(12/19/14) Culture : « Je rêve de jouer une réplique avec Denzel Washington », Halimata Nikiema

Dans son périple burkinabè notre chroniqueuse Dorothée Méfo a rencontré une comédienne de talent. Halimata Nikiema n’est pas inconnue du monde de la culture dans son pays. Son talent lui vaut du respect tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son pays.  Dans un entretien-portrait la fille de Ouagadougou nous dévoile quelques pans de sa vie professionnelle et intime. HALIMA, une comédienne pas comme les autres.

Comment t’appelles-tu ?

Je m’appelle Halimata Nikiema.

Est-ce ton nom d’artiste ?

Oui, mais tout mon entourage m’appelle Halima, c’est mon nom de comédienne.

Donc tu es comédienne ?

Oui.

Quelle est ta nationalité et ta date de naissance ?

Je suis née à Ouagadougou au Burkina Faso le 1er janvier 1973.

Peux-tu me retracer ton parcours ?

Je fais du théâtre, un peu de cinéma en tous genres. J’ai commencé à monter sur les planches en 1998 au Théâtre de la Fraternité, l’Espace Culturel Gambidi, centre qui se situe dans un des quartiers les plus populaires de l'Est de Ouagadougou (Dassasgho), avec le défunt Jean-Pierre Gingané, mon maître spirituel, qui était le Directeur du Théâtre et Professeur de Lettres de l’Université de Ouagadougou. C’est lui qui m’a initiée pendant cinq ans.

Après je suis devenue autonome, freelance comme on dit, puis j’ai travaillé en collaboration avec le Centre Culturel Français et le CITO entre autres, le Carrefour International du Théâtre de Ouaga.

On peut donc supposer, que tu fréquentes régulièrement le Festival « Les Récréatrâles » qui a lieu tous les deux ans à Ouagadougou.

C’est un festival que je ne peux me permettre de manquer, car on y rencontre de nombreux metteurs en scène, des réalisateurs, des acteurs, bref on y fait de belles rencontres et les échanges peuvent être très porteurs en termes de partenariats, de collaborations artistiques.

Quant au Fespaco, qui a lieu au Burkina, j’ai fait trois fois l’ouverture de la cérémonie.

Pourquoi es-tu devenue comédienne ?

En fait quand j’avais 20 ans, je fréquentais très souvent le Théâtre de la Fraternité, non seulement parce que je suivais les répétitions qu’on y faisait, mais parce que mes parents vivaient dans le quartier.

Comme je poursuivais mes études, j’en profitais pour aller faire un tour au théâtre pendant mon temps libre, car j’étais pour le moins fascinée par le jeu de scène des acteurs, leur façon de réciter les textes et par l’ambiance qui y régnait.

D’autant plus, qu’un de mes cousins qui faisait partie des comédiens, m’a gentiment entraînée sur les planches et cela m’a ouvert la voie bien des années plus tard.

Quels genres de films, de séries télévisées joues-tu ?

Je suis une comédienne polyvalente qui passe aisément du comique au tragique. J’ai joué dans des scènes comiques, des séries policières comme dans « Super flic », « Une femme pas comme les autres », « Sam le caïd », « Une dame d’affaire nigériane », « 3 femmes et 1 village ».

As-tu fait des formations particulières ou t’adonnes-tu à d’autres activités en rapport avec ton métier ?

Oui je me suis déjà produite dans un spectacle de marionnettes mis en scène par un réalisateur burkinabé et en amateur, je pratique la danse africaine.

Quel est l’acteur ou l’actrice avec qui tu aimerais partager une scène ?

Je rêve de jouer une réplique avec Denzel Washington. C’est un acteur remarquable très doué qui me fascine non seulement par sa prestance, mais par sa façon de séduire la caméra. Il est sans chichis, sans artifices et très professionnel. J’adore ce type d’acteur.

Quelles études as-tu entrepris ?

J’ai fait ma scolarité au lycée de Ouaga « Samoura Moïse Machel ».

Que penses-tu du cinéma burkinabé ?

Franchement je vais être directe, je trouve qu’il y a un peu de relâche et je suis découragée quand je vois qu’on essaye de faire croire que tout le monde peut faire du cinéma.

Le cinéma demande de l’expérience, des formations en la matière. Ça me déçoit et même ça m’écœure qu’on puisse en arriver à négliger le métier sous prétexte de montrer son joli minois devant une caméra, alors qu’on constate que beaucoup de films ne sont pas de qualité comme autrefois.

Je ne souhaite dénigrer personne, mais je parle de professionnalisme, d’exigences que réclame l’art cinématographique et non pas d’amateurisme à l’attention et à la portée de Monsieur tout le monde.

Quel jugement portes-tu envers la rémunération des acteurs au Burkina ?

Au théâtre, on fait avec les moyens financiers du bord et je dois dire que les gens sont plus honnêtes dans ce milieu.

Comparé au cinéma, le peu qu’on gagne, on se le partage. Je pourrai vivre du théâtre, si les aides ne venaient pas de l’extérieur. Au début de ma carrière, je faisais avec ce qu’on me proposait, aujourd’hui je fais plus attention.

Je dois mentionner aussi autre chose, c’est que le statut de comédien au Burkina a longtemps été non reconnu, mais on progresse vers une nette amélioration pour reconnaître le métier. Quoi de plus encourageant !

As-tu une vie de famille ?

Oui, je suis en couple avec mes trois enfants, mes trois filles.

Sont-elles prédestinées à suivre les traces de leur maman ?

(Rires… !) Elles feront ce que bon leur semble mais si l’une d’entre elles, se lançait dans le cinéma, j’en serais ravie !

As-tu reçu des nominations, des distinctions particulières ?

Oui j’ai été nominée deux fois meilleure comédienne au Lompolo, qu’organise le Ministère de la Culture et également nominée au Grand Prix d’Afrique du Théâtre Francophone.

Quels sont tes projets actuels et futurs ?

Je suis actuellement en création à Ouaga avec le metteur en scène Faustin Keoua Leturmy, auteur de romans et pièces de théâtre.

A noter que je serai le 10 janvier 2015 à l’Institut Français de Ouaga, le 12 juin 2015 à Bobo Dioulasso et à Cotonou en mai 2015.

En février 2015, je m’envolerai également pour la Belgique pour jouer une pièce de théâtre « L’odeur des arbres » au Théâtre Océan Nord, auteur Koffi Kwahulé, mise en scène Isabelle Pousseur, une pièce qui nous connecte à la chaleur de l'Afrique et qui évoque le retour d'une sœur aînée partie des années plus tôt, enquêtant sur la disparition suspecte de son père.

Merci, Halima, pour cette interview exclusive.

Merci à toi Dorothée. ça a été un grand plaisir de te rencontrer, en même temps une chance.

Propos recueillis par Dorothée Méfo à Ouagadougou

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