Paul Biya a finalement décidé de convoquer un “grand dialogue national”, en lieu et place d’un dialogue inclusif, sur la crise anglophone. Dans ce discours à la Nation, il a ignoré la situation catastrophique dans l’extrême-Nord, la crise engendrée par l’élection présidentielle du 7 octobre, et la montée du tribalisme.
Ceux qui s’attendaient à ce que Paul Biya, compte tenu de la gravité de la situation et de son principal auditoire, s’exprime directement en anglais ont déchanté.

Le Message du Chef de l’État à la Nation dans son intégralité

Camerounaises, Camerounais,

Mes Chers compatriotes,

Depuis près de trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de notre pays sont en proie à une crise, qui met en péril la sécurité et le bien-être des populations qui y vivent, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la communauté nationale.

Cette crise, faut-il le rappeler, est née des revendications corporatistes des Avocats et des Enseignants, qui réclamaient la traduction en langue anglaise des Actes Uniformes OHADA et la préservation de la spécificité du système judiciaire et du système éducatif anglo-saxon dans les deux régions.

Dès le départ, fidèle à une option qui m’est chère, j’ai instruit l’instauration d’un dialogue entre le Gouvernement et les organisations syndicales en vue de trouver des réponses appropriées à ces revendications. Les mesures qui ont été prises par le Gouvernement à l’issue de ces concertations, sont allées bien au-delà des revendications de départ. Qu’il me soit permis d’en énumérer quelques unes :

– la traduction en langue anglaise des textes OHADA a été effectuée. Ces textes sont désormais disponibles dans nos deux langues officielles ;

– une Section de la Common Law a été créée à la Cour Suprême, afin de connaitre des pourvois formés contre les décisions des juridictions inférieures, dans les affaires relevant de la Common Law ;

– au plan de la formation des Magistrats, une Section de la Common Law a été créée à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature. Cette mesure a été accompagnée d’un programme de recrutement des Auditeurs de justice et des Greffiers d’expression anglaise ;

– par ailleurs, un recrutement spécial d’Enseignants bilingues a été mis en œuvre dans l’Enseignement secondaire ;

– au plan judiciaire, un arrêt des poursuites a été ordonné en faveur de certaines personnes interpellées dans le cadre de ces revendications ;

– Une Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme a été créée, afin notamment d’examiner en profondeur l’ensemble des sources de frustrations de nos compatriotes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Par la suite, des décisions ont été prises pour accélérer le processus de décentralisation, avec en prime la création d’un Ministère dédié. Les prochaines élections régionales serviront à parachever ce processus, en permettant à nos compatriotes, sur l’ensemble du territoire national, de participer pleinement à la gestion de leurs affaires au niveau local.

Mes Chers compatriotes,

Malgré ces efforts du Gouvernement, des mouvements radicaux, principalement inspirés de l’étranger, ont récupéré et dévoyé les revendications corporatistes. Ils ont ainsi ourdi un projet sécessionniste avec pour but, la partition de notre pays. A cette fin, ils ont constitué et financé des groupes armés qui ont causé un lourd préjudice aux populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le monde entier a été témoin des atrocités commises par ces groupes armés : mutilations, décapitations, assassinats des éléments des Forces de Défense et de Sécurité, des autorités administratives et des civils sans défense, destructions des infrastructures et édifices publics, incendie des écoles, des hôpitaux, etc.

Je voudrais saisir la présente occasion, pour réitérer mes condoléances les plus sincères et celles de la Nation tout entière à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans le cadre de cette crise. J’adresse également un message de réconfort aux blessés et à toutes les autres victimes à divers titres. Je leur donne l’assurance qu’ils peuvent compter sur la solidarité du Gouvernement de la République et sur celle de la Nation tout entière.

Mes Chers compatriotes,

Les exactions des groupes armés ont poussé des milliers de nos compatriotes à se réfugier dans les autres régions du pays, voire, pour certains, dans des pays voisins où ils sont réduits à la précarité.

Face à ces actes intolérables, les Forces de Défense et de Sécurité ont pris des mesures énergiques, souvent au péril de leur vie, pour assurer leur devoir de protection des citoyens et de leurs biens.

A l’heure actuelle, ces mesures commencent à porter leurs fruits avec l’amélioration de la sécurité et la reprise progressive des activités économiques dans les deux régions.

Mes Chers compatriotes,

Depuis la survenance de cette crise, je n’ai ménagé aucun effort, avec l’aide de Camerounaises et de Camerounais de bonne volonté, pour rechercher les voies et moyens d’une résolution pacifique de celle-ci.

Dans un souci d’apaisement, j’ai même décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires pendantes devant les tribunaux militaires contre 289 personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de cette crise.

Dans le même ordre d’idées, j’ai adressé une offre de paix aux membres des groupes armés, en les invitant à déposer les armes et à bénéficier d’un processus de réintégration dans la société. A cet effet, un Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration a été créé. Les Centres Régionaux de Désarmement accueillent progressivement de nombreux ex-combattants qui acceptent volontairement de déposer les armes. Nous allons continuer à déployer les efforts nécessaires pour que ce processus soit pleinement opérationnel.

Au plan humanitaire, j’ai décidé du lancement d’un vaste plan d’assistance à nos compatriotes éprouvés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. J’ai également créé un Centre de coordination de l’action humanitaire chargé de mettre ledit plan en œuvre. Je voudrais à cet égard, dire merci aux partenaires internationaux qui nous accompagnent dans cette initiative.

Mes Chers compatriotes,

Pour expliquer cette crise, il a souvent été évoqué un sentiment de marginalisation qu’éprouveraient les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Je voudrais à cet égard redire à nos compatriotes de ces régions, mais également à ceux des huit autres régions du Cameroun, que la marginalisation, l’exclusion ou la stigmatisation n’ont jamais inspiré l’action des différents Gouvernements que j’ai formés depuis mon accession à la Magistrature suprême de notre pays. Certes, aucune œuvre humaine n’est parfaite et dans un pays en développement tel que le nôtre, confronté à de multiples défis et ne disposant que de ressources limitées, de nombreux besoins restent encore insatisfaits, dans toutes les régions.

Fort du soutien massif que vous m’avez accordé lors de la dernière élection présidentielle, je continuerai à œuvrer sans relâche, avec toutes les filles et tous les fils de notre pays, à relever les multiples défis auxquels nous sommes confrontés pour améliorer le bien-être de nos populations, notamment en matière d’infrastructures, d’approvisionnement en eau et en électricité, de couverture sanitaire et d’emploi des jeunes.

