Plusieurs décrets du président de la République publiés jeudi 22 février 2018 touchent l’Armée camerounaise.

Outre les nominations de responsables au Ministère de la Défense, S.E. Paul Biya a également procédé à la réorganisation du Commandement Militaire Territorial, à celle  de la 11ème,  de la 21ème  et  de la 12ème Brigade d’Infanterie Motorisée.

Lire l’intégralité des textes ici

Cameroun : d’importants textes du président de la République portant nomination au MINDEF et réorganisation de l’Armée camerounaise....

 

L’organisation institutionnelle et politique actuelle de la République du Cameroun puise sa légitimité et ses fondements dans la loi N° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 2 juin 1972. Lire la CONSTITUTION_du_Cameroun-1996_et_2008

La Constitution de la République du Cameroun...

 

En visite officielle au Cameroun, la Secrétaire Générale du Commonwealth, Mme Patricia Scotland, a été reçue par le Président de la République, Paul BIYA, au Palais de l’Unité, mardi, 19 décembre 2017.

Lors de déjeuner offert à son hôte, S.E. Paul Biya a présenté la situation globale du pays qu’il dirige depuis 35 ans. Il s’agit, notamment de la crise qui secoue les deux régions anglophones du pays et de la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord. Sans oublier la situation économique.

« La Secrétaire Générale du Commonwealth a été élevée par le Chef de l’Etat à la dignité de Grand Officier de l’Ordre de la Valeur, la plus haute distinction honorifique accordée à un dignitaire étranger. »

 

Toast de S.E. Paul BIYA, à l’occasion du Déjeuner d’Etat offert en l’honneur de la Très Honorable Patricia SCOTLAND QC, Secrétaire Générale du Commonwealth.

Yaoundé, le 19 décembre 2017

Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

C’est un grand plaisir pour mon épouse et moi-même de vous accueillir, au nom du peuple camerounais, dans ce Palais, symbole de notre unité nationale.

A travers votre personne, je suis heureux d’avoir cette occasion pour exprimer au Commonwealth la reconnaissance de mon pays pour la contribution qu’il lui a apportée dans divers domaines depuis qu’il en est membre.

Depuis 1995, année de son entrée au Commonwealth, le Cameroun, Etat bilingue et multiculturel, s’est inspiré de la riche expérience de ses nombreux partenaires pour consolider son système démocratique, sous différents aspects et notamment la protection des droits de l’homme et l’organisation d’élections justes et transparentes. Je crois pouvoir dire que cet exemple a eu des résultats positifs que vous pouvez constater par vous-même.

Madame la Secrétaire Générale,

Le Cameroun s’est longtemps enorgueilli d’être un havre de paix et de stabilité dans notre sous-région.

Malheureusement, au cours des dernières années, l’organisation terroriste Boko Haram a mené, dans l’extrême-nord de notre pays, une série d’attaques meurtrières auxquelles nous avons dû faire face, dans un premier temps avec nos forces de défense et de sécurité nationales, ensuite avec la Force Multinationale Mixte formée sous l’égide de l’Union Africaine.

Grâce à la vaillance de ces troupes et à l’appui de nos partenaires internationaux, cet ennemi obscurantiste et barbare a été repoussé et contraint de se retirer dans ses derniers retranchements. Il en est désormais réduit à pratiquer de lâches attentats suicides qui nous obligent à rester vigilants.

Au moment où nous pensions en avoir fini avec cette menace, une agitation s’est manifestée, il y a environ un an, dans deux de nos régions, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Elle a pris corps chez les avocats et les enseignants qui ont fait valoir des revendications d’ordre professionnel. Le gouvernement les a prises en considération et édicté des mesures pour leur donner satisfaction. Concurremment, il a créé une « Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ». Elle est chargée de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider notre unité nationale et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du vivre-ensemble.

Cette commission s’est mise immédiatement au travail.

C’est le moment qu’ont choisi des extrémistes pour attaquer et assassiner des membres des forces de l’ordre isolés, au nom d’une organisation terroriste se réclamant d’objectifs clairement sécessionnistes.

Garant des institutions, selon notre Constitution, et en particulier de l’unité nationale, il est de mon devoir de rétablir l’ordre et de punir les coupables de ces assassinats.

