(03/27/15) Obsèques de Françoise Foning : Morceaux choisis des témoignages

Sa Majesté Fo'o Ndong Kana III Victor, Chef supérieur du groupement Bafou le 21 mars 2015 à Baleng. Photos Momokana / www.sinotables.com

Morceaux  choisis des témoignages recueillis lors des obsèques de l’honorable Françoise Foning.

Plusieurs milliers  de personnes se sont rassemblées samedi 21 mars à la place de la chefferie Baleng afin de célébrer la mémoire de l’honorable Foning Françoise. Cette dame décrite comme « exceptionnelle » est décédée le 23 janvier dernier, à 66 ans,  après avoir été victime d’un accident de la circulation le 17 janvier, à Ebebda sur l’axe Yaoundé-Bafoussam,  alors qu’elle se rendait à Bafou son village natal ?

Notre rédaction vous propose quelques morceaux choisis de quelques témoignages recueillis samedi 21 mars à Baleng, au cours des obsèques officielles de Madame Françoise Foning.

Sa Majesté Fo’o Ndong Kana III Victor est le Chef supérieur du groupement Bafou

(…) C’est la première fois que le groupement Bafou a l’honneur de recevoir tant de hautes personnalités y compris le Premier ministre Chef du gouvernement représentant personnel du Chef de l’Etat.

Le Chef supérieur Bafou que je suis aurait donné tout l’or du monde, à tout le monde, pour accueillir toutes ces hautes personnalités à l’occasion d’une fête, mais  hélas ! Hélas ! Hélas ! le destin  a décidé autrement  car vous êtes là aujourd’hui pour nous aider à accompagner à sa dernière demeure la plus illustre de nos filles, la plus populaire de nos sœurs, la plus aimée de nos mères, la plus célèbre de nos reines : Maha Meffo Nkong-lah Foning Françoise.

Oui c’est ici à Bafou, dans la cour du chef Johnny Baleng, qu’est née cette princesse au destin exceptionnel.

Oui c’est de Bafou qu’elle est partie pour se faire une place au soleil. D’abord à Douala, puis à Yaoundé, et puis hors de nos frontières. 

C’est à Bafou qu’elle est partie pour conquérir le cœur des Camerounais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

C’est de Bafou, dis-je, qu’elle est partie pour devenir cette mascotte qui a porté très haut le flambeau du Cameroun et du Rdpc.  

C’est ici à Bafou qu’elle se rendait le 23 janvier dernier, pour dire un adieu à l’une de ses sœurs,  lorsque l’ange de la mort s’est mis à travers son chemin  vers Ebebda.

Peuple Bafou, je suis sûr que chacun d’entre nous aurait accepté de se sacrifier à la place de Madame  Foning sur cette route de Yaoundé-Bafoussam qu’elle avait couvert une centaine de fois. Mais ce jour-là,  la mort tenait décidément à déraciner la plus belle fleur de notre jardin. J’invite cependant chacune et chacun de nous à accepter, avec courage,  le coup du sort. Car c’est ainsi que la mort brise injustement le (…) des hommes et des femmes depuis l’aube de l’humanité.

Linda Yang a parlé au nom du Cercle des amies du Cameroun (CERAC)

(…) Ceux qui l’ont vue à notre 22ème assemblée générale, un mois avant l’irréparable, ont dû se demander si elle savait que ce sera sa dernière fois.   Tellement elle a chanté, tellement elle a dansé et festoyé! Ceux qui l’ont pensé ne connaissaient pas madame Foning. Elle était comme ça. Engagée, convaincue, convaincante, énergique et talentueuse. Elle avait souvent une longueur d’avance. Elle n’avait pas peur du qu’en dira-t-on. A vrai dire elle n’en avait cure. Elle savait improviser. Elle était tout le contraire de l’inertie. Elle était toujours en action. Elle avait des idées porteuses. Comment ne pas évoquer dans cet adieu le soutien imprescriptible de maman Foning à Madame Chantal Biya et à son illustre époux, Son Excellence  Monsieur le Président de la République. On aurait dit  que c’était son ADN. Au moment de lui dire adieu, maman Foning ne nous laisse pas d’autre alternative que de saluer son courage charismatique, son amitié fidèle et sa généreuse solidarité. Le Cerac  a perdu un pilier. Cependant nous garderons encore longtemps le souvenir de l’immense bonheur que nous avons éprouvé à la côtoyer et à apprendre à ses côtés(…)

 Le Professeur Vittorio Collizi est aussi notable à la Cour royale Foto

(…)La deuxième fois je l’ai rencontrée dans la suite de votre Chef de l’Etat à Rome, à l’occasion des salutations au pape Jean Paul II.  Elle m’a remercié pour les activités que j’ai menées au Centre d’excellence Chantal Biya. Puis elle m’a dit, « cela c’est important. Mais la chose la plus importante encore, M. le professeur, c’est le chômage juvénile » Alors je dis que je suis chercheur et je ne sais pas  comment je peux bien comprendre le chômage juvénile. Après elle m’a expliqué pourquoi. Et à la fin de l’audience elle m’a dit « tu dois faire quelque chose. »  Pour faire la politique il faut avoir une grande capacité d’affaire.

