication Porte-parole du gouvernement a présenté aux médias la « situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Nous vous livrons l’intégralité du propos liminaire de Monsieur Issa Tchiroma Bakary.

Mesdames, Messieurs le Journalistes,

En exécution des Très Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef des Armées, les Forces de Défense et de Sécurité mènent à l’heure actuelle des opérations dites de maintien de l’ordre et des opérations de défense dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

S’agissant des opérations de maintien de l’ordre conçues sur le concept dit « de maintien de l’ordre à visage humain », celles-ci consistent à faire respecter l’ordre public en usant à la fois de la sensibilisation des populations et en cas de nécessité, d’opérations appropriées à l’ordre et à la sécurité.

Les résultats obtenus de ces opérations sont probants, et la grande majorité de la population apporte sa collaboration à l’exécution des différentes missions y afférentes.

C’est ainsi qu’à titre d’illustration, les populations réagissent de plus en plus négativement, et ceci de manière visible, aux appels à la désobéissance civile et aux désordres de tous genres, émis par les fauteurs de troubles.

Je précise qu’aucun élément des forces de 3ème catégorie n’est impliqué dans ce type d’opération.

 

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme vous le savez, des bandes armées se réclamant de différents mouvements sécessionnistes, ont mené ces derniers temps des attaques dirigées contre les positions des Forces de Défense, en particulier dans les zones frontalières et certaines localités en bordure de la frontière Ouest du Cameroun.

Ces attaques, qui se sont majoritairement concentrées dans le département de la Manyu, région du Sud-Ouest, se sont parfois soldées par la mort d’éléments de nos Forces de Défense et de Sécurité.

Il convient de rappeler que les terroristes avaient profité de l’avantage que leur offrait la forêt épaisse adossée au Nigéria voisin, pour y créer des camps d’entrainement clandestins, à partir desquels ils organisent des raids visant des positions des Forces de Défense.

C’est à ce niveau que les forces de 3ème catégorie ont dû entrer en action à travers des unités tactiques, et mené des opérations de force visant à sanctuariser les zones exposées, à traquer l’ennemi et à sécuriser la frontière.

Au cours de ces opérations, de lourdes défaites ont été infligées aux criminels sanguinaires sécessionnistes.

Suite aux opérations de démantèlement ainsi menées, les refuges de ces hordes d’assassins ont été littéralement rasés et les villages précédemment pris en otage, libérés du joug terroriste.

Aucun civil, ni militaire n’a été tué ou blessé dans le cadre de ces missions, qui faut-il le souligner, ont été exécutées avec un professionnalisme exemplaire de la part de nos Forces de Défense.

Côté ennemi, de nombreux terroristes ont été définitivement neutralisés, plusieurs suspects arrêtés, d’importantes quantités d’armes de guerre et de chasse, ainsi que des centaines de munitions et d’uniformes militaires saisis.

À cette même occasion, des équipements de transmission et d’optique, de même que d’importants stocks de supports de propagande ont été récupérés.

Des sites d’exhibition et de parades sur lesquels les terroristes avaient hissé leurs étendards ont été également récupérés et sanctuarisés.

Il faudrait noter ici, la parfaite coordination entre les différentes Forces de 1ère, 2ème et 3ème catégories, dont l’étroite collaboration aura contribué au succès de cette série d’opérations.

Le concept d’inter-armisation prescrit par le Chef de l’État dans la réforme des armées de 2001, a parfaitement été mis en œuvre pour le succès de ces opérations.

Les Forces sur le terrain, dont il faut préciser qu’elles appartiennent aux unités terre, air et mer de ces Régions, ont en effet agi avec une synergie exemplaire.

Cette pression exercée sur l’ennemi va se poursuivre en s’intensifiant, jusqu’à l’éradication finale de ce mouvement.

Mais d’ores et déjà, les assaillants pris en tenaille par le dispositif mis en place par nos Forces de Défense et de Sécurité, sont désormais réduits à de lâches attaques sporadiques menées à visage couvert et usant de perfidie.