Je n’en suis pas moins résolu à donner toutes ses chances à la commission précitée. J’ai toujours pensé en effet que le bilinguisme et le multiculturalisme sont des atouts exceptionnels pour notre pays, en ce qu’ils nous permettent d’avoir accès à deux grandes cultures et de dialoguer, dans leurs langues, avec un grand nombre de pays, spécialement en Afrique.

Je suis convaincu que l’immense majorité des Camerounais partage ce point de vue. C’est pourquoi je persisterai à rechercher des solutions de nature à conforter notre unité nationale.

Madame la Secrétaire Générale,

Pour le reste, le Cameroun doit faire face aux problèmes qui sont ceux des pays en développement.

Les séquelles de la crise financière de 2008 ont quelque peu ralenti notre rythme de croissance. La baisse des cours du pétrole et des matières premières a affecté nos recettes budgétaires et nous a amenés à conclure avec le FMI un programme, « sous facilité élargie ». Ce programme devrait nous permettre de retrouver le chemin d’une croissance forte, en évitant le recours aux mesures d’austérité. Nous n’en sommes pas moins déterminés à atteindre l’émergence à l’horizon 2035.

A cet égard, je considère que l’appartenance de mon pays au Commonwealth représente un double avantage :

– celui de participer aux programmes de coopération mise en œuvre par notre Organisation commune,

– et celui de nouer des liens privilégiés avec la plupart de ses membres.

Sur ces deux plans, il existe encore, j’en suis sûr, de nombreuses opportunités à saisir. Les échanges que nous avons eus ce matin me paraissent très prometteurs à cet égard.

Mesdames, Messieurs,

Distingués Invités,

Permettez-moi maintenant de vous inviter à porter un toast :

– à la santé de Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland,

– et à la pérennité de la coopération entre le Commonwealth et le Cameroun.-

Cameroun / Commonwealth : le président Paul Biya a raconté à Mme Patricia Scotland....

 

Le Ministre de la communication Porte-parole du gouvernement a présenté aux médias la « situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Nous vous livrons l’intégralité du propos liminaire de Monsieur Issa Tchiroma Bakary.

Mesdames, Messieurs le Journalistes,

En exécution des Très Hautes Instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef des Armées, les Forces de Défense et de Sécurité mènent à l’heure actuelle des opérations dites de maintien de l’ordre et des opérations de défense dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

S’agissant des opérations de maintien de l’ordre conçues sur le concept dit « de maintien de l’ordre à visage humain », celles-ci consistent à faire respecter l’ordre public en usant à la fois de la sensibilisation des populations et en cas de nécessité, d’opérations appropriées à l’ordre et à la sécurité.

Les résultats obtenus de ces opérations sont probants, et la grande majorité de la population apporte sa collaboration à l’exécution des différentes missions y afférentes.

C’est ainsi qu’à titre d’illustration, les populations réagissent de plus en plus négativement, et ceci de manière visible, aux appels à la désobéissance civile et aux désordres de tous genres, émis par les fauteurs de troubles.

Je précise qu’aucun élément des forces de 3ème catégorie n’est impliqué dans ce type d’opération.

 

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Comme vous le savez, des bandes armées se réclamant de différents mouvements sécessionnistes, ont mené ces derniers temps des attaques dirigées contre les positions des Forces de Défense, en particulier dans les zones frontalières et certaines localités en bordure de la frontière Ouest du Cameroun.

Ces attaques, qui se sont majoritairement concentrées dans le département de la Manyu, région du Sud-Ouest, se sont parfois soldées par la mort d’éléments de nos Forces de Défense et de Sécurité.

Il convient de rappeler que les terroristes avaient profité de l’avantage que leur offrait la forêt épaisse adossée au Nigéria voisin, pour y créer des camps d’entrainement clandestins, à partir desquels ils organisent des raids visant des positions des Forces de Défense.

C’est à ce niveau que les forces de 3ème catégorie ont dû entrer en action à travers des unités tactiques, et mené des opérations de force visant à sanctuariser les zones exposées, à traquer l’ennemi et à sécuriser la frontière.

Au cours de ces opérations, de lourdes défaites ont été infligées aux criminels sanguinaires sécessionnistes.

Suite aux opérations de démantèlement ainsi menées, les refuges de ces hordes d’assassins ont été littéralement rasés et les villages précédemment pris en otage, libérés du joug terroriste.

Aucun civil, ni militaire n’a été tué ou blessé dans le cadre de ces missions, qui faut-il le souligner, ont été exécutées avec un professionnalisme exemplaire de la part de nos Forces de Défense.