Mes Chers compatriotes,

Le 4 janvier dernier, j’ai procédé à un important remaniement ministériel, avec notamment la nomination d’un nouveau Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Le choix de ces responsables a, comme à l’accoutumée, été principalement guidé par leurs qualités humaines et professionnelles, leurs compétences et leur expérience. Je voudrais néanmoins souligner que, fidèle à la politique d’équilibre régional que je n’ai cessé de promouvoir, j’ai choisi un Premier Ministre originaire de la région du Sud-Ouest. Son prédécesseur, qui a quant à lui passé près de dix ans à ce poste clé, était originaire de la région du Nord-Ouest. De fait, depuis le 9 avril 1992, les Premiers Ministres, Chefs du Gouvernement, ont été choisis parmi les ressortissants de ces deux régions.

Malgré cela, certains continueront à parler de marginalisation des populations de ces régions. En fait, il y a lieu de reconnaitre, au plan général, que la nature humaine est ainsi faite qu’il n’y aura jamais assez de postes de responsabilité pour satisfaire toutes les régions, tous les départements, les arrondissements, les villes, villages, familles et citoyens de notre pays. Chaque choix continuera de provoquer de la joie lorsque l’on sera distingué et de la tristesse lorsqu’on ne le sera pas.

Il est cependant indispensable que nos mentalités évoluent sur ce point. S’il est nécessaire de tenir compte de l’équilibre régional dans des pays neufs, à la structuration sociologique diverse tel que le nôtre, il est indispensable de rappeler que les Ministres et autres responsables ne sont pas nommés seulement pour servir leurs régions, leurs villages ou leurs familles, mais l’ensemble de la communauté nationale. Ils doivent être au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers.

C’est pourquoi, depuis mon accession au pouvoir, je n’ai cessé et je ne cesserai de mener, avec acharnement, la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics et de promouvoir la bonne gouvernance.

Mes Chers compatriotes,

Depuis la survenance de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, jamais le terme dialogue n’a été autant évoqué, prononcé, voire galvaudé.

A l’interne comme à l’international, chacun y est allé de ses propositions et de ses suggestions. Certaines d’entre elles réalistes, d’autres nettement moins. Les conseils ont afflué. Certains avisés, d’autres intéressés. D’aucuns se sont même risqués à des injonctions.

Des initiatives multiples et diverses ont également fleuri. La plupart du fait de personnes de bonne foi, de pays ou d’organisations véritablement soucieux du devenir de notre pays et du bien-être de nos populations. Qu’il me soit permis de les remercier pour leurs efforts et leurs témoignages d’amitié.

Il y a toutefois lieu de remarquer que la prolifération de ces initiatives s’est parfois malheureusement appuyée sur des idées simplistes et fausses, procédant de la propagande sécessionniste. Il en est ainsi de la prétendue marginalisation des Anglophones, de la persécution de la minorité anglophone par la majorité francophone, du refus du dialogue par notre Gouvernement au bénéfice d’une solution militaire à la crise ou encore des accusations ridicules de génocide.

S’agissant du dialogue lui-même, la question s’est toujours posée de savoir, Avec qui ?

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication et notamment les réseaux sociaux ont malheureusement favorisé l’apparition de leaders autoproclamés, d’extrémistes de tout bord essayant d’asseoir leur notoriété par le biais d’injures, de menaces, d’appels à la haine, à la violence et au meurtre.

Or, tuer des gendarmes ou des civils, kidnapper, mutiler, molester, incendier, détruire des infrastructures publiques, empêcher les enfants d’aller à l’école ou les populations de vaquer tranquillement à leurs occupations n’a jamais été, dans aucun pays au monde, source de légitimité pour représenter ou s’exprimer au nom des populations justement victimes de ces exactions.

En démocratie, seule l’élection confère une telle légitimité.

Mes Chers compatriotes,

Les nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exercer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfugiés et les personnes déplacées revenir et les enfants retrouver le chemin de l’école. La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment.

J’ai la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité.

C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation.

Le dialogue dont il est question, concernera principalement la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais il est évident qu’en cela même il touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne saurait intéresser uniquement les populations de ces deux régions.

Il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès.

Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc.

Présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, ce dialogue réunira une palette diverse de personnalités : parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités traditionnelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Seront également invités des représentants des Forces de Défense et de Sécurité, des groupes armés et des victimes.

Tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement part à ce dialogue, mais chacun aura l’occasion d’y contribuer.

En amont de la tenue effective du dialogue, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, mènera de larges consultations, afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats. Des Délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de lui permettre d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise.

Je voudrais à cet égard en appeler au patriotisme et au sens des responsabilités de tous nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora pour que chacun, où qu’il se trouve, saisisse cette opportunité historique pour contribuer à conduire notre pays sur les chemins de la paix, de la concorde, de la sécurité et du progrès.

Mes Chers compatriotes,

La propagande des sécessionnistes a voulu présenter les décisions de justice récemment rendues à l’encontre d’un certain nombre de nos compatriotes, dans le contexte de cette crise, comme un obstacle au dialogue envisagé.

Il n’en est rien. Je voudrais d’ailleurs en profiter pour préciser que le respect de la règle de droit et la lutte contre l’impunité constituent les piliers de la consolidation de l’État de droit, à laquelle nous aspirons tous. Fouler aux pieds la règle de droit et assurer l’impunité à certains citoyens, aboutiraient à préparer le lit de l’anarchie.

Il est donc fondamental, à ce stade, de dissiper les rumeurs selon lesquelles, l’on peut tranquillement piller, violer, incendier, kidnapper, mutiler, assassiner, dans l’espoir qu’un éventuel dialogue permettra d’effacer tous ces crimes et assurera l’impunité à leurs auteurs.

Une telle façon de penser ne peut qu’encourager la perpétuation des violences dans les régions en crise et même en susciter dans les régions où il n’y en a pas, ainsi que nous l’enseigne l’expérience vécue par plusieurs pays dans le monde.

Il est toutefois vrai que dans le cadre d’un dialogue, d’un processus de paix ou de réconciliation nationale, il puisse être envisagé l’éventualité d’un pardon, dans certaines conditions.

Il est tout également vrai qu’aux termes de notre Constitution, le Chef de l’État est habilité à user d’un droit de grâce.

C’est d’ailleurs fort de cette habilitation que j’ai adressé, lors de ma récente prestation de serment, une offre de paix aux membres des groupes armés.

Je voudrais solennellement réitérer en ce jour cette offre. Ceux qui volontairement déposent les armes et se mettent à la disposition des centres de DDR, n’ont rien à craindre. Leurs camarades qui s’y trouvent déjà peuvent en témoigner. En revanche, ceux qui persisteront à commettre des actes criminels et à violer les lois de la République, feront face à nos Forces de Défense et de Sécurité et subiront toute la rigueur de ces mêmes lois. Il en est de même des promoteurs de la haine et de la violence qui, confortablement et impunément installés dans des pays étrangers, continuent à inciter au meurtre et aux destructions. Qu’ils sachent qu’ils devront tôt ou tard rendre des comptes à la Justice.