C’est l’une de ces attaques qui vient malheureusement de coûter la vie à quatre de nos gendarmes, froidement assassinés ce lundi 18 décembre 2017 dans la localité de Kembong, arrondissement d’Eyumodjock, département de la Manyu.

Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des Armées, salue la mémoire de ces braves soldats tombés sur le champ d’honneur.

Le Chef de l’État adresse aux familles endeuillées ses condoléances les plus attristées et s’associe le plus intimement à la douleur qu’elles ressentent en ce triste moment.

La nation tout entière apporte une fois de plus son réconfort et son soutien indéfectible à nos Forces de Défense et de Sécurité dans ce combat chevaleresque qu’elles mènent pour la paix, l’unité et la préservation de l’intégrité territoriale de notre pays.

Quant aux populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en proie à l’extrémisme violent et la barbarie aveugle qu’incarnent ces hors-la-loi invétérés, nous leur disons que tous leurs concitoyens demeurent solidaires avec eux dans ces moments difficiles qu’ils traversent.

Nous saluons leur engagement républicain grâce auquel les victoires contre cet ennemi commun continueront d’être remportées jusqu’à l’ultime étape.

Nous nous félicitons de la coopération fusionnelle qui lie nos Forces de Défense et de Sécurité avec les populations civiles dans les zones affectées où de nombreuses actions civilo-militaires sont effectuées et grâce auxquelles ces populations bénéficient de campagnes de santé gratuites, de fourniture d’équipements scolaires, de denrées alimentaires et produits de première nécessité.

Elles sont aussi sensibilisées sur le comportement citoyen et les dangers de la manipulation.

C’est le lieu d’en appeler à la vigilance de tous face aux dangers que présentent les manœuvres de désinformation orchestrées à travers les réseaux sociaux notamment et qui visent non seulement démobiliser les consciences positives, mais plus grave encore, à aseptiser ou à absoudre une cause aussi abjecte que celle menée par des terroristes embusqués derrière des prétextes politiciens.

En tout état de cause, le Président de la République, Chef de l’État, Chef des Armées, renouvelle au peuple camerounais, sa détermination à ramener la paix, la sécurité et la sérénité partout où le besoin se fera sentir à travers le territoire national.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

« Situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »...

 

Lors de leur dernière assemblée générale le 20 novembre 2017, au palais royal de la chefferie supérieure de Baleveng, les chefs supérieurs  garants des us et coutumes des peuples du département de la Menoua, ont donné leur caution au projet « Dschang Fête Ses 100 Ans ».

Dans un document remis au président de Taste Cameroon-Dschang, leurs majestés ont clairement écrit en noir et blanc : « Déclarons notre soutien total et sans réserve à ‘Dschang Fête Ses 100 Ans’ ».

Cette adhésion, ils la justifient. Mais avant tout ils se félicitent que le projet « Dschang Fête Ses 100 Ans » prend en compte « tous les quatre coins du département de la Menoua dans l’élaboration de la feuille de route de ladite célébration ».

Par ailleurs, « Dschang Fête Ses 100 Ans » est un projet fédérateur. Il  capte les filles et fils de la Menoua  dans toutes leurs diversités : de naissance, par adoption et par alliance.  Cela démontre l’ouverture,  la dimension nationale et internationale de cette célébration qui a le mérite, en plus,   de s’étaler sur toute une année.  De quoi être vu comme un grand laboratoire pour le  vivre ensemble.

Lire la Déclaration de soutien à l’organisation de « Dschang Fête Ses 100 Ans ».

Les deux organisations  chargées de la mise en œuvre du programme de la célébration, Taste Cameroon International et Taste Cameroon-Dschang  quant à elles sont déjà en ordre de bataille. Elles font des pieds et des mains pour que la célébration soit proportionnelle à la taille des mobilisations.

Augustin Roger MOMOKANA

Menoua / « Dschang Fête Ses 100 Ans » : les chefs traditionnels se mobilisent....