A l’université, au cours des derniers dix années  il a été mis sur pied le concept de l’incubateur d’entreprise juvénile. Dans notre université et avec le président nous avons lancé le concept de l’incubateur d’entreprise juvénile.  Alors lors d’une rencontre j’ai dis à Madame Foning « tu peux partir avec cette idée d’incubateur ».  Vu sa capacité l’idée a été immédiatement prise et nous nous sommes mis au travail. Et je dois dire que le dernier voyage qu’il a fait avec nous en Italie, elle a signé un accord de partenariat avec Milan. Parce que Milan et Douala sont les capitales économiques d’Italie et du Cameroun.  Ils doivent marcher ensembles.  Cela a été fait dans la perspective aussi de l’Expo universelle de Milan e 2015, et de la capacité agricole de cette ville.

Mon voyage l’année dernière au Cameroun : Dschang, Yaoundé, Douala j’étais accompagné par Madame Foning. Comme quelqu’un l’a déjà dit, nous avons combattu.  Et nous sommes ici pour clôturer son combat. J’espère quand viendra le moment pour le Chef du gouvernement, le ministre de l’enseignement supérieur et le Président de la République de signer le décret pour l’ouverture de la faculté de médecine de l’université de Dschang (…)

Tsobgny Salomon est le fils aîné de la défunte

(…) je m’en voudrais de ne pas interpeler mes frères et sœurs, en l’occurrence Marie Noëlle, Patrice, Sandrine, Rosine et Victor.  Qu’ils sachent que la présence de toutes ces illustres personnalités à ces obsèques  nous conforte à l’idée que le nom  Foning  est un label que nous devons protéger. Nous avons commencé à le faire en offrant à notre mère un mausolée digne de sa stature et de l’affection qu’elle nous couvait. Nous souhaitons qu’elle se sente à heureuse dans cet édifice réalisé par ses enfants, avec l’assistance technique  et requise,  avérée de la société… à Douala. Au-delà de ce mausolée nous  devons rester humbles et assez solidaires.  Nous devons davantage œuvrer à  pérenniser ce nom que nous portons pour la postérité afin que  ses œuvres puissent inspirer les générations Camerounaises futures.  Dans cette logique nous envisageons de créer une  fondation  Françoise Foning Meffo Nkong-lah, mère du peuple,  dans son fief politique à Bépanda, avec des annexes extérieures aux Etats-Unis et en France dans un premier temps. Dans la même foulée nous projetons créer un musée portant son nom  ici-même à Bafou, notamment parce que ses œuvres et les traces qu’elle aura laissées pendant son passage sur terre y soient exposées en permanence.  En effet ce musée sera appelé à accueillir les pèlerins d’ici et d’ailleurs qui pourraient y trouver une source d’inspiration ou de recueillement en la mémoire de notre mère. D’où le vibrant appel qui est lancé à tous  ses enfants adoptifs et spirituels afin qu’ils se joignent à nous, ses descendants, pour pérenniser son nom à travers cette perspective.

Pour le reste je suis convaincu que nous ne resterons  pas orphelins comptant sur le retour d’investissement et le pari qu’elle savait faire sur les ressources humaines.  En effet la richesse de maman c’est vous ses nombreux amis et fils disséminés un peu partout dans le monde.  C’est sur vous que nous comptons pour ne pas se sentir seuls.  Mais au-delà de cette consolation je suis malgré tout sevré par la présence d’une mère pour qui j’étais le compagnon permanent. Directeur de campagne  et ami inséparable, témoin oculaire de sa générosité, de son humilité, de son sens élevé du rassemblement et de la réconciliation. Je suis surtout  sevré d’une mère pour qui ma naissance précoce l’aura empêchée d’aller à l’école et qui doutait parfois de ma capacité à pouvoir l’enterrer. Aujourd’hui je me rends compte qu’elle avait raison, au regard de ces millions d’anonymes qui lui rendent un vibrant hommage.  Des témoignages d’une affection inégalée ; que ce soit des benskineurs, des bayam sallam ou des garçons de la rue.  J’ai les larmes aux yeux parce que je me rends compte de l’immensité de sa personnalité et de sa valeur au Cameroun  et au-delà  de nos frontières. Je mesure l’ampleur du challenge que nous devons affronter pour assurer son héritage et sécuriser son patrimoine. En l’occurrence avec l’appui de S.E. M. Paul Biya et de sa charmante épouse qui ont mis tous les moyens nécessaires pour que ses obsèques soient officielles. Je vous en remercie. Mille fois merci (…)