J’en appelle justement aux pays qui abritent ces extrémistes. S’ils se soucient réellement de la situation des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qu’ils agissent contre ces criminels. La plupart n’ont plus la nationalité camerounaise, mais ils passent leur temps à collecter des fonds pour perpétrer des actes terroristes au Cameroun, à commanditer des incendies, des kidnappings et des assassinats et à lancer des mots d’ordre pour empêcher les enfants d’aller à l’école et les citoyens de vaquer tranquillement à leurs occupations.

Mes Chers compatriotes,

La communauté nationale tout entière fonde de grands espoirs sur les assises que je viens d’annoncer. Elle espère y voir l’opportunité pour nos frères et sœurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de tourner cette page particulièrement douloureuse, d’oublier leurs souffrances et de retrouver une vie normale. Elle espère également voir notre pays poursuivre résolument sa marche vers le progrès, grâce à une réflexion féconde sur les voies et moyens de créer les conditions d’une exploitation optimale des ressources naturelles et du formidable potentiel humain que recèle notre pays. Nous devons donc tous œuvrer à leur succès.

Mes Chers compatriotes,

Au fil du temps, nous avons su tirer parti de notre formidable diversité linguistique et culturelle, du talent de nos filles et de nos fils, de nos efforts et de nos sacrifices méritoires, pour bâtir un pays solide et une Nation forte. Ensemble nous avons relevé de nombreux défis et remporté d’innombrables victoires. Nous avons prouvé que lorsque nous sommes unis, il n’y a pas de difficulté que nous ne puissions surmonter, d’obstacle que nous ne puissions franchir. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouverons encore aujourd’hui et demain. L’avenir de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se trouve au sein de notre République.

Le Cameroun restera un et indivisible.
Vive le Cameroun !

MESSAGE DU CHEF DE L’ÉTAT A LA NATION : COMMENT AVEZ-VOUS TROUVE CETTE SORTIE SPÉCIALE DU PRÉSIDENT PAUL BIYA ?

CAMEROUN : LE MESSAGE DU CHEF DE L’ÉTAT A LA NATION LE 10 SEPTEMBRE 2019...

Le RDPC (rassemblement démocratique du peuple camerounais) a tenu un grand meeting à la place des fêtes de Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest, samedi 20 juillet 2019.

De cette messe d’incantation contre les ennemis du Cameroun, il ressort que deux compatriotes doivent payer les frais de la crise sociopolitique qui lamine notre pays : le professeur Maurice Kamto (président du MRC emprisonné depuis sa marche blanche du 27 janvier dernier) et Patrice Nganang, l’écrivain et activiste politique qui appelle les Bamiléké à se défendre contre toute éventuelle attaque par une tribu.
Dans sa déclaration, la délégation permanente régionale du RDPC réaffirme son soutien inébranlable à Paul Biya et condamne « les propos génocidaires ou tout discours haineux et stigmatisant » de l’écrivain Patrice Nganang.

L’intégralité de la déclaration sanctionnant le Meeting de Bafoussam

Nous,
Président du Sénat ;
Secrétaire Général du Comité Central du RDPC ;
Membres du Gouvernement et Assimilés originaires de la Région de l’Ouest ;
Chefs, Membres et Chargés de mission des Délégations permanentes régionale et départementales du Comité central du RDPC pour l’Ouest ;
Membres du Comité Central du RDPC ;
Parlementaires ;
Magistrats et Conseillers municipaux ;
Chefs traditionnels ;
Responsables politiques à la base, militantes et militants du RDPC ;
Membres des Partis alliés ;
Élites, forces vives et populations de la Région de l’Ouest,

Réunis ce jour 20 juillet 2019 à la Place des Fêtes de Bafoussam ;
Profondément consternés et indignés par la perpétration d’actes odieux, antipatriotiques et d’outrage contre les Institutions de la République et leur garant S.E. Paul BIYA, Président de la République, Chef de l’État, les 25 et 29 juin 2019 à Genève en Suisse par une horde d’individus se réclamant de certains groupes extrémistes ;
Ayant pris connaissance de la gravité du funeste dessein que projetaient les membres de cette nébuleuse, à savoir désacraliser l’institution présidentielle, projet amplement exposé et défendu dans les réseaux sociaux où, au quotidien, les intéressés, qui ne cachent pas leur proximité avec un certain parti politique dont le leader est un mauvais perdant de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, font montre de barbarie et d’incivilités, par le biais de la pratique récurrente d’invectives, d’offenses, d’insultes infamantes et de menaces ouvertes en direction du Président de la République, de Sa distinguée épouse et de Sa famille ;
Rattachant ces évènements avec ceux précédemment orchestrés le 26 janvier 2019, notamment le saccage des Ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin et la profanation subséquente des emblèmes et symboles de l’Etat par la même bande d’ennemis de la Nation et leurs soutiens, pour les mêmes motifs ;
Ayant par ailleurs pris acte avec stupéfaction de la prolifération dans l’espace public et notamment dans les réseaux sociaux et certains médias, de discours haineux aux relents identitaires, menaçant la paix sociale et la cohésion nationale, avec pour certains des appels au génocide, à la division et à la stigmatisation sur la base de l’origine ethnique ou régionale ;

Ayant constaté une volonté malsaine d’une partie de la classe politique nationale ainsi que de l’opinion publique à amalgamer les auteurs de ces agissements inadmissibles qui contrastent avec les valeurs traditionnelles des peuples de l’Ouest à l’ensemble de cette communauté ;
Conscients des efforts inlassables que le Chef de l’Etat déploie méthodiquement, patiemment et discrètement pour un retour à une paix durable dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ainsi que pour l’éradication du groupe terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord, tout en maintenant le cap pour l’émergence ;

Prenant acte du fait que l’immense majorité des citoyens camerounais, manifestent leur volonté profonde d’œuvrer pour le développement de leur pays dans une ambiance de vivre ensemble harmonieux, sous la houlette de S.E. Paul BIYA :
Condamnons unanimement et sans réserve les atteintes aux Institutions de la République ainsi qu’à Celui qui les incarne, atteintes révélatrices d’une volonté insurrectionnelle assumée de prise de pouvoir par des voies anticonstitutionnelles ;

Relevons, afin que nul n’en ignore, que le Président de la République, Plus Haute Autorité de l’État, est le garant de l’unité, de l’intégrité du territoire, de l’indépendance et de la souveraineté internationale du Cameroun ;

Déclarons indignes, en vertu du sacro-saint principe du « respect dû au Chef » qui fonde l’organisation socio-politique dans les us et coutumes de la Région de l’Ouest, les instigateurs, les auteurs et tout autre complice de ces actes ignobles et irrévérencieux dont certains sont des ressortissants de la Région de l’Ouest ;