Côté ennemi, de nombreux terroristes ont été définitivement neutralisés, plusieurs suspects arrêtés, d’importantes quantités d’armes de guerre et de chasse, ainsi que des centaines de munitions et d’uniformes militaires saisis.

À cette même occasion, des équipements de transmission et d’optique, de même que d’importants stocks de supports de propagande ont été récupérés.

Des sites d’exhibition et de parades sur lesquels les terroristes avaient hissé leurs étendards ont été également récupérés et sanctuarisés.

Il faudrait noter ici, la parfaite coordination entre les différentes Forces de 1ère, 2ème et 3ème catégories, dont l’étroite collaboration aura contribué au succès de cette série d’opérations.

Le concept d’inter-armisation prescrit par le Chef de l’État dans la réforme des armées de 2001, a parfaitement été mis en œuvre pour le succès de ces opérations.

Les Forces sur le terrain, dont il faut préciser qu’elles appartiennent aux unités terre, air et mer de ces Régions, ont en effet agi avec une synergie exemplaire.

Cette pression exercée sur l’ennemi va se poursuivre en s’intensifiant, jusqu’à l’éradication finale de ce mouvement.

Mais d’ores et déjà, les assaillants pris en tenaille par le dispositif mis en place par nos Forces de Défense et de Sécurité, sont désormais réduits à de lâches attaques sporadiques menées à visage couvert et usant de perfidie.

C’est l’une de ces attaques qui vient malheureusement de coûter la vie à quatre de nos gendarmes, froidement assassinés ce lundi 18 décembre 2017 dans la localité de Kembong, arrondissement d’Eyumodjock, département de la Manyu.

Le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des Armées, salue la mémoire de ces braves soldats tombés sur le champ d’honneur.

Le Chef de l’État adresse aux familles endeuillées ses condoléances les plus attristées et s’associe le plus intimement à la douleur qu’elles ressentent en ce triste moment.

La nation tout entière apporte une fois de plus son réconfort et son soutien indéfectible à nos Forces de Défense et de Sécurité dans ce combat chevaleresque qu’elles mènent pour la paix, l’unité et la préservation de l’intégrité territoriale de notre pays.

Quant aux populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en proie à l’extrémisme violent et la barbarie aveugle qu’incarnent ces hors-la-loi invétérés, nous leur disons que tous leurs concitoyens demeurent solidaires avec eux dans ces moments difficiles qu’ils traversent.

Nous saluons leur engagement républicain grâce auquel les victoires contre cet ennemi commun continueront d’être remportées jusqu’à l’ultime étape.

Nous nous félicitons de la coopération fusionnelle qui lie nos Forces de Défense et de Sécurité avec les populations civiles dans les zones affectées où de nombreuses actions civilo-militaires sont effectuées et grâce auxquelles ces populations bénéficient de campagnes de santé gratuites, de fourniture d’équipements scolaires, de denrées alimentaires et produits de première nécessité.

Elles sont aussi sensibilisées sur le comportement citoyen et les dangers de la manipulation.

C’est le lieu d’en appeler à la vigilance de tous face aux dangers que présentent les manœuvres de désinformation orchestrées à travers les réseaux sociaux notamment et qui visent non seulement démobiliser les consciences positives, mais plus grave encore, à aseptiser ou à absoudre une cause aussi abjecte que celle menée par des terroristes embusqués derrière des prétextes politiciens.

En tout état de cause, le Président de la République, Chef de l’État, Chef des Armées, renouvelle au peuple camerounais, sa détermination à ramener la paix, la sécurité et la sérénité partout où le besoin se fera sentir à travers le territoire national.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

« Situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »...

 

Lors de leur dernière assemblée générale le 20 novembre 2017, au palais royal de la chefferie supérieure de Baleveng, les chefs supérieurs  garants des us et coutumes des peuples du département de la Menoua, ont donné leur caution au projet « Dschang Fête Ses 100 Ans ».

Dans un document remis au président de Taste Cameroon-Dschang, leurs majestés ont clairement écrit en noir et blanc : « Déclarons notre soutien total et sans réserve à ‘Dschang Fête Ses 100 Ans’ ».

Cette adhésion, ils la justifient. Mais avant tout ils se félicitent que le projet « Dschang Fête Ses 100 Ans » prend en compte « tous les quatre coins du département de la Menoua dans l’élaboration de la feuille de route de ladite célébration ».