Emile Andze Andze est le président de l’association des villes et communes du Cameroun

(…) Le 23 janvier 2015 se trouvait interrompue, avec une désolation inouïe qui a tétanisé la faille communale toute entière de stupeur et de  tristesse, une vie d’un coup et  d’une intensité exceptionnelle. Une vie d’idées et tendue à la fois à l’idée de la solidarité et de l’exigence du progrès social. La vérité c’est que madame Foning, dans la quête permanente du bien-être de ses administrés, des solutions aux problèmes du monde communal, de la gagne pour sa politique. Madame Foning, disions-nous était une maire, mais une véritable maire ; la maire de toutes les populations de Douala Vème. Plus qu’une militante politique, une vraie dame de convictions. C’est dire qu’elle aura incarné et exercé  dans toute sa dimension communautaire et fédérative l’exaltante et captivante mission  du développement assignée aux élus locaux et que nous promouvons de toutes nos forces au sein du mouvement municipal camerounais. Avec ses atouts et ses qualités personnelles celle qui, à l’heure de sa première rencontre avec le monde municipal éprouvait sans doute, comme chacun de nous en de telles circonstances,  ce mélange de fierté et d’anxiété, quant aux attentes nombreuses de ses populations,  aura réussi à faire de la Commune un outil de développement pour tous. Madame la maire aura donc réussi à imprimer  ici sa marque grâce à son dynamisme, son sens de la communauté et de l’inclusion, son ouverture, sa grandeur d’âme et son esprit du partage (…).

Jean Nkuété est le Secrétaire Général du RDPC

(…) L’histoire des rapports de Françoise Foning avec le RDPC est d’abord celle d’un engagement illimité et sans réserve derrière le président Paul Biya qu’elle admirait autant qu’elle lui apportait tout son soutien  en tout temps et en tout lieu, sans exclusive. Dès  la création du RDPC en 1985, à Bamenda, Françoise Foning qu’on appelait à l’époque Dalida se signale de manière tonitruante dans son soutien au président pour lequel elle compose une chanson spéciale. Au début des années 90, alors que face à l’agitation ambiante, considérant les canards sauvages comme les enfants du bon Dieu  certains avaient vendu trop tôt et pas cher la peau du RDPC, annonçant même la fin du régime. Françoise Foning fait partie des fidèles du parti et du président qui auront accepté de prendre tous les risques. Cette année-là, à Douala, alors que les autres hésitent à se rendre au défilé du 20 Mai avec la tenue du RDPC Françoise Foning,  entourée de quelques militants de son crue, se rend à la place des fêtes, arborant l’uniforme du parti avec fierté et chantant à tue-tête son soutien au président Paul Biya.

Aux journalistes qui l’interrogent sur son comportement jugé suicidaire Françoise Foning répond, sans équivoque, + Nous sommes le parti au pouvoir. Et comme vous le savez, plus que moi, le parti au pouvoir ne recule pas. Voilà pour quoi j’ai défilé + (…).

Mache Njouonwet Joseph Bertrand est le préfet de la Menoua et a présenté le message de condoléance du Chef de l’Etat à la famille de Foning

Le  Président de la République

A la famille de madame Françoise Foning

Sous couvert Monsieur le Préfet du Département de la Menoua

                Dschang

Mesdames et messieurs,

C’est avec une réelle émotion que mon épouse et moi-même avons appris la triste nouvelle du décès de votre parent Madame Françoise Foning, membre du Comité central du RDPC, maire de Douala Vème  et ancien député à l’Assemblée nationale. Nous partageons votre immense chagrin.

Madame Françoise Foning, vous le savez, nous était proche. Nous l’admirions et l’apprécions pour la constance  dans ses choix et son engagement. Femme  de caractère, elle aura marqué de sa forte personnalité la scène politique camerounaise ainsi que le monde des affaires, tant dans son pays qu’à l’étranger.

Sa disparition est assurément une grande perte pour la mairie de Douala Vème.  La mort brutale et inattendue de madame Françoise Foning  laisse un vide au sein du RDPC ce parti qui était tout pour elle et qu’elle  a su servir avec passion  et défendre parfois au risque de sa vie.

En cette douloureuse circonstance, et en mesurant le poids de votre peine face à la disparition de celle-là à qui vous étiez si attachés et dont l’affection et l’encadrement vous manqueront désormais, mon épouse et moi-même vous adressons, ainsi qu’à ses administrés qu’à ses proches,  nos condoléances émues.

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs, les assurances de ma parfaite considération./-

(é) Paul Biya

Transcription de Momokana Augustin Roger

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