 

Voici le discours de Ahmadou Ahidjo le 1er octobre 1961 à la réunification du Cameroun…

Camerounaises, Camerounais,

Après plus de 40 années de séparation nous reformons aujourd’hui une même nation, un même Etat. Que ce jour heureux soit un jour d’allégresse pour tous les Camerounais qui croient en leur pays, qui aiment leur patrie. En moins de deux ans, ils auront atteint les deux objectifs essentiels qu’ils s’étaient fixés : l’indépendance et la réunification. Que cette réunification du territoire national soit le gage et le symbole de l’unité des esprits et de cœurs, tel est le vœu que je forme aujourd’hui devant tous les Camerounais.

Cette unité qui désormais ne dépend plus des forces étrangères, il nous appartient de la forger nous-mêmes dans un même élan patriotique. Il ne s’agit plus là dans une rubrique inscrite dans un programme de parti, mais d’une volonté profonde qui doit rester sans cesse présente dans les coeurs de chacun des hommes de notre pays, quel que soit leur idéologie, leur religion et leur groupe ethnique. Que serait en effet une union qui s’accompagnerait de divisions plus profondes que des frontières, de discussions apposant les frères contre les frères, les enfants contre les parents ?

J’en appelle à toutes les forces saines du pays qui sentent, qui savent que l’on ne peut rien faire de bon dans la discorde et dans la haine. A quelque niveau qu’ils soient, les Camerounais doivent se comporter comme les enfants d’une même famille que des discussions peuvent séparer temporairement, mais qui retrouvent au-delà de toutes les discordes les liens profonds qui les unissent.

Que vous soyez investis des charges publiques, chefs traditionnels ou fonctionnaires, que vous travaillez dans les champs, dans les usines ou les bureaux, que vous parliez ou non la même langue, vous êtes avant tout et par-dessus tout, des Camerounais qui sont jugés de l’extérieur sur leur comportement collectif et qui répondent devant l’histoire de ces premières années consacrées à la formation de la nation camerounaise.

Dans un monde où les conflits éclatent sans cesse, où les Etats faibles se font impitoyablement asservir, il serait criminel et impardonnable de détruire follement les immenses conquêtes que dans des circonstances souvent difficiles, nous avons réalisé en quelques années seulement.

Que ceux qui n’ont pas l’esprit par trop obscurci par la passion ou des appétits sordides et puérils, contemplent le chemin parcouru ; un Etat souverain dont la place est reconnue internationalement dans les plus hautes instances mondiales, une population faisant chaque jour des progrès nouveau dans le domaine de la connaissance, des élites investies des plus grandes responsabilités, une structure interne sans cesse renforcée, telles sont les lignes maîtresses d’une situation dont nous sommes fiers. Qui, il y a quelques années, aurait pu espérer atteindre de tels objectifs en un court laps de temps ?

Certes, nous n’ignorent pas les faiblesses qui entravent encore la réalisation d’un Cameroun plus prospère et plus heureux. Mais les faiblesses ne résident telle pas essentiellement dans l’absurdité criminelle d’un groupe aveuglé par la passion et l’envie ? Combien de fois ne les avons-nous pas conviés à regarder les réalités en face, à rejoindre sans réticence la communauté nationale prête à les accueillir.

En dépit de ces appels renouvelles, du pardon accordé, quelques-uns se sont obstinés dans une lutte sans espoir qui absorbe des forces qui pourraient être consacrées à améliorer le bien-être de leurs frères qui en ont besoin. En ce jour solennel, je leur demande une fois de plus, à leur action, à leur avenir personnel et à l’avenir de leur patrie.

D’un côté, ils peuvent envisager le deuil, la misère, le désordre, sans aucune chance pour eux d’accéder à une vie d’homme qui vaille la peine d’être vécue. De l’autre côté, ils peuvent collaborer à l’action la plus exaltante que peut espérer un citoyen : la construction d’une nation dans l’ordre, la paix et la tranquillité.

Aujourd’hui, ceux qui ont été trompés par des promesses mensongères, qui ont été abusés par des hommes sans vergogne mandatées par l’étranger, peuvent encore opérer le choix que je les propose.