Par ailleurs, « Dschang Fête Ses 100 Ans » est un projet fédérateur. Il  capte les filles et fils de la Menoua  dans toutes leurs diversités : de naissance, par adoption et par alliance.  Cela démontre l’ouverture,  la dimension nationale et internationale de cette célébration qui a le mérite, en plus,   de s’étaler sur toute une année.  De quoi être vu comme un grand laboratoire pour le  vivre ensemble.

Lire la Déclaration de soutien à l’organisation de « Dschang Fête Ses 100 Ans ».

Les deux organisations  chargées de la mise en œuvre du programme de la célébration, Taste Cameroon International et Taste Cameroon-Dschang  quant à elles sont déjà en ordre de bataille. Elles font des pieds et des mains pour que la célébration soit proportionnelle à la taille des mobilisations.

Augustin Roger MOMOKANA

Menoua / « Dschang Fête Ses 100 Ans » : les chefs traditionnels se mobilisent....

 

Voici le discours de Ahmadou Ahidjo le 1er octobre 1961 à la réunification du Cameroun…

Camerounaises, Camerounais,

Après plus de 40 années de séparation nous reformons aujourd’hui une même nation, un même Etat. Que ce jour heureux soit un jour d’allégresse pour tous les Camerounais qui croient en leur pays, qui aiment leur patrie. En moins de deux ans, ils auront atteint les deux objectifs essentiels qu’ils s’étaient fixés : l’indépendance et la réunification. Que cette réunification du territoire national soit le gage et le symbole de l’unité des esprits et de cœurs, tel est le vœu que je forme aujourd’hui devant tous les Camerounais.

Cette unité qui désormais ne dépend plus des forces étrangères, il nous appartient de la forger nous-mêmes dans un même élan patriotique. Il ne s’agit plus là dans une rubrique inscrite dans un programme de parti, mais d’une volonté profonde qui doit rester sans cesse présente dans les coeurs de chacun des hommes de notre pays, quel que soit leur idéologie, leur religion et leur groupe ethnique. Que serait en effet une union qui s’accompagnerait de divisions plus profondes que des frontières, de discussions apposant les frères contre les frères, les enfants contre les parents ?

J’en appelle à toutes les forces saines du pays qui sentent, qui savent que l’on ne peut rien faire de bon dans la discorde et dans la haine. A quelque niveau qu’ils soient, les Camerounais doivent se comporter comme les enfants d’une même famille que des discussions peuvent séparer temporairement, mais qui retrouvent au-delà de toutes les discordes les liens profonds qui les unissent.

Que vous soyez investis des charges publiques, chefs traditionnels ou fonctionnaires, que vous travaillez dans les champs, dans les usines ou les bureaux, que vous parliez ou non la même langue, vous êtes avant tout et par-dessus tout, des Camerounais qui sont jugés de l’extérieur sur leur comportement collectif et qui répondent devant l’histoire de ces premières années consacrées à la formation de la nation camerounaise.

Dans un monde où les conflits éclatent sans cesse, où les Etats faibles se font impitoyablement asservir, il serait criminel et impardonnable de détruire follement les immenses conquêtes que dans des circonstances souvent difficiles, nous avons réalisé en quelques années seulement.

Que ceux qui n’ont pas l’esprit par trop obscurci par la passion ou des appétits sordides et puérils, contemplent le chemin parcouru ; un Etat souverain dont la place est reconnue internationalement dans les plus hautes instances mondiales, une population faisant chaque jour des progrès nouveau dans le domaine de la connaissance, des élites investies des plus grandes responsabilités, une structure interne sans cesse renforcée, telles sont les lignes maîtresses d’une situation dont nous sommes fiers. Qui, il y a quelques années, aurait pu espérer atteindre de tels objectifs en un court laps de temps ?

Certes, nous n’ignorent pas les faiblesses qui entravent encore la réalisation d’un Cameroun plus prospère et plus heureux. Mais les faiblesses ne résident telle pas essentiellement dans l’absurdité criminelle d’un groupe aveuglé par la passion et l’envie ? Combien de fois ne les avons-nous pas conviés à regarder les réalités en face, à rejoindre sans réticence la communauté nationale prête à les accueillir.

