(03/05/15) Tribune : Certains s’étonnent que Paul Biya n’assiste jamais aux obsèques de ses amis

La défunte maire de Douala 5ème, Hon. Françoise Foning était une grande militante du RDPC et un fervent défenseur du Président paul Biya.

Cet article a été publié par son auteur, Michel Mombio, sur facebook. Nous le reprenons pour nourrir le débat sur la probable présence de Paul Biya aux obsèques de Françoise Foning. Paul Biya va-t-il enfin briser le mythe de la non redevance à ses amis et grands camarades ?

Quand j’ai à dire…

A quelque chose malheur est bon (3) : Pourquoi Paul Biya ne rend pas visite aux soldats blessés.

Après la visite du président Idriss Déby Itno aux militaires blessés, nombre d’internautes se sont émus, ne comprenant pas pourquoi son homologue camerounais, chef de ces soldats au front, n’avait pas fait pareil. Pour moi, cette attitude, loin de traduire quelque mépris de Paul Biya, révèle simplement un aspect du fonctionnement de notre système politique. Afin de mieux élucider la question, sans doute convient-il de recourir à la science politique. Et quiconque a lu Jean Pierre Fogui dans « L’intégration politique au Cameroun. Une analyse centre-périphérie », ne me démentira pas.

Cette discipline présente la politique comme un cercle virtuel, avec un Centre tout aussi virtuel, et une Périphérie de même nature. Chaque militant de la périphérie, c'est-à-dire de la base, espère entrer dans le Centre (C'est-à-dire le premier cercle du pouvoir) pour en jouir des privilèges. Pour ce faire, il doit accumuler les ressources et les influences. Il y a deux sortes de cursus. Le premier, dit « Cursus normal », consiste pour lui de partir de sa base, pour gravir les échelons. Grégoire Owona en est le parfait exemple dans le gouvernement actuel. Le second est dit « Cursus inversé ». C’est le contraire du premier. Le militant, bien souvent de hauts fonctionnaires, est parachuté directement par le sommet, c'est-à-dire au centre du pouvoir. Nombre de ministres et Paul Biya lui- même, relèvent de cette catégorie.

Il existe entre le Centre et la Périphérie, des interactions, un commerce au sens premier du terme. Raison pour laquelle on parle de « clientèle ». Qu’on ait suivi l’un ou l’autre cursus, on doit créer et entretenir une bonne clientèle politique pour tenir. C’est ce que fait le système actuel. Il se constitue une clientèle en nommant au gré de ses intérêts, des ministres et autres hauts fonctionnaires qui ensuite seulement, prennent leurs cartes du parti quand il y en a. Ces clients doivent leur situation non pas au peuple, mais à leur « bienfaiteur », leur parrain au service duquel ils s’engagent ; et à qui seul ils ont des comptes à rendre. Ils en sont les obligés.

L’armée, qui est essentiellement issue du peuple, n’échappe pas à cette règle. Par ces temps de chômage, y entrer est un privilège accordé par le pouvoir central. Elle a ses avantages, et ses risques au rang desquels les blessures. Bien qu’ayant atteint l’âge de la retraite, la haute hiérarchie notamment, est maintenue en place. Couvée de privilèges, elle est au service du pouvoir central, qui à son tour, le tient à l’œil. Voilà les termes non écrits du contrat commercial entre les deux.

Alors, rend-on visite à son client quand il est blessé ? Rendez-vous visite à votre blanchisseur hospitalisé ? Non, évidemment. Paul Biya est un politique froid, qui connaît au bout des doigts, les règles du landernau politique camerounais. Comme dans tout commerce, on n’agit qu’en fonction des intérêts, des bénéfices à engranger. Le président, qui octroie les postes et les privilèges qui vont avec, ne se sent pas obligé d’assurer un quelconque service après vente.

Ainsi, certains s’étonnaient déjà de ce qu’il n’assistait jamais aux obsèques de ses amis, y compris Ferdinand Oyono, le plus célèbre d’entre eux. Sans doute le président estime ne rien leur devoir : ils ont eu droits aux plaisirs du pouvoir, ont eu leur heure de gloire, avec garde du corps, cortège avec sirène etc. ; en échange de son amitié toute politique. Ils sont quittes.

Par contre, qu’un Marc Vivien Foé vienne à mourir dans les conditions que l’on sait, ou qu’un évêque catholique décède, il y assiste. Le bénéfice politique à tirer de ces occasions est très grand. Ce sont des opportunités à saisir, car la politique est aussi et avant tout, une question d’opportunité.

Quant à Idriss Déby Itno, c’est un militaire. De ce point de vue, en se rendant au chevet des militaires blessés, il rend visite à des frères d’arme. Solidarité de corps oblige. Paul Biya n’est pas un soldat. Il n’est tenu par aucune solidarité particulière envers l’armée. Il les paye assez grassement pour s’assurer leur service. C’est assez. Au fond, il ne leur doit rien. C’est du donnant-donnant…

Michel MOMBIO

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