S’ils persistent dans le crime, la tuerie, le pillage et la violence, qu’ils sachent que nous serons sans pitié, que nous avons un patrimoine à défendre que nous ont légué nos ancêtres et que nous saurons le défendre. Nous en avons les moyens, l’énorme majorité du pays est derrière nous et jamais ils ne parviendront à satisfaire leurs basses ambitions ; jamais ils n’imposeront à un pays qui l’exècre ; la dictature dont ils rêvent ou l’anarchie qui réduira leur Cameroun à un triste chaos.

Si au contraire, ils renoncent à leurs horreurs, si les yeux s’ouvrent aux réalités d’un monde véritable, la patrie camerounaise les accueillera sans réticence et les ménagera une place, car aujourd’hui comme hier, l’œuvre qui se propose à nous est immense et requiert la participation à tous.

Le peuple camerounais qui comptera désormais plus de quatre millions est en train de faire sa place dans le monde ; il noue des alliances avec les autres peuples frères d’Afrique ainsi qu’avec toutes les autres nations éprises de liberté. Il a l’ambition d’apporter une contribution positive et importante à l’édification de l’Unité Africaine dont les premiers pas s’avèrent pleins de promesses.

Réunissant aujourd’hui les populations d’expression françaises et d’expression anglaise, le Cameroun sera le véritable laboratoire d’une union africaine qui doit rassembler les Etats parlant ces deux langues ; il formera un pont entre les Afriques et son rôle ne peut être qu’accru dans les prochaines assemblées africaines.

Cette particularité nouvelle dans le monde aujourd’hui lui permettra d’élargir sa vision dans les choses internationales et de mener une politique de coopération avec toutes les nations qui accepteront son amitié et respecteront son indépendance et son idéologie.

Ainsi, forts de nos deux communautés, nous pourrons poursuivre au profit du Cameroun mais aussi de toute l’Afrique et du monde, le renforcement d’un Etat que nous voudrons accueillant à tous, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, d’Afrique ou d’au-delà des mers.

Nombreux sont les étrangers qui nous ont fait confiance, leur présence est précieuse, non seulement pour le développement de notre économie, mais aussi pour le renforcement de l’unité que nous entendons maintenant entre notre pays et les pays étrangers. Que demain ils restent avec nous, nous protégerons leurs personnes, leurs droits et leurs biens, et ils vivront avec nous en toute liberté dans une atmosphère de compréhension et de cordialité.

Nous leur demandons, en retour, comme cela est la règle dans tout Etat indépendant, de respecter notre souveraineté et pour certains d’oublier un passé, et des habitudes, qui ne sont plus de mise aujourd’hui. Ainsi, nous créerons une communauté où l’homme échappant à l’antique malédiction ne sera plus un loup pour l’homme et où tous, nous pourrons conjuguer nos volontés, nos efforts et nos activités, faire du Cameroun un pays où il fera bon vivre.

Que ces paroles pénètrent jusqu’au cœur de chacun de vous Camerounais de toujours, aujourd’hui citoyens d’un même Etat mais quelles parviennent aussi jusqu’à nos frères du Cameroun septentrional qui auraient dû se trouver parmi nous aujourd’hui. S’ils ne peuvent s’associer à notre joie, ils savent que nous ne les oublions pas et qu’ils restent présents au fond de nos cœurs. Camerounaises, Camerounais, l’an Un du Cameroun indépendant s’ouvre aujourd’hui sur un avenir qui sera celui que nous bâtirons ensemble.

Que cet avenir nous apporte toutes les joies auxquelles nous pouvons prétendre après une longue et difficile étape, nous ne pouvons en douter, si chacun garde au cœur l’amour de sa patrie, mais aussi au-delà de toutes les diversités qui trop souvent nous séparent, l’amour de l’homme. Vive la République Fédérale ! Vive le Cameroun !

El Hadj Ahamdou Ahidjo

Cameroun : le poignant message d’Ahidjo aux séparatistes il y a 56 ans....