RICHESSE : OU PEUT-ON VOUS CLASSER?

Publié le 05 Déc 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

Il y a plus de 25 ans, le politologue Américain Kevin Phillips a proposé de diviser la population mondiale en cinq niveaux :

– En haut de la pyramide, L’ÉLITE, considérablement enrichie, qui n’appartient plus à aucune tribu, aucune région, et à aucune nation, pour qui l’enrichissement frénétique est exponentiel et la loi du marché passe avant celle des hommes.

– Au bas de la pyramide, la MASSE de ceux victimes du chômage et de l’exclusion, de la misère et de la faim pour lesquels la vie n’est pas un mauvais moment temporaire, mais une situation inextricable, sans espoir de sortie; des pauvres définitifs dont la société a appris à se passer.

Entre les deux classes extrêmes, il y a:

– L’ÉTAGE MOYEN SUPÉRIEUR qui lorgne les richesses de l’élite.

– L’ÉTAGE MOYEN INFÉRIEUR qui redoute de tomber dans le gouffre de la misère.

– Au milieu, il y a la CLASSE MOYENNE, c’est à dire, la catégorie des humains dont l’avenir est globalement maîtrisable.

Le problème c’est que plus les années passent, plus la base de la pyramide s’élargit.

En 2019, sur les 7 milliards d’humains que compte la planète, on dénombre 1 milliard d’affamés, 1 milliard d’assoiffés, 1,5 milliard sans hygiène et assainissement, 1,2 milliard sans électricité, 1 milliard vivant avec moins d’un euro par jour et 3 milliards n’ayant pas accès aux soins de qualité.

Pendant ce temps, les riches continuent d’être plus riches concentrent encore plus de richesses de la planète. Les 1% les plus riches du monde ont vu leur fortune passer de 5 mille milliards à 33 mille milliards de dollars en vingt ans, alors que le patrimoine de la moitié de l’humanité est resté pratiquement nul pendant la même période. En 2015, le magazine Forbes enregistrait 1826 milliardaires contre 1645 l’année précédente.

Conséquence de cette injustice sociale : Les pauvres suffoquent et la colère explose ! Aujourd’hui les gouvernements ne sont plus menacés ou chassés par des militaires ou des coups d’État. Mais par des crises sociales menées par les pauvres! Révolution arabe, gilets jaunes, renversement du président soudanais Omar El-Béchir, et plus près de nous la crise anglophone au Cameroun ont un même dénominateur commun : La fronde sociale! Les peuples veulent manger à leur faim, ils veulent plus de liberté et d’autonomie. C’est la clé de la solution pour les gouvernants et les plus riches s’ils veulent avoir un peu de répit dans les années qui viennent. Peuvent-ils écouter ce message ? J’en sais rien…

Mais au fait, selon le classement de Kevin Philips, ou peut-on vous situer? Vous individuellement !

Roger ETOA