Langue Yemba : Décomplexifier notre langue maternelle pour rendre son enseignement attrayant et évidente.

Publié le 01 Mar 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

Le CLIRAP (Cercle Culturel pour la Promotion des Langues, le Développement et la Paix/Culture Association for the Promotion of Languages, Developpment and Peace) a clairement affiché son ambition d’ajouter l’enseignement de la langue Yemba dans son programme.

Au cours d’une cérémonie en présence du sénateur professeur Fomethe Anaclet, de leur majesté Tajeteu II de Fotomena, et Fossokeng Solefack de Batsengla, le CLIRAP a présenté son offre de formation en langue Yemba. Contrairement aux autres dont l’absence a été tonitruante, ils sont venus par adhésion à cette initiative salvatrice pour la langue et la culture Yemba.

« Je salue et encourage Docteur Assadio pour son initiative de vulgariser l’enseignement de la langue et de la culture Yemba. Je voudrais également rendre un vibrant hommage au professeur sénateur Fomethe qui a bien voulu soutenir cette belle initiative. Nous devons cesser d’avoir honte de notre langue maternelle. Voilà quelqu’un qui après avoir appris et maitrisé les langues des autres trouves nécessaires de vulgariser sa langue maternelle. C’est un message très fort que nous devons soutenir », Sa Majesté Tajeteu II.

La cérémonie qui avait pour cadre la Salle Manu Dibango de l’Alliance franco-camerounaise de Dschang a ressemblé à un carnaval culturel, avec en bonne place les prestations majeure les étudiants du CLIRAP qui ont exécuté l’hymne national du Cameroun en langue Yemba, des élèves du lycée classique de Dschang qui ont déclamé des poèmes en langue Yemba, et surtout cette intervention du chansonnier Fo’Ntongh So venu de Fongo-Tongo. La génération de 1980, auditeurs de Radio Bafoussam, doit se souvenir de cette chanson qui était carrément devenue un grand mot de passe dans les milieux yemba a Dschang et partout ailleurs.

Comme pour couronner le tout, la gastronomie a porté sur une variété de mets typique de l’aire linguistique yemba. Une dizaine de variété, du pilé de pomme de terre, au taro à la sauce jaune et noire, en passant par la tenue militaire, le Koua Ndzap. Le tout arrosé du vin de raphia.

Des parents, venus en nombre, ont saisi l’opportunité pour inscrire leurs enfants pour les cours qui démarre ce samedi 02 mars au siège du CLIRAP. Contrairement aux droits pour les langues italienne et chinoise, l’élève déboursera 10 000FCFA /mois pour l’apprentissage de la langue Yemba.

Mais la volonté du CLIRAP d’enseigner, dans le but de vulgariser notre langue pourra se heurter à un obstacle majeur. La langue au stade actuelle est une langue morte dont la complexité linguistique n’encourage ni le parent ni l’enfant à répondre au premier appel. Alors je préfère la parler à la maison, sans toutefois chercher à l’écrire et à la lire. Il faut la décomplexifier. C’est un appel aux spécialistes de nos langues qui se sont beaucoup plus contenté de la phonétique que du souci d’ouvrir la langue aux locuteurs potentiels.
« La langue Yemba est reconnue par l’UNESCO. C’est une langue qui va permettre aux fils et filles Menoua de connaitre leur territoire, de connaitre les ressources culturelles, économiques et même géologiques de leur territoire, à partir de la langue. Ils doivent savoir vivre avant d’aller embrasser ce monde de globalisation ou encore de globalisme », Dr Assadio est le président du CLIRAP.

Augustin Roger MOMOKANA