Appelons les filles et les fils de la Région de l’Ouest de l’intérieur et de la diaspora à se désolidariser de cette bande d’égarés et de leurs commanditaires pour barrer la voie à l’imposture, à la diffamation et au mensonge éhonté et se consacrer à des préoccupations plus utiles et nobles pour leur propre épanouissement, le développement de leur communauté et partant, celui de leur pays ;

Invitons ceux de la diaspora en particulier à être des dignes ambassadeurs de leur pays et à défendre son image et sa réputation ;

Soulignons que les individus engagés dans des démarches illégales et anti-républicaines ne sont ni significatifs, ni représentatifs des populations et des valeurs de la Région de l’Ouest et n’engagent qu’eux-mêmes ;

Réaffirmons que la Région de l’Ouest, à l’image de la Nation tout entière, dans son immense majorité, reste et demeure tangiblement acquise à S.E. Paul BIYA, comme elle l’a démontré lors de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 ci-dessus évoquée, à l’issue de laquelle, seulement à l’intérieur de ses limites administratives, elle a offert au terme des résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel, le troisième vivier de voix au Président de la République, auquel il faudrait ajouter celles de ses filles et fils installés hors de la Région ;

Rappelons qu’à cette élection, d’une part, l’écart entre le Président Paul BIYA et son concurrent immédiat dans la Région de l’Ouest était de près de 100 000 voix, d’autre part ce concurrent, à qui la réalité du terrain politique de l’Ouest n’échappe pas, ayant été battu même jusque dans son département d’origine, n’a pas osé formuler un recours en contestation devant les instances compétentes, comme il l’a pourtant fait pour les résultats des autres régions ;

Demandons aux représentations diplomatiques et autres partenaires au développement, dont nous apprécions le partenariat, de s’abstenir de toute ingérence dans les procédures judiciaires au Cameroun, et de respecter la justice camerounaise, laquelle est indépendante et rendue au nom du peuple conformément aux principes de l’État de droit (égalité devant la loi pénale, présomption d’innocence, droit à un procès équitable, etc.)

Considérons en conséquence qu’en toute circonstance, il faut faire confiance à la justice camerounaise, à l’attachement du Président de la République à l’État de droit, à la démocratie et à la séparation des pouvoirs ;

Appelons l’Union Africaine l’Union Européenne et toutes les organisations internationales à constater et à condamner la tentative de changement anticonstitutionnel d’un régime légitime et démocratique ;

Réitérons au Président Paul BIYA notre soutien inconditionnel et indéfectible autant à sa personne, qu’à sa politique des « Grandes Opportunités » ;

L’encourageons et le soutenons dans la recherche de toute solution utile visant au rétablissement de la paix sur toute l’étendue du territoire national ;

Saluons avec déférence la sagesse, la pondération et le calme avec lesquels le Président de la République gère cette agitation, renforçant la stature d’Homme d’État qui le caractérise ;

Condamnons fermement par ailleurs les propos génocidaires ou tout discours haineux et stigmatisant mettant à mal la cohésion nationale et la paix sociale, quels qu’en soient les auteurs et le support sur lequel ils sont tenus ;

Demandons au Gouvernement de prendre, en vertu des lois nationales ou internationales, les mesures appropriées contre toute personne qui, à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire national, fait l’apologie du génocide, de la discrimination ethnique, du tribalisme ou du terrorisme ;

Invitons solennellement, d’une part, les filles et les fils de la Région de l’Ouest, où qu’ils se trouvent, d’autre part, tous les camerounais sans discrimination, à s’abstenir de tout propos ou de tout acte de nature à mettre à mal le vivre ensemble, qui fait de notre diversité la plus grande richesse de notre pays ;

Soutenons la promotion par le Président de la République de l’émergence comme grande cause nationale galvanisant les énergies, transcendant les querelles, rassemblant tous les Camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, de l’intérieur et de l’extérieur ;

Promettons au Président de la République de nous mobiliser pour la réussite de Son Septennat des Grandes Opportunités;

Prions Dieu Tout Puissant de prendre notre pays et notre peuple en grâce et de continuer à accorder au Président de la République santé, longévité et sagesse dans l’accomplissement de sa noble et exaltante charge à la tête de notre cher et beau pays, le Cameroun.

Fait à Bafoussam, le 20 juillet 2019

CRISE SOCIOPOLITIQUE : LE RDPC TIENT PATRICE NGANANG POUR PRINCIPAL RESPONSABLE....

Voici le discours du président nigérien Issoufou Mahamadou à l’occasion de la création du marché commun africain ou zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf) dimanche 7 juillet à Niamey.

Excellence Monsieur le Président Abdelfattah Al Sissi, Président de la République Arabe d’Égypte et Président en Exercice de l’Union Africaine,

Majesté,

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,

Monsieur Moussa Faki Mahamat Président de la Commission de l’Union Africaine,

Madame Amina Mohamed Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Communautés Économiques Régionales,

Mesdames et Messieurs les Experts,

Distingués Hôtes, amis et partenaires du Niger et de l’Afrique,

Mesdames et Messieurs,

Le Niger est heureux d’accueillir la présente session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine dédiée au lancement de la phase opérationnelle de la zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAf).

Mon pays, véritable carrefour entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara d’une part et entre l’Atlantique et la Mer Rouge d’autre part, est honoré de recevoir toute l’Afrique. Cette position géographique privilégiée, du fait des brassages et contacts qu’elle autorise, a fait des nigériens un peuple ouvert, hospitalier et particulièrement attaché aux valeurs du panafricanisme. C’est au nom de ce peuple, enthousiaste, que je souhaite, à tous, la chaleureuse bienvenue, ici, à Niamey.

Mesdames et Messieurs,

Oui, le peuple Nigérien est profondément attaché aux valeurs du panafricanisme, valeurs qui ont été portées par plusieurs générations de panafricanistes depuis celle du « retour à l’Afrique » de Marius Garvey jusqu’à celle de l’Union Africaine, en passant par celle du premier Congrès panafricaniste tenu à Paris en 1919, en marge de la Conférence de la paix de Versailles, celle des différents congrès de Londres et de Manchester, celle des indépendances avec les groupes de Monrovia et de Casablanca dont la fusion a donné naissance à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Oui, le peuple Nigérien est profondément attaché à ces valeurs parce qu’il est convaincu que l’unité africaine est la seule voie qui permettra d’assurer la renaissance, la dignité et le progrès pour chacun de nos pays et pour l’ensemble du continent. Voilà pourquoi le Niger, représenté par son premier Président, le Président Diori Hamani, fut, en 1963, parmi les membres fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Voilà pourquoi un de ses enfants, Monsieur Idé Oumarou, soutenu par le Général Seyni Kountché, en fut Secrétaire Général de 1985 à 1989.En fin, voilà pourquoi j’ai accepté l’honneur que vous m’avez fait, chers frères chefs d’État et de Gouvernement, d’être champion de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Ce fut en Janvier 2017 à Addis-Abéba. Or, 2017 était précisément la date retenue par le premier plan décennal de l’agenda 2063 pour aboutir à un accord avec finalisation et lancement en 2018 et appropriation l’accord en 2018-2019. Il fallait donc faire vite. Il fallait accélérer la cadence. C’est ce que nous avons fait avec les experts, le Commissaire au Commerce, les Ministres du Commerce, les Communautés Économiques Régionales, le Président de la Commission de l’Union Africaine et les partenaires auxquels je rends, ici, un hommage mérité.