En dépit de ces appels renouvelles, du pardon accordé, quelques-uns se sont obstinés dans une lutte sans espoir qui absorbe des forces qui pourraient être consacrées à améliorer le bien-être de leurs frères qui en ont besoin. En ce jour solennel, je leur demande une fois de plus, à leur action, à leur avenir personnel et à l’avenir de leur patrie.

D’un côté, ils peuvent envisager le deuil, la misère, le désordre, sans aucune chance pour eux d’accéder à une vie d’homme qui vaille la peine d’être vécue. De l’autre côté, ils peuvent collaborer à l’action la plus exaltante que peut espérer un citoyen : la construction d’une nation dans l’ordre, la paix et la tranquillité.

Aujourd’hui, ceux qui ont été trompés par des promesses mensongères, qui ont été abusés par des hommes sans vergogne mandatées par l’étranger, peuvent encore opérer le choix que je les propose.

S’ils persistent dans le crime, la tuerie, le pillage et la violence, qu’ils sachent que nous serons sans pitié, que nous avons un patrimoine à défendre que nous ont légué nos ancêtres et que nous saurons le défendre. Nous en avons les moyens, l’énorme majorité du pays est derrière nous et jamais ils ne parviendront à satisfaire leurs basses ambitions ; jamais ils n’imposeront à un pays qui l’exècre ; la dictature dont ils rêvent ou l’anarchie qui réduira leur Cameroun à un triste chaos.

Si au contraire, ils renoncent à leurs horreurs, si les yeux s’ouvrent aux réalités d’un monde véritable, la patrie camerounaise les accueillera sans réticence et les ménagera une place, car aujourd’hui comme hier, l’œuvre qui se propose à nous est immense et requiert la participation à tous.

Le peuple camerounais qui comptera désormais plus de quatre millions est en train de faire sa place dans le monde ; il noue des alliances avec les autres peuples frères d’Afrique ainsi qu’avec toutes les autres nations éprises de liberté. Il a l’ambition d’apporter une contribution positive et importante à l’édification de l’Unité Africaine dont les premiers pas s’avèrent pleins de promesses.

Réunissant aujourd’hui les populations d’expression françaises et d’expression anglaise, le Cameroun sera le véritable laboratoire d’une union africaine qui doit rassembler les Etats parlant ces deux langues ; il formera un pont entre les Afriques et son rôle ne peut être qu’accru dans les prochaines assemblées africaines.

Cette particularité nouvelle dans le monde aujourd’hui lui permettra d’élargir sa vision dans les choses internationales et de mener une politique de coopération avec toutes les nations qui accepteront son amitié et respecteront son indépendance et son idéologie.

Ainsi, forts de nos deux communautés, nous pourrons poursuivre au profit du Cameroun mais aussi de toute l’Afrique et du monde, le renforcement d’un Etat que nous voudrons accueillant à tous, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, d’Afrique ou d’au-delà des mers.

Nombreux sont les étrangers qui nous ont fait confiance, leur présence est précieuse, non seulement pour le développement de notre économie, mais aussi pour le renforcement de l’unité que nous entendons maintenant entre notre pays et les pays étrangers. Que demain ils restent avec nous, nous protégerons leurs personnes, leurs droits et leurs biens, et ils vivront avec nous en toute liberté dans une atmosphère de compréhension et de cordialité.

Nous leur demandons, en retour, comme cela est la règle dans tout Etat indépendant, de respecter notre souveraineté et pour certains d’oublier un passé, et des habitudes, qui ne sont plus de mise aujourd’hui. Ainsi, nous créerons une communauté où l’homme échappant à l’antique malédiction ne sera plus un loup pour l’homme et où tous, nous pourrons conjuguer nos volontés, nos efforts et nos activités, faire du Cameroun un pays où il fera bon vivre.

Que ces paroles pénètrent jusqu’au cœur de chacun de vous Camerounais de toujours, aujourd’hui citoyens d’un même Etat mais quelles parviennent aussi jusqu’à nos frères du Cameroun septentrional qui auraient dû se trouver parmi nous aujourd’hui. S’ils ne peuvent s’associer à notre joie, ils savent que nous ne les oublions pas et qu’ils restent présents au fond de nos cœurs. Camerounaises, Camerounais, l’an Un du Cameroun indépendant s’ouvre aujourd’hui sur un avenir qui sera celui que nous bâtirons ensemble.

