CULTURES & TRADITIONS : COMMENT DES HOMMES AUSSI PUISSANTS PEUVENT-ILS S’INCLINER DEVANT DES CHEFS TRADITIONNELS ?

Publié le 26 Août 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

Sa Majesté Oba Saburee Babajide Bakre, le nouveau Roi intronisé de Gbagura à Abeokuta, dans le pays Yoruba, est âgé de 59 ans. Il a reçu l’allégeance de l’ancien Chef d’État le général Olusegun Obasanjo, 82 ans.

Le milliardaire Alhadji Ousmanou Abbo assis à même le sol devant le lamido de Garoua Hayatou Alim (Secrétaire d’État auprès du ministre de la santé publique) à l’occasion de ses condoléances au Lamido après les funérailles de son frère ainé le regretté Sadou Hayatou (ancien premier ministre du Cameroun).

Certains s’offusquent de constater que des chefs traditionnels bamiléké ne prennent pas la main tendue d’une autorité administrative.

Selon eux, l’auxiliaire d’administration qu’est le chef traditionnel ne saurait refuser de prendre la main que lui tend un sous-préfet, un préfet, un gouverneur, un ministre, ou tout simplement le premier ministre.

Il y a quelques années, j’ai été témoin d’une scène analogue. Lors de la célébration des 45 ans au trône de sa majesté Momo Jean Claude, chef supérieur du groupement Foto, de regretté mémoire, le Fon de Bansoh, dans le Nord-Ouest n’avait pas pris la main tendue d’un Vice-premier ministre. L’homme d’État avait vite compris et s’était plutôt incliné devant le monarque.

L’ancien chef de l’État Nigérian Obasanjo, 82 ans, s’inclinant devant une autorité traditionnelle de 52 ans. Cela devrait faire réfléchir certains quand à la place de la culture africaine dans leur vie. Il s’agit des valeurs intrinsèques à défendre et à préserver, dans le souci de notre identité.

« Le milliardaire Aladji Ousmanou Abbo de Ngaoundere assis à même le sol devant le lamido Hayatou Alim de Garoua (mindel de la santé) pour présenter ses condoléances après les funérailles du frère aîné du Lamido le regretté Sadou Hayatou (ancien premier ministre du Cameroun) ».

« Le Roi, chef traditionnel, chef du village, et bien même qu’il puisse être un enfant, un jeune, un vieux… son autorité est établie et quiconque le visite ou le rencontre devrait agir selon les règles et les lois, quel que soit son âge, sa position, sa carrure, etc. », soutient l’internaute Claire Chantale Wokssu.

Ces deux images symbolisent l’urgence pour l’africain de respecter ses traditions ancestrales, de ne pas les bafouer au profit des valeurs importées sans aucun rapport avec son identité.

Augustin Roger MOMOKANA