Quinze mois après ma désignation comme champion, 44 États signèrent, le 21 Mars 2018, à Kigali, l’accord portant sur la libéralisation du commerce des marchandises et des services ainsi que sur le règlement des différends. Aujourd’hui, avec la signature du Nigéria ce matin, 5 3 États sont signataires de cet accord qui est entré en vigueur depuis le 30 Mai après que 24 États l’aient ratifié. Permettez-moi de féliciter le Président Muhamadu Buhari pour l’adhésion de son pays à l’Accord de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Sans le Nigéria, première puissance économique du Continent, il y’aurait eu un goût d’inachevé dans la conclusion de cet accord.

Mesdames et Messieurs,

L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est la plus rapide de toute l’histoire des négociations au sein de notre organisation. Cela prouve, s’il en est besoin, l’intérêt que nos peuples et nos États attachent à l’accroissement des échanges intra-africains. Il en est ainsi parce que nos peuples et nos États en connaissent les avantages. Il en est ainsi parce que la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est une forte contribution à sortir des 84 milles kilomètres de frontières héritées de la colonisation. Elle permet d’en sortir non pas en redessinant les frontières actuelles, mais en en sortant par le haut, par l’intégration. En éliminant progressivement les droits de douane sur le commerce intra-africain, elle offre, avec un marché de 1,2 milliards de consommateurs aujourd’hui et 2,5 milliards en 2050, des possibilités commerciales immenses, notamment pour les entreprises africaines.

Mesdames et Messieurs,

Nous devons tout mettre en œuvre pour optimiser les effets positifs de la ZLECAf.

L’optimisation de ces effets positifs ne sera obtenue que si les protocoles déjà signés sur la libéralisation du commerce des marchandises, des services et sur le règlement des différends sont accompagnés d’accords, actuellement en cours de négociation, sur les investissements, sur la concurrence et sur la propriété intellectuelle.

Par ailleurs, les pleins effets de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine, qui n’est qu’un des jalons du processus de notre intégration économique, ne seront obtenus que le jour où l’union douanière (prévue normalement pour 2019), le marché commun africain (qui doit être en place en 2025) et l’union monétaire (prévue pour 2030) seront une réalité. Ils ne seront obtenus que si nous mettons en œuvre la vision, les aspirations et tous les objectifs de l’Agenda 2063.

Notre vision, il n’est pas inutile de le rappeler, telle que nous l’avions définie à l’occasion de la célébration du Jubilé d’or de l’OUA en mai 2013 à Addis-Abéba, est celle d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène internationale ». Cette vision est soutenue par les aspirations des peuples africains à la prospérité fondée sur une croissance inclusive et un développement durable, à l’intégration basé sur les idéaux du panafricanisme et de la renaissance de l’Afrique, à la bonne gouvernance, à l’état de droit, à la démocratie, au respect des droits de l’homme et à la justice, à la paix et à la sécurité, à l’affirmation d’une identité culturelle africaine, à l’autonomisation des femmes et des jeunes et en fin à la place que l’Afrique mérite dans le concert des nations. Comme vous le savez, cette vision et ces aspirations sont traduites en objectifs, domaines prioritaires, cibles et actions à mener à travers des plans décennaux dont le premier est le plan décennal 2013-2023. La Zone de Libre Échange Continentale Africaine, un des domaines prioritaires de ce premier plan, est désormais un acquis obtenu à mi-parcours de son exécution. En plus de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine, ce premier plan décennal a prévu 11 autres projets phares :

Le projet de réseau intégré de trains à grande vitesse ;

Le projet de l’université virtuelle panafricaine ;

La Stratégie africaine des matières premières ;

Le Forum africain annuel ;

Le projet d’espace aérien unique en Afrique ;

Le projet de passeport africain et de libre circulation des personnes ;

Le projet des institutions financières continentales ;

Le projet du barrage du Grand Inga ;

Le projet du réseau virtuel panafricain

Le projet de faire taire les armes d’ici à 2020 ;

Le projet relatif à l’espace.

Comme on le constate, les infrastructures occupent une place de choix sur la liste de ces projets phares conformément aux objectifs du plan du développement des infrastructures en Afrique (PIDA). Sans infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, énergétiques et de télécommunication, la Zone de Libre Échange Continentale Africaine serait une coquille vide. Il en est de même si nous ne mettons pas en œuvre le plan du développement industriel de l’Afrique, car pour l’instant l’Afrique est pauvre de ses matières premières et elle n’en sera riche que le jour où elle sera capable de les transformer en vue de contrôler le maximum de maillons des chaînes de valeur. L’Afrique a aussi les terres arables capables de nourrir l’Afrique : c’est l’objectif du plan de développement agricole de l’Afrique.

La ZLEC n’est donc pas un programme isolé. Elle forme, avec les autres plans et programmes de l’Union Africaine, un tout cohérent dans la perspective de renforcer l’intégration régionale et atteindre les objectifs de l’agenda du centenaire, l’agenda 2063.

La réalisation de tous ces plans et programmes permettra d’élever le niveau des exportations intra-africaine, estimées actuellement à moins de 15% de l’ensemble des exportations africaines alors que les exportations intra-européennes, intra-asiatique set intra-latino-américaines représentent respectivement 70%, 50% et 21%

Permettez-moi, ici, de rappeler la métaphore du Roi Ghezo de l’actuel Bénin, métaphore que j’ai déjà eu à mentionner dans mon discours de Kigali au moment de la signature de l’accord de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLCAf), je cite : « si tous les enfants du pays venaient, par leurs mains assemblées, boucher les trous de la jarre percée, le pays sera sauvé ». L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine nous permet de boucher un trou. La mise en œuvre de la vision, des aspirations et des objectifs de l’agenda 2063 nous permettra de boucher tous les trous de la jarre percée, d’exploiter à fond notre actif démographique en le transformant en dividende économique à travers la promotion de l’éducation, de la formation professionnelle et technique, de la santé et surtout à travers la création d’emplois notamment pour les jeunes, ce qui nous permettra, du coup, de mettre fin au drame de la migration clandestine que nous connaissons aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

L’agenda 2063 est une mise à l’échelle continentale de ce que nous faisons aux niveaux régional et national. S’agissant du Niger, par exemple, le programme de renaissance que nous mettons en œuvre, depuis 2011, s’aligne, avec bonheur, sur cet agenda. Ses priorités en recoupent les aspirations, qu’il s’agisse de la renaissance culturelle, de la consolidation des institutions démocratiques, de la sécurité, des infrastructures, de l’initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens », de l’accès à l’éducation, à la formation professionnelle et technique, à la santé, à l’eau et à l’assainissement ou de la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Grâce à la mise en œuvre de ce programme notre pays a connu une croissance moyenne annuelle de 6% entre 2011 et 2018. La croissance économique annuelle moyenne sera de 7% pour les cinq années à venir. Cela vaut à notre pays d’être cité, par la Banque Mondiale, dans le top 10 des pays dont les économies sont les plus dynamiques de l’Afrique au Sud du Sahara.