Que cet avenir nous apporte toutes les joies auxquelles nous pouvons prétendre après une longue et difficile étape, nous ne pouvons en douter, si chacun garde au cœur l’amour de sa patrie, mais aussi au-delà de toutes les diversités qui trop souvent nous séparent, l’amour de l’homme. Vive la République Fédérale ! Vive le Cameroun !

El Hadj Ahamdou Ahidjo

Cameroun : le poignant message d’Ahidjo aux séparatistes il y a 56 ans....

 

Le 6 novembre 2017 a marqué la célébration du 35e anniversaire de l’accession de S.E. Paul BIYA à la magistrature suprême.  Ce qui, à travers le Cameroun, a donné lieu à des manifestations dont le socle est souvent confondu à la fête du RDPC.

Notre journal a voulu inviter ses lecteurs à revisiter le tout premier discours prononcé par celui qui est aujourd’hui le deuxième président du Cameroun.  Il s’agit d’un discours dans lequel celui qui jusqu’à cette date était encore le Premier Ministre d’Ahmadou Ahidjo va annoncer les couleurs de sa philosophie politique : Moralisation des comportements, rigueur dans la gestion des affaires et démocratisation de la vie politique.

35 ans après, S.E. Paul BIYA a-t-il tenu ses promesses. Pour quoi  avait-il annoncé ces batailles et pas d’autres ? Ces maux qui minent le Cameroun aujourd’hui avaient-ils déjà fait leur nid sous le régime du premier président du Cameroun ?  Ce discours pourrait nous  permettra d’avoir une idée précise de l’homme qui succède à Ahmadou  AHIDJO.

 

Discours de prestation de serment (06 novembre 1982)

Monsieur le président de l’Assemblée Nationale,

Je voudrais tout d’abord vous remercier des propos aimables et réconfortants que vous venez de prononcer pour me souhaiter la bienvenue dans cette auguste enceinte.

Je voudrais également vous remercier, Mesdames et Messieurs les Députés, pour l’accueil chaleureux  et  patriotique  que  vous  me  réservez  en  ce  jour  au  Palais  de  l’Assemblée nationale.

Monsieur  le  président  de  l’Assemblée  Nationale,  monsieur  le  président  de  la  cour suprême, mesdames et messieurs les députés, messieurs les membres de la cour suprême,

Au lendemain du message historique que Son Excellence Ahmadou Ahidjo, président de la   République   unie   du   Cameroun   et   président   national   de   l’Union   nationale camerounaise,  a  adressé  avant-hier  à la  nation,  et  alors  que  le  peuple  camerounais, surpris, attentif et méditatif, cherche encore à comprendre l’événement, je viens, au nom des  exigences  de  la  loi,  du  bon  ordre  des  choses  et  de  la  continuité  de  l’État,  de  prêter serment devant vous et, au-delà, devant la nation tout entière.

Vous le savez bien, à vrai dire, ce serment s’inscrit dans le droit fil de celui que, le 5 mai 1980,  le  président  Ahmadou  Ahidjo,  après  tant  d’autres  serments,  avait  prêté  devant vous.

En   cette  circonstance  solennelle  et émouvante,  circonstance  sans  précédent  dans l’histoire de notre jeune nation, l’heure est à l’hommage, avant d’être à l’engagement et à l’expression de la fidélité. En effet, à mon illustre prédécesseur, mieux, à celui dont j’ai eu l’insigne honneur d’être pendant des années, le collaborateur, je dois un grand et vibrant hommage  empreint  de  déférence  et  d’admiration.  Digne  et  prestigieux  fils  de  ce  pays, père  de  la  nation  camerounaise,  artisan  de  son  unité  et  de  son  développement,  le président  Ahmadou  Ahidjo  se  sera  révélé  à  nos  yeux  comme  un  géant  de  l’histoire camerounaise, de l’histoire africaine, de l’histoire tout court.

À ce titre, sa brillante carrière d’homme d’État demeure, pour tous les Camerounais, un motif de fierté et un exemple d’engagement et de patriotisme. Devant vous et devant la nation, au moment où il quitte sa haute charge dans la dignité et l’honneur, je voudrais lui adresser,  en  mon  nom  personnel  et  au  nom  de  la  nation  tout  entière,  les  plus chaleureuses félicitations et l’assurer de notre loyalisme et de notre sympathie.