Mesdames et Messieurs,

Les perspectives sont donc bonnes pour nos pays et notre continent mais les menaces terroristes, les menaces des organisations criminelles ainsi que les conflits intercommunautaires peuvent hypothéquer l’avenir. Il s’agit là de menaces stratégiques qui peuvent, en l’absence de ripostes appropriées, pulvériser nos institutions étatiques. Le cas de la Somalie le prouve. Je sais qu’une Afrique en paix et en sécurité est une des aspirations de l’agenda 2063. Dans le cadre de cet agenda notre objectif est de faire taire les armes en 2020. Malheureusement cela ne paraît plus possible. Nous devons par conséquent accélérer la mise en place de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA) en particulier celle de la Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC) en attendant l’opérationnalisation de la Force Africaine en Attente. Nous devons agir vite pour atteindre toutes les cibles prévues dans le secteur de la paix et de la sécurité et mettre en œuvre toutes les stratégies déjà identifiées. En particulier il est urgent de juguler les menaces auxquelles les pays du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad sont confrontés. Il est urgent de sortir de la crise libyenne. Il est urgent de faire taire les armes en Centrafrique et en Somalie.

Mesdames et Messieurs,

L’entrée en vigueur de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est l’évènement le plus important dans la vie de notre continent depuis la création de l’OUA et sa transformation en Union Africaine. Il s’agit là d’un évènement qui redonne l’espoir dans la construction d’une Afrique unie et prospère. Permettez-moi de souhaiter que le début des échanges, dans le cadre de cet accord, intervienne rapidement et pour conclure, permettez-moi de vous réitérer tous mes vœux de bienvenue à ce sommet extraordinaire de lancement de cet évènement historique. Je souhaite à tous et à toutes un bon séjour à Niamey.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Texte: actuniger
Source photo: rfi.fr

DISCOURS DU PRÉSIDENT NIGÉRIEN ISSOUFOU MAHAMADOU A L’OCCASION DE LA NAISSANCE DU MARCHE COMMUN AFRICAIN....

Continental N°001_Web(1)Découvrez le journal Continental Info. Le nouveau-né dans le paysage médiatique au Cameroun.

A la une de Continental Info N° 1...

De nombreux compatriotes ont visiblement doivent connaître et comprendre la loi qui régit les associations et les manifestations au Cameroun.

Il faudrait qu’ils sachent que seul le chef du district ou le sous-préfet reçoivent la déclaration de manifestation.

Loi n°90 /055 du 19 décembre 1990 fixant le régime des réunions et des manifestations publiques au Cameroun.

Chapitre I : Dispositions générales

Article premier.- Le régime des réunions et des manifestations publiques est fixé par les dispositions de la présente loi.

Chapitre II : Des réunions publiques

Article. 2.- A un caractère public, toute réunion qui se tient dans un lieu public ou ouvert au Public.

Article. 3.- (1) Les réunions publiques, quel qu’en soit l’objet, sont libres.

(2) Toutefois, elles doivent faire l’objet d’une déclaration préalable.

(3) Sauf autorisation spéciale, les réunions sur voie publique sont interdites.

Article.4.- (1) La déclaration visée à l’article 3 al. 2 ci-dessus est faite auprès du chef de district ou du sous-préfet sur le territoire duquel la réunion est prévue trois jours francs au moins avant sa tenue.

(2) Elle indique les noms, prénoms et domicile des organisateurs, le but de la réunion, le lieu, la date et l’heure de sa tenue, et doit être signée par l’un d’eux.

(3) L’autorité qui reçoit la déclaration délivre immédiatement le récépissé.

Article. 5.- (1) Toute réunion publique doit avoir un bureau composé d’au moins trois personnes chargées de maintenir l’ordre, d’empêcher toute infraction aux lois, d’interdire tout discours contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, ou de nature à inciter à la commission d’actes qualifiés crime ou délit.

(2) L’autorité administrative peut déléguer un représentant pour assister à la réunion.

(3) Seul le bureau peut suspendre ou arrêter la réunion. Toutefois, en cas de débordement, le représentant de l’autorité administrative, s’il est expressément requis par le bureau, peut y mettre fin.

Chapitre III: Des manifestations publiques

Article. 6.- (1) Sont soumis à. l’obligation de déclaration préalable, tous les cortèges, défilés, marches et rassemblements de personnes et, d’une manière générale, toutes les manifestations sur la voie publique.

(2) Dérogent à l’obligation visée à l’alinéa 1er les sorties sur la voie publique conformes aux traditions et usages locaux ou religieux.

Article. 7.- (1) La déclaration prévue à l’article 6 ci-dessus est faite au district ou à la sous préfecture où la manifestation doit avoir lieu, sept jours francs au moins avant la date de ladite manifestation.

(2) Elle indique les noms, prénoms et domicile des organisateurs, le but de la manifestation, le Lieu, la date et l’heure du rassemblement et, s’il y a lieu, l’itinéraire choisi, et est signée par l’un d’eux faisant élection de domicile au chef-lieu ou de l’arrondissement ou du district.

Article. 8.- Le chef de district ou le sous-préfet qui reçoit la déclaration en délivre immédiatement récépissé.

(2) Toutefois, s’il estime que la manifestation projetée est de nature à troubler gravement l’ordre public, il peut, le cas échéant:

– Lui assigner un autre lieu ou un autre itinéraire ;

– interdire par arrêté qu’il notifie immédiatement au signataire de la déclaration au domicile élu.

(3) En cas d’interdiction de la manifestation, l’organisateur peut, par simple requête, saisir le président du tribunal de grande instance compétent qui statue par ordonnance dans un délai de 8 jours de sa saisine, les parties entendues en chambre du conseil.

(4) Cette ordonnance est susceptible de recours dans les conditions de droit commun.

Chapitre IV : Des dispositions pénales et diverses

Article. 9.- (1) Sans préjudice, le cas échéant, des poursuites pour crimes et délits, est puni des peines prévues à l’article 231 du Code pénal quiconque:

a) participe à l’organisation d’une réunion publique qui n’a pas été préalablement déclarée ;

b)) fait une déclaration de nature à tromper les autorités sur les conditions ou l’objet de la réunion ;

(2) Est puni des mêmes peines quiconque :

a) avant le dépôt de la déclaration ou après l’interdiction légale d’une manifestation, adresse, par quelque moyen que ce soit, une convocation pour y prendre part ;

b) fait une déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur les conditions de la manifestation projetée.

Article. 10.- Sont punis des peines prévues à l’article précédent, les organisateurs de toute manifestation publique sans déclaration requise ou après notification de l’interdiction légale.

Article.11. Le régime des réunions publiques pendant les campagnes électorales est fixé par la loi électorale.

Article. 12.- La présente loi abroge toutes dispositions antérieures.

Article. 13.- La présente loi sera enregistrée, publiée selon la procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français et en anglais.

Le Président de la République.

(é) Paul BIYA

Documents : Loi n°90 /055 du 19 décembre 1990 fixant le régime des réunions et des manifestations publiques au Cameroun....

 

Plusieurs décrets du président de la République publiés jeudi 22 février 2018 touchent l’Armée camerounaise.

Outre les nominations de responsables au Ministère de la Défense, S.E. Paul Biya a également procédé à la réorganisation du Commandement Militaire Territorial, à celle  de la 11ème,  de la 21ème  et  de la 12ème Brigade d’Infanterie Motorisée.

Lire l’intégralité des textes ici

Cameroun : d’importants textes du président de la République portant nomination au MINDEF et réorganisation de l’Armée camerounaise....

 

L’organisation institutionnelle et politique actuelle de la République du Cameroun puise sa légitimité et ses fondements dans la loi N° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juin 1972. Lire la CONSTITUTION_du_Cameroun-1996_et_2008

La Constitution de la République du Cameroun...

 

En visite officielle au Cameroun, la Secrétaire Générale du Commonwealth, Mme Patricia Scotland, a été reçue par le Président de la République, Paul BIYA, au Palais de l’Unité, mardi, 19 décembre 2017.

Lors de déjeuner offert à son hôte, S.E. Paul Biya a présenté la situation globale du pays qu’il dirige depuis 35 ans. Il s’agit, notamment de la crise qui secoue les deux régions anglophones du pays et de la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord. Sans oublier la situation économique.

« La Secrétaire Générale du Commonwealth a été élevée par le Chef de l’Etat à la dignité de Grand Officier de l’Ordre de la Valeur, la plus haute distinction honorifique accordée à un dignitaire étranger. »

 

Toast de S.E. Paul BIYA, à l’occasion du Déjeuner d’Etat offert en l’honneur de la Très Honorable Patricia SCOTLAND QC, Secrétaire Générale du Commonwealth.

Yaoundé, le 19 décembre 2017

Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

C’est un grand plaisir pour mon épouse et moi-même de vous accueillir, au nom du peuple camerounais, dans ce Palais, symbole de notre unité nationale.

A travers votre personne, je suis heureux d’avoir cette occasion pour exprimer au Commonwealth la reconnaissance de mon pays pour la contribution qu’il lui a apportée dans divers domaines depuis qu’il en est membre.

Depuis 1995, année de son entrée au Commonwealth, le Cameroun, Etat bilingue et multiculturel, s’est inspiré de la riche expérience de ses nombreux partenaires pour consolider son système démocratique, sous différents aspects et notamment la protection des droits de l’homme et l’organisation d’élections justes et transparentes. Je crois pouvoir dire que cet exemple a eu des résultats positifs que vous pouvez constater par vous-même.

Madame la Secrétaire Générale,

Le Cameroun s’est longtemps enorgueilli d’être un havre de paix et de stabilité dans notre sous-région.

Malheureusement, au cours des dernières années, l’organisation terroriste Boko Haram a mené, dans l’extrême-nord de notre pays, une série d’attaques meurtrières auxquelles nous avons dû faire face, dans un premier temps avec nos forces de défense et de sécurité nationales, ensuite avec la Force Multinationale Mixte formée sous l’égide de l’Union Africaine.

Grâce à la vaillance de ces troupes et à l’appui de nos partenaires internationaux, cet ennemi obscurantiste et barbare a été repoussé et contraint de se retirer dans ses derniers retranchements. Il en est désormais réduit à pratiquer de lâches attentats suicides qui nous obligent à rester vigilants.

Au moment où nous pensions en avoir fini avec cette menace, une agitation s’est manifestée, il y a environ un an, dans deux de nos régions, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Elle a pris corps chez les avocats et les enseignants qui ont fait valoir des revendications d’ordre professionnel. Le gouvernement les a prises en considération et édicté des mesures pour leur donner satisfaction. Concurremment, il a créé une « Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ». Elle est chargée de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider notre unité nationale et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du vivre-ensemble.

Cette commission s’est mise immédiatement au travail.

C’est le moment qu’ont choisi des extrémistes pour attaquer et assassiner des membres des forces de l’ordre isolés, au nom d’une organisation terroriste se réclamant d’objectifs clairement sécessionnistes.

Garant des institutions, selon notre Constitution, et en particulier de l’unité nationale, il est de mon devoir de rétablir l’ordre et de punir les coupables de ces assassinats.

Je n’en suis pas moins résolu à donner toutes ses chances à la commission précitée. J’ai toujours pensé en effet que le bilinguisme et le multiculturalisme sont des atouts exceptionnels pour notre pays, en ce qu’ils nous permettent d’avoir accès à deux grandes cultures et de dialoguer, dans leurs langues, avec un grand nombre de pays, spécialement en Afrique.

Je suis convaincu que l’immense majorité des Camerounais partage ce point de vue. C’est pourquoi je persisterai à rechercher des solutions de nature à conforter notre unité nationale.

Madame la Secrétaire Générale,

Pour le reste, le Cameroun doit faire face aux problèmes qui sont ceux des pays en développement.

Les séquelles de la crise financière de 2008 ont quelque peu ralenti notre rythme de croissance. La baisse des cours du pétrole et des matières premières a affecté nos recettes budgétaires et nous a amenés à conclure avec le FMI un programme, « sous facilité élargie ». Ce programme devrait nous permettre de retrouver le chemin d’une croissance forte, en évitant le recours aux mesures d’austérité. Nous n’en sommes pas moins déterminés à atteindre l’émergence à l’horizon 2035.

A cet égard, je considère que l’appartenance de mon pays au Commonwealth représente un double avantage :

– celui de participer aux programmes de coopération mise en œuvre par notre Organisation commune,

– et celui de nouer des liens privilégiés avec la plupart de ses membres.