Mais, il n’y a sûrement pas meilleure manière de lui témoigner notre sympathie et notre loyalisme  que  de  suivre  son  exemple,  de  suivre  ses  pas.  Aussi,  dans  le  cadre  de  ce serment, j’entends situer l’action des années à venir, sous le double signe de l’engagement et de la fidélité.

L’engagement,  d’ordre  constitutionnel,  est  la  réaffirmation  du  serment  que  je  viens  de prêter.   J’entends   alors,   avec   l’aide   de   toutes   les   Camerounaises   et   de   tous   les Camerounais,  et  en  ma  qualité  de  président  de  la  République,  chef  de  l’État  et  chef  du gouvernement,  m’acquitter  de  ce  devoir  sacré  que  m’impose  la  Constitution  :  à  savoir, veiller à son respect, comme à l’indépendance, à la souveraineté, à la sécurité et à l’unité de l’État, assurer la conduite des affaires de la République. Mon illustre prédécesseur n’a jamais failli à ce devoir. Je n’y faillirai point.

Quant à la fidélité, d’ordre politique, elle est celle à un homme, Son Excellence Ahmadou Ahidjo, celle à un peuple, le peuple camerounais, celle à des options.

S’agissant en particulier des options, qui sont celles de l’UNC depuis sa naissance, et dont l’application  et  les  résultats  font  du  Cameroun  cet  îlot  de  paix,  d’unité,  de  stabilité,  de justice  et  de  progrès  dans  un  monde  aux prises  avec  les  affres  de  l’instabilité,  de  la violence  et  de  la  pénurie,  ces  options,  dis-je,  je  les  rappelle,  parce  que  les  circonstances l’exigent, et pour m’en porter garant.

Ces options sont et demeurent, à l’intérieur, l’indépendance et l’unité nationales, la paix, le  développement  économique,  social  et  culturel  à  travers  nos  choix  de  libéralisme planifié, de développement autocentré, de justice sociale et de maîtrise.

Elles sont, en Afrique, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, le respect de  leur  souveraineté  et  de  leur  intégrité  territoriale,  l’unité  et  la  solidarité  africaines,  la lutte résolue et irréversible contre les derniers bastions du colonialisme et les méfaits de l’apartheid en Afrique australe, le développement du continent.

Elles  sont,  sur  le  plan  international,  la  paix  entre  les  nations,  le  non-alignement -j’entends un non-alignement authentique-et la coopération- j’entends une coopération rénovée-, dans la perspective d’un nouvel ordre économique mondial plus juste et plus stable.

Dans  le  cadre  de  ces  options  de  politique  extérieure,  le  respect  de  nos  engagements  et notre attachement aux organisations internationales – je pense notamment à l’UDEAC, et à l’OUA, au Mouvement des pays non-alignés et à l’ONU -ce respect et cet attachement demeurent constants.

Voilà, Mesdames et Messieurs les Députés, Messieurs les Membres de la Cour suprême, les   orientations   qui   doivent   continuer   à   guider   l’action   du   gouvernement   de   la République tout au long du mandat en cours. La grande  et  longue  œuvre  de  construction  nationale,  si  bien  conçue  et  si  bien  menée par  Son  Excellence  Ahmadou  Ahidjo,  est  une  œuvre  de  tous  et  pour  tous.  Elle  doit demeurer  telle.  Elle  implique,  dans  les  temps  durs  quo  nous  vivons,  à  la  fois  la  rigueur dans la gestion, la persévérance dans l’effort vis-à-vis des manouvres et action internes ou externes de démoralisation, de démobilisation ou de déstabilisation.

J’invite donc, de manière solennelle, toutes les Camerounaises et tous les Camerounais à réaffirmer  dans  les  faits  leur  attachement  à  cette  grande  oeuvre  d’unité,  de  paix  et  de progrès,  et  à  s’y  maintenir  résolument  avec  la  légitime  ambition  de  demeurer  un  grand peuple, un peuple uni et travailleur, un peuple aspirant à la prospérité et à la justice , un peuple  ayant  foi  en  son  avenir,  un  peuple  enfin  jaloux  d’être  maître  de  son  destin  à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. En ce qui me concerne, avec la confiance et  la  collaboration  de  tous,  je  puis  assurer  que  je  m’y  emploierai  avec  toute  la  force  de mon patriotisme et de mon engagement.

Vive le Cameroun !

Le discours de prestation de serment de S.E. Paul BIYA (06 novembre 1982)....