Sur ces deux plans, il existe encore, j’en suis sûr, de nombreuses opportunités à saisir. Les échanges que nous avons eus ce matin me paraissent très prometteurs à cet égard.

Mesdames, Messieurs,

Distingués Invités,

Permettez-moi maintenant de vous inviter à porter un toast :

– à la santé de Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

– et à la pérennité de la coopération entre le Commonwealth et le Cameroun.-

Cameroun / Commonwealth : le président Paul Biya a raconté à Mme Patricia Scotland....

 

Le Ministre de la communication Porte-parole du gouvernement a présenté aux médias la « situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Nous vous livrons l’intégralité du propos liminaire de Monsieur Issa Tchiroma Bakary.

Mesdames, Messieurs le Journalistes,

En exécution des Très Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef des Armées, les Forces de Défense et de Sécurité mènent à l’heure actuelle des opérations dites de maintien de l’ordre et des opérations de défense dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

S’agissant des opérations de maintien de l’ordre conçues sur le concept dit « de maintien de l’ordre à visage humain », celles-ci consistent à faire respecter l’ordre public en usant à la fois de la sensibilisation des populations et en cas de nécessité, d’opérations appropriées à l’ordre et à la sécurité.

Les résultats obtenus de ces opérations sont probants, et la grande majorité de la population apporte sa collaboration à l’exécution des différentes missions y afférentes.

C’est ainsi qu’à titre d’illustration, les populations réagissent de plus en plus négativement, et ceci de manière visible, aux appels à la désobéissance civile et aux désordres de tous genres, émis par les fauteurs de troubles.

Je précise qu’aucun élément des forces de 3ème catégorie n’est impliqué dans ce type d’opération.

 

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme vous le savez, des bandes armées se réclamant de différents mouvements sécessionnistes, ont mené ces derniers temps des attaques dirigées contre les positions des Forces de Défense, en particulier dans les zones frontalières et certaines localités en bordure de la frontière Ouest du Cameroun.

Ces attaques, qui se sont majoritairement concentrées dans le département de la Manyu, région du Sud-Ouest, se sont parfois soldées par la mort d’éléments de nos Forces de Défense et de Sécurité.

Il convient de rappeler que les terroristes avaient profité de l’avantage que leur offrait la forêt épaisse adossée au Nigéria voisin, pour y créer des camps d’entrainement clandestins, à partir desquels ils organisent des raids visant des positions des Forces de Défense.

C’est à ce niveau que les forces de 3ème catégorie ont dû entrer en action à travers des unités tactiques, et mené des opérations de force visant à sanctuariser les zones exposées, à traquer l’ennemi et à sécuriser la frontière.

Au cours de ces opérations, de lourdes défaites ont été infligées aux criminels sanguinaires sécessionnistes.

Suite aux opérations de démantèlement ainsi menées, les refuges de ces hordes d’assassins ont été littéralement rasés et les villages précédemment pris en otage, libérés du joug terroriste.

Aucun civil, ni militaire n’a été tué ou blessé dans le cadre de ces missions, qui faut-il le souligner, ont été exécutées avec un professionnalisme exemplaire de la part de nos Forces de Défense.

Côté ennemi, de nombreux terroristes ont été définitivement neutralisés, plusieurs suspects arrêtés, d’importantes quantités d’armes de guerre et de chasse, ainsi que des centaines de munitions et d’uniformes militaires saisis.

À cette même occasion, des équipements de transmission et d’optique, de même que d’importants stocks de supports de propagande ont été récupérés.

Des sites d’exhibition et de parades sur lesquels les terroristes avaient hissé leurs étendards ont été également récupérés et sanctuarisés.

Il faudrait noter ici, la parfaite coordination entre les différentes Forces de 1ère, 2ème et 3ème catégories, dont l’étroite collaboration aura contribué au succès de cette série d’opérations.

Le concept d’inter-armisation prescrit par le Chef de l’État dans la réforme des armées de 2001, a parfaitement été mis en œuvre pour le succès de ces opérations.

Les Forces sur le terrain, dont il faut préciser qu’elles appartiennent aux unités terre, air et mer de ces Régions, ont en effet agi avec une synergie exemplaire.

Cette pression exercée sur l’ennemi va se poursuivre en s’intensifiant, jusqu’à l’éradication finale de ce mouvement.

Mais d’ores et déjà, les assaillants pris en tenaille par le dispositif mis en place par nos Forces de Défense et de Sécurité, sont désormais réduits à de lâches attaques sporadiques menées à visage couvert et usant de perfidie.

C’est l’une de ces attaques qui vient malheureusement de coûter la vie à quatre de nos gendarmes, froidement assassinés ce lundi 18 décembre 2017 dans la localité de Kembong, arrondissement d’Eyumodjock, département de la Manyu.

Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des Armées, salue la mémoire de ces braves soldats tombés sur le champ d’honneur.

Le Chef de l’État adresse aux familles endeuillées ses condoléances les plus attristées et s’associe le plus intimement à la douleur qu’elles ressentent en ce triste moment.

La nation tout entière apporte une fois de plus son réconfort et son soutien indéfectible à nos Forces de Défense et de Sécurité dans ce combat chevaleresque qu’elles mènent pour la paix, l’unité et la préservation de l’intégrité territoriale de notre pays.

Quant aux populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en proie à l’extrémisme violent et la barbarie aveugle qu’incarnent ces hors-la-loi invétérés, nous leur disons que tous leurs concitoyens demeurent solidaires avec eux dans ces moments difficiles qu’ils traversent.

Nous saluons leur engagement républicain grâce auquel les victoires contre cet ennemi commun continueront d’être remportées jusqu’à l’ultime étape.

Nous nous félicitons de la coopération fusionnelle qui lie nos Forces de Défense et de Sécurité avec les populations civiles dans les zones affectées où de nombreuses actions civilo-militaires sont effectuées et grâce auxquelles ces populations bénéficient de campagnes de santé gratuites, de fourniture d’équipements scolaires, de denrées alimentaires et produits de première nécessité.

Elles sont aussi sensibilisées sur le comportement citoyen et les dangers de la manipulation.

C’est le lieu d’en appeler à la vigilance de tous face aux dangers que présentent les manœuvres de désinformation orchestrées à travers les réseaux sociaux notamment et qui visent non seulement démobiliser les consciences positives, mais plus grave encore, à aseptiser ou à absoudre une cause aussi abjecte que celle menée par des terroristes embusqués derrière des prétextes politiciens.

En tout état de cause, le Président de la République, Chef de l’État, Chef des Armées, renouvelle au peuple camerounais, sa détermination à ramener la paix, la sécurité et la sérénité partout où le besoin se fera sentir à travers le territoire national.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

« Situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »...